A Orléans, Simone Veil avait aidé à la création du Musée mémorial des enfants du Vel d’Hiv

Figure de la shoah, icone de la lutte pour le droit des femmes, personnalités du monde politique, militante de la cause européenne, Simone Veil vient de mourir à 89 ans. A Orléans et dans le Loiret le nom de l’ancienne déportée d’Auschwitz est particulièrement attaché à celui des camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande.

Lors de l’inauguration des locaux actuel du Cercil, Hélène Mouchard Zay présente les témoignages sur les camps@Cercil

Simone Veil n’était pas passée par les antichambres de la mort que furent des deux camps du Loiret, mais elle y a été associée avec la création du Cercil. Lors de l’inauguration des locaux du Cercil,, Le musée mémorial des enfants du Vel d’Hiv. qui avait accueilli une pléiade de personnalités, en janvier 2011 dont, Jacques Chirac et Serge Klarsfeld. Neuf ans plus tôt, Simone Veil avait déjà participé à la création de l’association qui remonte au 15 juin 1992. Par la suite, Simone Veil avait constamment soutenu l’émergence de ce musée, devenu l’un des principaux centres de la mémoire de la Shoah en France. 18 000 juifs dont 4 000 enfants y furent internés.

Hélène Mouchard Zay la présidente du Cercil, fille de Jean Zay était à l’époque adjointe au maire d’Orléans, Jean-Pierre Sueur et la créatrice  de l’association. Elle se souvient:

Une première exposition en 1992

La visite de la première exposition à la mairie d’Orléans en 1992 (@Cercil)

“A l’époque, le CERCIL existait depuis quelques mois et avait des bureaux place Saint-Pierre le Puellier, elle était venu déjà les inaugurer ainsi que la première exposition que nous avions faite, le 15 juin 1992. C’était dans les sous-sols de l’hôtel de ville d’Orléans, près de la salle des délibérations. Une exposition qui montrait l’histoire et la mémoire de ces camps. Elle était là le premier jour et elle avait fait un discours magnifique qui malheureusement n’a pas été enregistré. Au cours de cette belle cérémonie, nous avions entendu un violoncelliste, fils de déportés. Je me souviens aussi de la présence de Mlle Monod qui avait été l’assistante sociale dans                                                                                        les camps”.

Son histoire a inspiré le scénario et l’héroïne principale  du film “La Rafle”. Dès le départ, Simone Veil nous a beaucoup aidé par son nom et son prestige, puis elle a participé à: nos travaux avant même la création du Cercil. Lionel Jospin avait créé une mission pour enquêter sur ce qu’étaient devenus les bien des juifs spoliés, la mission Mattéoli, qui a retrouvé des fonds en déshérence; Elle en était devenue la présidente. Nous avions présenté notre dossier avec Benoit Verny l’historien et là encore elle nous a beaucoup aidé.

Le 27 janvier 2011 à l’inauguration elle a été très présente. C’était une femme magnifique qui témoignait  sans se mettre en avant; Elle mettait , à chaque fois qu’elle participait à une cérémonie, l’accent sur le silence que les anciens déportés ont connu lorsqu’ils sont revenus des camps. Contrairement à ce qui a été dit, à la Libération, elle témoignait que certains avaient voulu parler, mais on ne les a pas entendus. Elle l’a raconté dans son ouvrage “Une vie”. C’était aussi une femme très généreuse qui donnait et écoutait beaucoup.  Lors de l’inauguration du Cercil elle avait été très attentive à ce que nous lui montrions”.

Lors de cette inauguration mémorable qui s’est déroulée par un froid glacial, Simone Veil était déjà souffrante, tout comme Jacques Chirac. Mais tous les deux avaient tenu à marquer de leur présence l’événement en ce lieu de mémoire, témoignage glaçant de l’histoire de France dans ce qu’elle a eu de plus sombre, en raison aussi de la complicité de l’État français à la déportation.

                                                                                 Ch.B 

 

 

 

 

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *




Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail