Une seconde peau pour le MOBE

Un “jardin d’hiver” bioclimatique en façade, un atrium sur trois niveaux à l’intérieur et du numérique à tous les étages : voici le projet architectural du futur Muséum d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement (MOBE) présenté ce samedi au Musée des Beaux Arts. 

Le projet de MOBE façade extérieure.

14 mois de travaux

« Les espèces aussi ont droit à leur Chapelle Sixtine ! », a lancé Michel Binon de l’équipe scientifique du Muséum d’Orléans au cours de cette présentation publique. C’est donc dans un superbe et tout nouvel écrin, imaginé par l’équipe de maîtrise d’œuvre lauréate l’Agence d’architecture Joly&Loiret et Scène Évolution, que le futur MOBE s’installera à l’automne 2019 après un an d’études et 14 mois de chantier. « Une longue aventure !,  pour Serge Joly durant laquelle il a fallu conceptualiser architecturalement le projet pour « faire entrer le MOBE dans la ville »

Une ambition scientifique portée par la Ville d’Orléans dont le souhait est de « faire de ce nouveau muséum un établissement exemplaire et innovant autour de la biodiversité, une vitrine du territoire, et un établissement qui reflète aussi la politique de la ville en matière de développement durable », a rappelé Cécile Rémy, chef de projet. Le tout autour d’une « scénographie qui raconte une nouvelle histoire, qui interpelle, questionne et émeut le public »

Une serre verticale bioclimatique et d’étude

Scénographie intérieure du futur MOBE : une envolée d’espèces pour inviter les visiteurs à se plonger dans la biodiversité.

Habillé d’une nouvelle peau, le futur MOBE ne passera plus inaperçu dans la ville. Pour commencer, sa façade : elle sera à elle seule un véritable espace muséographique. « Une serre verticale, dynamique et habitée, qui parle du vivant, construite pour accueillir une collection du muséum et qui servira de support d’expérimentation autour de la biodiversité », explique Serge Joly. Mais pas que. Techniquement, cette enveloppe de 2 m de large en écaille de verre sera bioclimatique : de structure bois, suspendue au bâtiment existant avec des platelages en acier, elle courra sur toute la hauteur du bâtiment. Par ailleurs, ouverte en saison chaude et fermée en hiver, elle créera un espace tempéré entre l’extérieur et l’intérieur du muséum. Autre point, cette façade sera aussi active avec des terrasses (cafétaria, animations pédagogiques) et un escalier qui ramènera le visteur jusqu’au hall d’accueil.

Grande nouveauté : un atrium sur trois niveaux

Bien accueillir les visiteurs et ce dès l’entrée au muséum : c’est le vœu formulé par la ville dans ce projet. Entendu. Le hall d’entrée sera donc relocalisé en étant plus à l’écart de la gare routière. Un beau volume en rez de chaussée accueillera les visiteurs avec boutique, services attenants et espace d’exposition temporaire. Un marquage scénographique d’une grande envolée d’animaux invitera d’emblée le public à rejoindre le premier étage, dédié à l’exposition permanente ‘ La biodiversité dans tous ses états ’. Ce sera l’occasion pour le public de découvrir une grande nouveauté : la création d’un atrium au cœur du bâtiment qui s’élève sur trois niveaux pour réoffrir une qualité spatiale aux collections. « Une sorte de grande colonne vitrée qui marquera un espace tampon entre la zone musée et l’espace de travail des chercheurs, explique Clarence Boulay, scénographe à l’agence Scène Évolution. Cette grande vitrine montrera une partie des collections. Ce sera comme un poumon qui insuffle la vie et qui fait écho à la biodiversité »

Le projet MOBE, scénographie intérieure.

 

Biodiversité, thème phare du futur MOBE et dont « la muséographie est un défi », rappelle Michel Binon. Ainsi, pour raconter la nouvelle histoire de sa vie, le muséum recourrera à l’interactivité pour mettre en valeur les collections (400 000 pièces bien évidemment pas toutes exposées !) de façon innovante, évolutive, participative et adaptée aux nouveaux usages (bornes tactiles, vidéos…). Sur le fond, il s’agira aussi de plonger les visiteurs dans les connaissances scientifiques : « L’idée sera de créer un doute entre ce qui fait partie du musée et ce qui fait partie des réserves, poursuit Clarence Boulay précisant que 800 m2 de réserves vont être créées. Ou encore de parler classification des espèces à travers des ruptures spatiales, de l’évolution et de la place de l’homme dans l’univers et sur la planète, de l’origine de la vie, du génome à travers des jeux de lumière, des sons… ».

Exit la serre

Alors que le 3e niveau, dédié à la géologie des sols, conduira le visiteur dans le lit mineur et majeur de la Loire à travers une exploration du Val d’Orléans (strates topographiques, socles, promontoires, îlots comme supports de projection, manipulations, maquettes…), le 4e et dernier niveau sera un ‘Espace forum’ plus ouvert à la détente et à la consultation d’ouvrages et de travaux de recherches en cours. « Une grande vitrine sera également dédiée au balbuzard pêcheur avec retransmission en live des captations des nids en forêt d’Orléans », précise Clarence Boulay. 

Au final, un tout nouveau muséum avec plus de 1000 m2 de surfaces d’exposition et 300 m2 d’exposition temporaire. Quant à la serre ? « Elle n’existe déjà plus mais elle pourrait faire partie d’une deuxième étape d’aménagement, répond Cécil Rémy. Le choix a été de travailler sur la partie ouest du bâtiment, l’est conservant la partie administrative du Muséum ». En attendant le démarrage des travaux dans un an, un long travail de réflexion reste encore à faire. Un travail auquel devrait prendre part activement la nouvelle conservatrice responsable scientifique du MOBE, fraîchement recrutée.

Estelle Boutheloup.

Commentaires

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  1. En plus des escaliers, est-il prévu un ascenseur pour les personnes handicapées ou à mobilité reduite et des issues de secours accessibles ?

  2. Oh là là, c’est bien, c’est beau, c’est bien beau ! Et la gare routière, ce sera toujours la même pagaille, les mêmes odeurs ? La gare routière de la capitale de la région, de la métropole censée rivaliser (ce n’est pas moi qui le dit) avec Nantes et Bordeaux ! Mille fois hélas, il y déjà eu un accident mortel, dans ce coin là ça grouille de partout. Faudra t-il une autre catastrophe ?

  3. Je suis très sceptique sur cette façade, délire d’architecte. On va reproduire en pire les problèmes de la Médiathèque centrale, avec des coûts d’entretien pharamineux.
    Et si j’ai bien compris, la gare des bus va persister au même emplacement qu’actuellement Les visiteurs du MOBE devront-ils continuer à se garer au parking de Place d’Arc, et pour les cars des visiteurs scolaires, où iront-ils ?
    Il y a vraiment un chaînon manquant dans ce projet, comme pour celui d’Archilab, il y a quelques années.

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