Elections legislatives - Les resultats en temps reel

Congrès de Versailles : Le grand oral d’Emmanuel Macron

Que ce fut long ! Ce 3 juillet, devant le Congrès réuni à Versailles, le chef de l’Etat a parlé pendant 1h30. Solennel, romantique, n’esquivant pas les longueurs mais didactique, faisant montre d’une certaine culture, il a promis un « changement profond » et une réforme des institutions pour répondre à « l’impatience » des Français.

Députés et sénateurs sagement rangés par ordre alphabétiques dans un hémicycle aussi rouge que ceux des palais Bourbon et du Luxembourg mais installé dans une salle rectangulaire ont écouté patiemment en naviguant beaucoup sur leurs smartphones. Par deux fois, la majorité s’est laissé aller à applaudir, lorsque leur chef de file a évoqué l’Europe. Le capitaine était sur la passerelle, donnant le cap, laissant la manœuvre à son premier ministre, à son gouvernement, et à ceux que le peuple venait d’élire. Emmanuel Macron tient  beaucoup à la cinquième République et à ses institutions mais il entend en repeindre la façade et au besoin si les parlementaires ne lui apportent pas leur soutien par référendum.

Les rangs étaient presque pleins, mais ici et là des fauteuils de velours cramoisi demeuraient vides. Les Insoumis et les Communistes ne sont pas venus, quelques rares socialistes non plus. Les députés et les sénateurs convoyés en autobus les premiers de l’Assemblée, les seconds du Sénat étaient arrivés en groupe. Seuls les ministres avaient bénéficié de leur voiture personnelle que leurs chauffeurs arrêtaient sur la terrasse et que venait saluer en grande tenue, le préfet des Yvelines, Serge Morvan. Pour cette  grande première d’un président de la République présentant la politique nationale avant le premier ministre’ , Nicolas Hulot  devenu ministre,qui nous a habitué à des tenues sportives, arborait une cravate remarquée.

Lapresse avait ses quartiers  en hauteur et  y était fermement maintenue par le personnel de l’Assemblée nationale à la manœuvre.Badgée , elle ne fut autorisée à quitter la salle de presse  du second étage pour gagner les tribunes qui lui étaient réservées en surplomb que 10mn avant le début de la scéance et ne put naviguer  dans une partie de couloir  du rez-de-chaussée qu’après le départ du président de la République.

Les principales annonces

  • Réduction d’un « tiers » du nombre de députés et de sénateurs

Conformément à une promesse de campagne, Emmanuel Macron annoncé la réduction d’un « tiers » du nombre de députés et de sénateurs, une « nécessité  dictée par  le simple amour de la patrie ». Il souhaite « Un Parlement moins nombreux, mais renforcé dans ses moyens, c’est un Parlement où le travail devient plus fluide, où les parlementaires peuvent s’entourer de collaborateurs mieux formés et plus nombreux. C’est un Parlement qui travaille mieux.” Cette réforme, « devra être conduite en veillant à la juste représentation de tous les territoires de la République. Elle n’a pas pour but de nourrir l’antiparlementarisme, au contraire. Elle vise à donner aux élus de la République plus de moyens et plus de poids », a-t-il justifié.

  • Introduire « une dose de proportionnelle » dans les élections législatives ou sénatoriales

Le président de la  République  a par ailleurs souhaité  que les députés soient élus « avec une dose de proportionnelle », sans préciser de chiffre, pour que « toutes les sensibilités soient justement représentées. La représentativité reste un combat inachevé dans notre pays. Je souhaite le mener avec vous résolument », a- t-il dit.

Il a également proposé une « limitation du cumul des mandats dans le temps » pour les parlementaires, a priori trois mandats bien qu’il n’ait pas cité de chiffre. « Il s’agit là de la clef de voûte d’un renouvellement qui ne se produira pas sous la pression de l’exaspération citoyenne mais deviendra le rythme normal de la respiration démocratique. Les parlementaires eux-mêmes verront dans leur mandat une chance de faire avancer le pays et non plus la clef d’un cursus à vie », a-t-il souligné.

  • Réforme des institutions à « parachever  d’ici un an »

« Je demanderai à Madame la garde des Sceaux, aux ministres compétents et aux présidents des deux chambres de me faire pour l’automne des propositions concrètes permettant d’atteindre cet objectif », a précisé le chef de l’État qui veut  également « mettre un terme à la prolifération législative » et souhaite que les « textes importants fassent l’objet d’une évaluation deux ans après leur mise en application.”

  • Réformer l’asile pour les réfugiés mais « mieux endiguer » les « grandes migrations »

« Nous ne pouvons pas continuer d’affirmer hautement notre attachement aux principes de l’asile tout en nous abstenant de réformer en profondeur ce système qui, débordé de toutes parts, ne permet pas un traitement humain et juste des demandes de protection » émanant « d’hommes et de femmes menacés par la guerre et la persécution », a affirmé le président de la République. Le ministre de l’Intérieur a été chargé de présenter un plan sur les migrants pour accélérer le traitement des demandes d’asile et renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière, dont les grandes lignes devraient prochainement faire l’objet d’une communication en Conseil des ministres.

  • Ne pas « s’habituer à conchier l’Europe »

« Négliger l’Europe, s’habituer à la conchier, à en faire le coupable de tous nos maux, c’est trahir ces générations qui nous ont précédés, trahir ce qui fait qu’aujourd’hui, là où nous sommes, nous pouvons librement débattre de l’Europe pour l’aider ou pas. Il est impossible de penser notre destinée continentale autrement qu’au travers du projet européen. L’Europe, c’est nous, c’est un projet de paix, de liberté, de progrès, qui a été pensé et agi avec courage par des générations qui nous ont précédés ont vécu la guerre. Et nous voudrions aujourd’hui oublier tout cela ? Considérer que face aux divisions, face au « Brexit » et à tant de soubresauts de l’Histoire, la réponse serait dans une diminution encore supplémentaire, dans une forme d’abandon, dans un bégaiement de l’Histoire ? » a demandé le président.

F.C.

Les réactions

Guillaume Peltier (LR-Loir-et-Cher): “je venais écouter Jupiter, j’ai entendu Eole”

Guillaume Peltier

Avec son sens de la formule qui fait mouche Guillaume Peltier député du Loir-et-Cher a réagi ainsi au discours d’Emmanuel Macron:

“j’étais venu écouter Jupiter j’ai entendu Eole, le dieu du vent. J’arrivais à Versailles dans l’état d’esprit d’entendre le Président tracer un cap. Pour ma part j’étais favorable à ce congrès. Après cette période électorale nous avions eu de sa part de l’image j’attendais le son. Or, ce fut un discours très long, trop long, et très creux au final. Quel intérêt de convoquer le congrès si c’est pour redire ce que nous avions déjà entendu lors de la campagne ? C’était très vague et très creux, le souffle était court, de la tisane. J’ai bien aimé les cinq premières minutes, mais ensuite j’attendais qu’il traite vraiment les grands sujets, la lutte contre l’état islamique, la réforme en profondeur de l’école…La proportionnelle, la baisse du nombre de parlementaires je suis favorable mais à condition de ménager les territoires ruraux de ne pas avantager uniquement les métropoles..Dans ces conditions j’attends beaucoup du discours du Premier ministre mardi. Avec Emmanuel Macron on a entendu un vieux discours. En une heure trente il a pris trente ans”.

Au sein du groupe LR, dans l’opposition de droite au pouvoir, Guillaume Peltier se positionne clairement comme un jeune député qui veut peser dans le débat parlementaire.

Marc Fesneau – Député Modem du Loir-et-Cher : “Le président a tracé la route”

Marc Fesneau président du groupe MoDem.

Le président a tracé la route, la modification des institutions, sans empiéter sur les prérogatives du premier ministre. Il a la ferme volonté de faire bouger le pays ce qui est un  souhait du Modem. 900 personnes dans l’hémicycle c’était impressionnant. Ce le fut d’autant plus pour moi que, en tant que président de groupe, j’ai du monter à la tribune après le départ du chef de l’Etat. C’était ma première prise de parole à l’Assemblée. J’avais soigné mon discours sur deux points essentiels, la réforme et la restauration de  la confiance.

Stéphanie Rist – députée LREM du Loiret 

Ce fut un moment très solennel. J’ai trouvé le discours du président très bien. Il annonce  un programme, des modifications et une dose de proportionnelle qui était une promesse de campagne.

Jean-Pierre Sueur, sénateur PS du Loiret

Ce fut un peu long. Le Président a raison de vouloir réformer les institutions en un an. Il faut le faire tout de suite. Plus on attend, plus ce sera difficile. Quelle dose de proportionnelle ? Je suis réservé quant à la volonté la loi du Président d’accélérer le travail parlementaire. Il faut du temps pour bien penser et rédiger.

Olivier Falorni : député PS de Charente-Maritime

Je ne suis pas persuadé de l’interêt de ce rendez-vous  qui coûte ch er. Il n’a rien été dit de plus que pendant la campagne.

Marine  Le Pen – Député FN du Nord

Qu’est-ce qu’on a appris de plus que dans discours de campagne ? Rien. Il a parlé de proportionnelle sans donner le moindre chiffre. Dans ce congrès j’ai été atteinte par un vent de déception.

Commentaires

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  1. On sent déjà une pointe de déception dans l’annonce trop convenue de Madame Rist…On aura bientôt: “Que diable allais-je faire dans cette galère ?

  2. Macron Jupiter? Eole? pourquoi pas Janus pendant qu’ils y sont ! Tout ça pour un être humain élu à la présidence d’un pays de plus de 60 millions d’humains par 19 % à peine d’électeurs-électrices!
    Macron c’est plutôt Octave-Auguste (63av-14 après notre ère). Allez voir sa bio, que de similitudes! : l’un est fils de banquier (O-A) et pique la femme d’un ami, l’autre est futur banquier (E-M) et pique la femme d’un banquier, l’un forme un triumvirat pour sa gloire perso, l’autre se dit en même temps ami de la socialité et des capitalistes sans foi ni loi ( les oligarques).
    L’un instaure un régime autocrate dans une république l’autre se pose en commandeur de ses croyants et vous êtes priés d’y croire! . Cerise sur le gâteau, si Auguste fait exiler avec interdiction d ‘écrire Ovide qui a osé revendiquer pour les femmes les mêmes droits aux plaisirs de la vie que pour les hommes, Macron, lui, pour l’instant se contente de vouloir faire taire toute ironie dans son royaume de figurants en dénigrant les journalistes qui osent faire autre chose que de l’information-d’être aux ordres (G Deleuze) urbi et orbi à Paris comme en province .
    Auguste est devenu le surnom du clown qui se ridiculise par son emphase, ses outrances, ses excès, ce n’est qu’un début mais ça ne fait déjà pas rire.

  3. Oui, Monsieur Sueur “il faut du temps pour bien penser et rédiger” ! Alors pourquoi, vos amis socialistes se sont précipités pour refaire des régions dont certaines sont bâtardes ?

  4. La longueur du discours et le rabâchage du contenu font partie des quelques faiblesses de Macron à ce jour (avec deux ou trois cas de formules malheureuses). C est tout à fait mineur par rapport à ce qu il a apporté et apporte à la France : même Jupiter avait des faiblesses et faisait des erreurs dans la mythologie mais sa puissance faisait que tout le monde filait doux. Comme maintenant.

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