Edouard Philippe obtient la confiance de l’Assemblée

A chacun son tour.  Hier au  Congrès de Versailles,   le premier ministre a sagement écouté le très long et solennel  discours du président de la République. Emmanuel Macron a fixé le cap, libéral à n’en pas douter ce qui induit un changement de mentalité, un surcroît de citoyenneté  et au départ du moins une bonne dose d’optimisme. Il a laissé au Premier ministre le soin de mettre en œuvre ce beau programme, d’en annoncer les modalités et de   détailler les moyens pour y parvenir.

©Florian David / Matignon

Aussi, aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, relayé au sénat par le ministre de l’Intérieur, le Premier ministre a donné la méthode et le calendrier précis des réformes à venir. Il s’est livré au traditionnel discours de politique générale auquel est  astreint tout nouveau premier ministre à la suite duquel après que chaque groupe ait donné son point de vue les députés votent la confiance au gouvernement.

Edouard Philippe a obtenu une large confiance de l’Assemblée nationale avec 370 voix pour, 67 contre et 129 abstentions. C’est le plus faible nombre de votes contre sur un discours de politique générale depuis 1959. Les trois quart des Républicains se sont abstenus.  Outre la totalité des députés République en Marche (LREM) et Modem, le premier ministre a reçu l’appui de 12 « constructifs » LR-UDI et de 3 Nouvelle Gauche ex PS. La France Insoumise  (LFI) 17 membres a voté contre comme 12 des 16 communistes, comme les 8 députés FN et Nicolas Dupont-Aignan (DLF).

©Florian David / Matignon

Un hémicycle de débutants

 Après la photo, Sur 577 députés 403 sont nouveaux, peu habitués aux usages et pas très surs de la place qui leur est attribuée. La mise en place  s’accompagne de nombreuses hésitations. Pourtant en ce début de séance est  importante et ce jour particulièrement. En effet, le président de l’Assemblée, François de Rugy, du haut du perchoir annonce qu’avant le discours du premier ministre on va procéder à la rituelle photo panoramique des députés qui sera la photo de référence pendant toute la législature. Un député s’aperçoit qu’il a oublié de mettre sa veste, quelques autres constatent qu’ils ne sont pas dans la rangée qui est la leur ni assis à leur fauteuil. S’en suit un ballet drôlatique dont tout le monde se réjouit. le Premier ministre montre au pupitre et prend   la parole qu’il garde pendant une heure.

Discours de la méthode très dense

  • Loi de moralisation.  « Nous lancerons dans l’année les réformes indispensables à la modernisation de la vie publique.»
  • La promesse de 15 000 places de prison supplémentaires sera tenue.  «La réforme constitutionnelle viendra renforcer l’indépendance des magistrats. Dès 2018, une loi quinquennale de programmation des moyens de la justice  sera votée au Parlement».
  • Santé. «Nous allons progressivement  porter le prix du paquet de cigarettes à 10 euros.  Lunettes, soins dentaires et aides auditives seront sans reste à charge d’ici à 2022. Nous revaloriserons dès 2018 l’allocation adulte et le minimum vieillesse. Nous renforcerons notre lutte contre la pauvreté, particulièrement dans les familles avec des enfants. Il y aura des mesures améliorant le congé maternité. L’inclusion des personnes en situation de handicap sera une des priorités du quinquennat».  Certains vaccins infantiles aujourd’hui seulement recommandés deviendront obligatoires en 2018. Plan de lutte contre les déserts médicaux dès la rentrée.
  • Taxe d’habitation. «Nous engagerons les réformes sur la taxe d’habitation qui doit contribuer d’ici la fin du quinquennat à rendre du pouvoir d’achat à l’immense majorité de nos concitoyens»
  • Culture et vie sociale. Création d’un pass culture pour les jeunes afin de permettre au plus grand nombre l’accès aux biens culturels. Les ministres de l’Education nationale et de la Culture sont amenés à travailler ensemble. Bac, une concertation sera lancée dès la rentrée prochaine, pour resserrer les épreuves finales autour d’un plus petit nombre de matières et définir ce qui relève du contrôle continu. « Neutralité  absolue à l’égard des cultes et liberté de croire, ou de ne pas croire. La laïcité est une condition de ce que nous sommes, la France”, dit-t-il.
  • Terrorisme. «Une loi de programmation militaire sera adoptée dès 2018. Il y aura d’autres attaques. Nous lutterons contre le terrorisme en respectant l’état de droit», assure le Premier ministre, après avoir rappelé que  la France va sortir de l’Etat d’urgence en novembre.
  • Immigration. «La semaine prochaine, le gouvernement présentera des mesures qui répondront à trois exigences : une exigence de dignité pour que la France honore sa tradition d’accueil des réfugiés, une exigence d’efficacité pour réduire les délais moyens d’instruction des demandes d’asile, une exigence de solidarité et de responsabilité avec nos partenaires européens».
  • Rénover le modèle social.  «Il faut renouveler notre modèle social pour qu’il crée des protections véritablement efficaces au lieu de les garantir sur le papier, accompagner celui qui prend un risque et non celui qui est installé. Il faut renforcer le dialogue social dans les branches et l’entreprise, redonner du pouvoir d’achat aux actifs, sécuriser le parcours professionnel, rendre le système de retraite plus juste et plus lisible. L’urgence sociale est forte»,  Ie premier ministre rappelle que l’examen du projet de loi d’habilitation pour les ordonnances démarre dans les jours qui viennent.
  • Impôts et dépense publique. “Il faut stopper l’inflation de la masse salariale du secteur public, remettre en cause certaines missions en chassant la dépense inefficace, repenser les politiques publiques qui n’amènent pas de résultats. « Mon objectif est de réduire le déficit sous la barre des 3% dès 2017 ». Les contribuables ne seront pas la variable d’ajustement, au contraire.

    ©Florian David / Matignon


    Les prélèvements obligatoires baisseront de 20 milliards d’ici 2022.  « Le transfert vers la hausse de la CSG de la suppression des cotisations d’assurance maladie et de chômage va redonner du pouvoir d’achat  à 20 millions de Français. Une hausse de la prime d’activité est également prévue car le travail doit payer». Le Régime social des indépendants va être supprimé et adossé au régime général. L’impôt de Solidarité sur la Fortune sera resserré sur le seul patrimoine immobilier (une réforme reportée à 2019).Lancement d’un « grand plan d’investissement » de 50 milliards d’euros dans les secteurs d’avenir, comme la transition écologique. 
  • Agriculture  et écologie: « Les agriculteurs ne doivent pas être sous le seuil de pauvreté ». Des états généraux de l’alimentation sont prévus. “Nous voulons arriver à la neutralité carbone d’ici à 2050. La « convergence diesel-essence » sera atteinte dès la fin de la mandature. Nous diviserons par deux les déchets mis en décharge et recyclerons l’ensemble des plastiques en 2025 »
  • Europe : trois priorités pour l’Union européenne : « tout faire pour réconcilier les Français avec l’Union européenne, favoriser une Europe qui protège, et préparer trois négociations décisives : redéfinir le projet d’Union à 27, conduire une négociation ordonnée de sortie du Royaume-Uni, ainsi que l’étude des perspectives politiques et financières de l’Union après 2020. »
  • Objectif général : « Nous voulons redevenir les premiers en termes d’attractivité, de croissance et de créations d’emplois Le CICE sera transformé en allègement de charges », un programme appliqué au 1er janvier 2019.

F.C.

Réactions

Christian Jacob. Le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a reproché à Edouard Philippe d’avoir «contribué à la défaite» de ses «anciens collègues» avec sa nomination à Matignon. «Le départ de votre famille politique dans ces conditions restera pour moi une vraie blessure», a lancé Christian Jacob.

Marine Le Pen (FN) : « Pas d’information dans ce discours.Il n’y a pas eu mot sur comment le Premier ministre va mettre en oeuvre la lutte contre le fondamentaliste»,

Guillaume Pelletier (LR) du Loir- et- Cher : «ça manquait d’air, de charme. Il faut de l’audace, si la France veut renouer avec la confiance

Nicolas Dupont-Aignan. «Les Français ont compris qu’ils ont été trompés, c’est en marche vers la récession».

Marc Fesneau (Modem) Loir-et-Cher : «a récession Dépasser les clivages anciens, ce ne sont pas des mots creux. Ce n’est pas renoncer aux clivages et affadir les débats 

Jean –Luc Mélenchon (Les Insoumis):  « Nous ne voulons pas être seulement votre opposition . Nous nous présentons comme l’alternative au monde que vous représentez. Le sol se dérobera bientôt sous vos pieds ».

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

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  1. La France pas prête d’être redressée avec ces 2 oiseaux, par contre rebonjour taxes impôts toujours la même litanie

  2. Ces “oiseaux” là ont été élus ! Dans un pays endetté comme le notre, plutôt à la traîne en Europe, il n’y a pas 36 solutions. Et puis, il faut oublier les solutions Le Pen et Mélenchon. Si vous espériez un autre choix politique pour redresser notre cher pays, adressez vous aux abstentionnistes, qui, vous pouvez me croire, seront en premières lignes pour protester (gueuler) à chaque décision de ces “oiseaux” là !

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