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Loir-et-Cher : le coup de gueule des orthophonistes

Elles sont 80 dans le Loir-et-Cher, très majoritairement des femmes, conséquences de leur précarisation et des salaires (pour les praticiennes hospitalières) au raz des pâquerettes, et encore ! Qui ? Les orthophonistes, qui ont, lundi dernier, sollicité les nouveaux élus des élections législatives, se rappelant à leur bon souvenir…

Une partie des orthophonistes de Loir-et-Cher, lundi 26 juin dernier, à Blois.

Leurs études devraient être reconnues à Bac + 5. Mais aujourd’hui, les diplômes d’orthophonistes ne sont reconnus qu’à Bac + 3. Une “largesse” de l’ex ministre de la santé Marisol Touraine, alors qu’ils n’étaient reconnus qu’à Bac + 2 ! Conséquence : les orthophonistes en milieu hospitalier sont payés au Smic (1.150 € nets mensuels), ce qui n’est guère au regard des études réalisées, et n’attire pas les vocations, naturellement. 

“On compte sur Marc Fesneau, sur Jacqueline Gourault aussi qui nous a toujours soutenue. On sollicite aussi les autres députés (Maurice Leroy, Guillaume Peltier, Ndlr) pour leur rappeler que la situation n’a pas évoluée depuis 2013. Tout est à faire !”, s’agace Hélène Sagne, orthophoniste à Chaumont-sur-Loire et présidente du syndicat des orthophonistes de Loir-et-Cher et du syndicat régional. “Éventuellement notre diplôme serait reconnu Bac + 4 en 2019, mais on n’y est pas encore et ça n’est toujours pas le Bac + 5”, ajoute-t-elle.

“Mais vous avez déjà été revalorisées !”

Un cabinet d’une orthophoniste libérale, à Blois.

Dans un avenir proche, les GHT (Groupements hospitaliers territoriaux) pourront embaucher des orthophonistes pour faire face à la pénurie. En Loir-et-Cher, un poste sera à pourvoir, doté d’une prime de 3.000 € pour 3 ans. Pas de quoi rassurer Hélène Sagne : “Le problème, ce n’est pas la prime, le problème c’est comment attirer un ou une candidate avec un Smic et un diplôme pas reconnu à sa juste valeur. Dans le département, il y a 10 postes vacants”. En plus d’un concours difficile – qui freine déjà les envies – les candidats en passent plusieurs dans différentes villes, afin d’augmenter leurs chances de décrocher le précieux sésame. Peu d’hommes se présentent, au niveau national 97 % des praticiens sont des femmes, signe d’une profession mal reconnue, et mal payée… En outre, un décret est en discussion actuellement à l’échelon européen, pour baisser le niveau de langue requis pour des orthophonistes étrangers qui seraient susceptibles de venir exercer en France. Un décret contre lequel les orthophonistes françaises sont vent debout : “Il faut évidemment très bien maîtriser la langue française pour être orthophoniste, c’est la base”, s’indigne H. Sagne. Avec une consœur du CMPP (Centre medico psycho pédagogique) elles avaient interpellé le Président François Hollande à Chambord lors de sa visite inaugurale des jardins à la française, le 19 mars dernier. Sans suite. Les orthophonistes d’Indre-et-Loire sont allées plusieurs fois à la rencontre de la candidate Marisol Touraine durant sa campagne législative dans sa circonscription. Elle leur a répondu “qu’elles avaient été revalorisées”, bottant en touche, avant de s’y retrouver elle même le 18 juin au soir… Le combat des orthophonistes continue donc. Hélas, pourrait-on dire.

F.Sabourin.

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