La vie de “dircab” n’est pas un long fleuve tranquille

Avec ses airs de jeune homme, Flavio Bonetti fut pourtant durant dix huit mois l’homme de la sécurité au sens noble du terme. Un directeur de cabinet du préfet, “c’est un travailleur de l’urgence”.

Flavio Bonnetti et le préfet Nacer Meddah.

Le travailleur de l’urgence

Tour à tour pompier, policier, gendarme, partenaire de l’institution judiciaire aussi. C’est dire s’il faut du doigté, de la compétence et surtout comme le souligne son supérieur, le préfet de région Nacer Meddah, de l’humain: “quelle que soit la complexité des dossiers, il a su faire appel à l’intelligence mais aussi à sa relations privilégiée avec les autres. J’ai été impressionné par les marques de gentillesse et de disponibilité qu’il a  données pour résoudre des dossiers urgents”.

Les responsables de l’administration départementale lui ont rendu hommage.

Ils ont été légion pour cet énarque de 32 ans, modèle de l’intégration plus que réussie à la Française (à l’image de son supérieur Nacer Medah), qui a débarqué sur le sol français en provenance d’Italie en l’an 2000, pratiquant la langue de Dante et pas encore celle de Molière. Flavio Bonettti était prédestiné à cette étape en région Centre-Val de Loire qui vous forge un caractère. “En administration centrale on apprend l’arrogance, en territoriale l’humilité”, dit Nacer Meddah. 

Sa professeure de Français, un tutorat qui décidément compte beaucoup dans l’éclosion de nos élites, voulait lui faire toucher du doigt la culture française. Et le premier monument qu’elle a fait visiter au jeune Flavio et à toute sa classe, ce fut la cathédrale de Chartres. “A l”ENA, j’étais de la promotion Jean Zay, tout s’explique”. Prédestiné à servir à Orléans un jour.

A Orléans, Flavio Bonetti bras droit du préfet, n’a pas eu trop de temps pour parfaire sa culture  du patrimoine et de la littérature régionale. Il a hérité de dossiers chauds comme l’état d’urgence et la déradicalisation.

La crise majeure: les inondations

Un départ sous le signe aussi de l’émotion.

La vie d’un directeur de cabinet n’a rien d’un long fleuve tranquille surtout lorsque la crise grave qu’il a eu à gérer a pris la forme d’inondations dramatiques en mai-juin 2016 dans le Loiret. “Ce fut très intense”, commente Flavio Bonetti qui vient d’être nommé à Paris, au cabinet du directeur général de la Police Nationale (DGPN). Il y traitera des dossiers juridiques mais pour autant, ce prometteur serviteur de l’Etat ne risque  pas de s’ennuyer. Mardi dans la grande salle de réception de la préfecture, là où quelques jours plus tôt tout ce que la région compte de politiques avaient le yeux braqués sur les écrans égrainant les chiffres des législatives, tout ce que l’administration départementale compte de responsables, de chefs de service de l’Etat, des procureurs aux patrons des pompiers, des gendarmes et des policiers, était venir dire au revoir à Flavio Bonetti.

Après l’hommage rendu par le préfet, l’émotion a été trop forte pour le directeur de cabinet lorsqu’il dit toute sa reconnaissance à celles qui ont travaillé à ses côtés, Murielle Plotton et Dominique Rembert entre autres. Mais l’homme sensible sait aussi manier l’humour, le talent des gens de coeur et des pudiques.

Une agence de voyage ministérielle

L’évacuation des voitures piégées par les inondations sur l’A.10

Alors il a raconté comment il avait failli “ouvrir une agence de voyage”, évoquant ainsi en fines touches allusives les désidératas les plus exotiques de tel ou tel ministre, se gardant bien de les nommer, celui-là souhaitant aller voir des espèces d’oiseaux en danger, tel autre voulant communiquer sur le miel bio..Le dircab est aussi GO. .Au total, la destination Orléans, tant prisée car à une heure de Paris avec une gueule de “province” pour les caméras; a suscité plus de 40 visites ministérielles (en 18 mois!) sans compter les missions interministérielles en tous genres!

Enfin Flavio Bonetti qui sera remplacé par une toute jeune femme de 26 ans, Taline Aprikian issue de la préfecture de police de Paris, n’a pas oublié non plus l’autre facette des talents d’un dirc’cab qui tient du garde du corps, musclée de diplomatie, “lorsqu’il a fallu jouer les gros bras aux fêtes Johanniques”. C’était le 8 mai 2016 et Orléans recevait un certain Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie et dans sa foulée une meute de journalistes déjà alléchés par le presque candidat…

A l’allure où le Président de la République imprime sa posture gaullienne à l’exercice élyséen, on le voit bien respecter la tradition républicaine qui veut que le président élu, préside les fêtes de Jeanne d’Arc un an après son élection. Emmanuel Macron aux fêtes 2018? Flavio Bonetti a lancé,  l’oeil malicieux, “je souhaite bien du courage à mon successeur…”.

Ch.B

 

 

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