Sénatoriales Loiret: Cardoux serein, la droite au bord de la crise de nerfs

Eric Doligé vient d’envoyer un message clair. Alors que le sénateur sortant LR ne brigue pas un nouveau  mandat, il vient pourtant d’accepter de figurer en cinquième position sur la liste de Jean-Noël Cardoux. Et ce n’est par hasard.

Le ticket officiel de LR, Jean-Noël Cardoux, Muriel Sauvegrain.

Un camouflet supplémentaire pour Hugues Saury, son successeur au conseil départemental du Loiret. Après deux ans à la tête du Loiret, l’ancien maire d’Olivet a en effet décidé de se porter candidat “libre” aux sénatoriales. “Je considère que chacun doit rester à sa place, là où il a acquis de vraies compétences pour mieux défendre sa commune, son département ou sa région”, écrit Eric Doligé dans une lettre envoyée aux grands électeurs et rendue publique par Jean-Noël Cardoux lors de la présentation de sa liste, jeudi à Saint-Père-sur-Loire. Auteur d’un rapport à la même heure au Sénat, Eric Doligé ne pouvait être présent à Saint-Père mais il souligne sans ambiguité dans sa lettre, “j’ai accepté de figurer en dernière place sur la liste qui vous est dévoilée ce soir, afin de montrer tout mon attachement à cette équipe et à son chef de file Jean-Noël Cardoux”.

Les pierres de Doligé dans le jardin de Saury

Eric Doligé, sénateur sortant LR qui a accepté de “pousser” la liste Cardoux.

Et il enfonce le clou en ces termes: “ma conviction est qu’il faut être clair vis-à-vis de ses électeurs et ne pas briguer un mandat en fonctions des circonstances. Ce doit être un engagement mûri et réfléchi de longue date.” Cette pierre dans le jardin d’Hugues Saury est aussi à l’adresse de Serge Grouard, l’ancien maire d’Orléans battu aux législatives et qui réfléchirait toujours à se lancer aux sénatoriales. A droite, la boite à gifles est donc grande ouverte devant la multiplication des candidatures. Celle de Michel Martin est toujours en suspens, alors que Frédéric Cuillerier a jeté l’éponge. “Même si cette candidature ne m’arrangeait pas, c’était la plus légitime”, a estimé jeudi Jean-Noël Cardoux qui reste serein.

. Le soutien de J.P Door et Claude de Ganay

La liste Cardoux, ne manque qu’Eric Doligé, le numéro 5.

Adoubé par LR au plan national, Jean-Noël Cardoux a aussi le soutien affirmé de Jean-Pierre Door, le président départemental qui n’a pas réussi à imposer une liste unique dans le Loiret. Même si l’autre parlementaire favorable à la candidature Cardoux, Claude de Ganay, lance à propos de Saury et de son appartenance à LR, “encore faudrait-il qu’il paye se cotisation”. Ambiance.

Des candidatures concurrentes à droite que Jean-Noël Cardoux qualifie au passage d”orléano-orléanaises” et de “bataille de crocodiles dans le même marigot”.

Comme son concurrent du PS Jean-Pierre Sueur, qui a le même âge (70 ans) qu’il dit “préférer à certains amis politiques au Sénat”, Jean-Noël Cardoux promet que s’il est réélu, “ce sera la dernière fois“. Craint-il le “dégagisme ambiant” constaté aux législatives? En attendant une liste de REM en cours de constitution, Jean-Noël Cardoux répond, “je ne suis pas sûr que les candidatures connues à ce jour soient plus jeunes…”.

Muriel Sauvegrain croit à ses chances

Proche de Serge Grouard lors de ses mandatures comme maire d’Orléans, Muriel Sauvegrain n’a pas réussi à le convaincre de renoncer à son projet. A cette deuxième place “charnière”, l’adjointe en titre d’Olivier Carré et vice-présidente de la métropole ne va t-elle pas pâtir de ces concurrences? “Je crois à  mes chances, nous irons jusqu’au bout”, répond-elle.

Avec une coéquipière issue de la métropole orléanaise, Jean-Noël Cardoux, ancien maire de Sully puis conseiller général, affirme aussi, avec les deux autres candidats, du Pithiverais, et du Montargois, son ancrage rural. Dès lors, l’angle d’attaque est tout trouvé contre les projets en cours  du gouvernement sur la nouvelle baisse des dotations aux collectivités, “depuis 2012, 17 milliards de rabotés”, et sur la baisse du nombre d’élus, “si on veut supprimer les conseillers municipaux, on va bientôt porter atteinte aussi au bénévolat”. Privés de moyens directs, selon Jean-Noël Cardoux, “les maires vont devenir des fonctionnaires sous perfusion de l’Etat”. Voilà qui ira droit au coeur des maires ruraux, grands électeurs. 

Quant à la réforme sur la moralisation de la vie publique qui passe notamment par la suppression des emplois familiaux, Jean-Noël Cardoux dont la fille a travaillé comme assistante parlementaire ne nie pas qu’il “y a eu des abus”. La sienne a “beaucoup travaillé“, et pour le sénateur sortant qui a soutenu François Fillon jusqu’au bout et qui fut le président de son comité de soutien en Loiret,  “le seul critère devrait être le niveau de qualification et le contrôle du travail”.

Ch.B

 

 

 

 

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