Le Loirétain François Bordry fut l’attaché de presse de Simone Veil, présidente du Parlement européen

Rescapée des camps de la mort, Simone Veil était une Européenne convaincue et militante. Militante de l’amitié franco-allemande, c’est dire si sa force de conviction avait su dépasser le souvenir de l’horreur d’Auswitch où sa famille a péri.

En 1979, François Bordry (à gauche) aux côtés de Simone Veil.

Un homme politique du Loiret a vécu au plus près de Simone Veil l’européenne, François Bordry. Natif de Puiseaux dans le nord Loiret, François Bordry, 67 ans fut durant la présidence de Simone Veil au Parlement européen, son attaché de presse, de 1979 à 1982.

La première présidente d’un Parlement élu au suffrage universel

Non seulement Simone Veil a été la première femme présidente de cette assemblée, mais précise François Bordry, “c’était à la tête du premier Parlement élu au suffrage universel. C’était un événement considérable qu’une femme victime de la Schoah soit présidente de ce Parlement et militante de la réconciliation franco-Allemande. Elle a consolidé les pouvoir du  Parlement européen qui était en construction”, raconte François Bordry. A l’époque l’Europe qui s’appelait la CE (Communauté européenne) se jouait à neuf pays et la France avait 81 députés.  Comment celui qui fut adjoint au maire de Puiseaux et président de la communauté de communes du canton (2004), était-il entré au cabinet de Simone Veil? 

Repéré chez les jeunes démocrates du CDS

“Je présidais les jeunes démocrates sociaux, c’est ainsi que je l’ai connue”, les jeunes démocrates, une émanation des centristes du CDS se souvient François Bordry qui était déjà fonctionnaire au bureau du Parlement. “Nous avions eu une université d’été, Simone Veil y était venue et m’avait embarqué dans ses bagages”. Politiquement, le mandat de Simone Veil ne fut pas de tout repos.

A l’époque, la rivalité entre gaullistes et giscardiens battait son plein, “des députés se méfiaient d’elle”, témoigne François Bordry, “en particulier les RPR de l’époque, farouchement opposés à l’intégration européenne.” Sur le continent “grâce à son image”, elle a fait avancer la cause du drapeau étoilé. Et sur toutes la planète, au Japon, aux Etats-unis, en Egypte… où François Bordry l’a accompagnée, “elle était l’incarnation de l’Europe Unie”. Mais pour le jeune attaché de presse qu’était François Bordry, ce n’était pas toujours rose. “Ce n’était pas un poste facile: elle était sensible à son image, elle ne voulait pas que sa personnalité soit déformée dans les médias. Autant en France et en Europe, nous pouvions “intervenir”, autant à l’autre bout du monde c’était impossible”.

Des colères homériques vite oubliées

François Bordry, amateur d’qrt contemporain (@Art Chemist).

Dans le travail au quotidien, François Bordry qui fut ensuite directeur du bureau du Parlement européen à Paris (1982 à 1989) puis à Strasbourg et Bruxelles, se souvient d’une femme certes “admirable” dans ses combats, mais aussi “exigeante qui aimait la précision et la qualité dans le travail”. Chez tout ceux qui l’ont côtoyée, Simone Veil avait la réputation de piquer des colères homériques. “Mais c’était toujours fondé sur un élément, une petite erreur”. Des colères vite oubliées, elle n’était pas rancunière.

Au début des années 1980, lorsque le Front national s’est implanté à Dreux (Eure-et-Loir) et que le RPR local s’est commis dans un accord avec le parti de Marie-France Stirbois, Simone Veil est montée au créneau                                                                            pour dénoncer cet accord.

De ce combat contre l’extrême-droite de l’ancienne pensionnaire des camps nazi, François Bordry conservera une marque indélibile. Bien plus tard en 1998, lorsqu’après les élections régionales une partie de la droite du RPR pactisa avec le FN, il fut de ces centristes, avec le Tourangeau Renaud Donnedieu de Vabre (futur ministre de la Cuture), qui firent des pieds et des mains pour détricoter cette alliance. 

Figure régionale du centrisme, François Bordry qui présida VNF (Voies navigables de France) de 1994 à 2008, reste aussi un homme de culture. Il fut le premier président du FRAC (Fonds régional d’art contemporain) qui, à l’époque conservait ses oeuvres dans un ancien garage de la rue de la Tourneuve à Orléans.

Mercredi, François Bordry qui maintenant partage sa retraite entre Paris et Puiseaux dans la demeure familiale, comme tous ceux qui furent ses proches collaborateurs, participera à  la cérémonie d’hommage et d’adieu à Simone Veil, dans la Cour des Invalides.

Ch.B

 

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