Avec Gonzague Saint Bris, déshabillons l’histoire de France

L’été, temps des vacances, n’est-il pas la meilleure saison pour déshabiller l’histoire ? L’été propice aux amours, en autre en notre cœur de France où tant de châteaux, tant de sous-bois ont  été témoin d’amours célèbres dont certains ont influé le destin de notre pays.

Gonzague Saint Bris qu’on ne présente plus nous livre un digest très documenté de ce que l’on trouve sous les dessous de la pudibonderie.  Il s’est ‘intéressé de près aux histoires d’amour vécues par nos dirigeants à toutes les époques et rapporte  ses découvertes dans un ouvrage qui peut nourrir bien des conversations.

Des Gaulois très Gaulois

Aucune époque n’est oubliée. Comme il se doit les Gaulois et les Gauloises ouvrent le bal des amours. Qu’ils soient Carnutes, Arvernes, Bituriges ou Séquanes, nos ancêtres d’alors ne reculaient, semble-t-il, ni devant l’adultère, ni devant l’homosexualité, ni devant la bissexualité, les trois  étant tolérés. Une même liberté est de règle sous les Mérovingiens et les Carolingiens. Charlemagne mourut-il en 814 dans les bras de Gerswinde, la princesse saxonne de quarante ans sa cadette qu’il avait épousé en 808 ? Certains chroniqueurs l’ont suggéré.

Lire un extrait

Ce coquin de Louis XI

Le Moyen-Age qui  s’étend sur cinq siècles commence dans la même liberté. Henri I et Philippe Auguste imposent la dame de leur cœur, en font des reines ce qui ne les empêchent pas de trousser la gueuse à l’occasion. Tout change au détour de l’an 1000 alors que l’église augmente sa puissance et sa main mise sur la société. Hors la procréation point d’accouplement légitime et le célibat est  alors imposé aux prêtres  ce qui n’empêche pas la docte institution d’exploiter bon nombre de bordels parisiens. Profit quand tu nous tiens ! Qu’à cela ne tienne, les grands du royaume s’octroient quelques libertés. Au fil des pages on découvre la paillardise de l’austère Louis XI et les amours de Charles VII avec Agnès Sorel.

 

A la  Renaissance, comme son nom l’indique on  ressuscite le passé et donc ouvertement l’amour. Avec François Ier l’érotisme des Valois s’impose à Blois, à Chambord, triomphe sous Henri III. Henri IV qui ouvre l’ère Bourbon  dut à son cœur d’artichaut et pas que… le surnom de Vert-Galant. 

La libido de Jean de La Fontaine

Un chapitre tout entier est consacré à Louis XIV. « La vie sexuelle du soleil » l’imposait. C’est sous son règne que Jean de La Fontaine rédigea ses « Contes et Nouvelles » que l’on n’étudie pas à l’école élémentaire. « Il y laisse libre cours à sa libido entre jeunes-filles délurés, maris trompés, courtisanes volages et séducteurs professionnels, dissertant à l’infini sur le sexe qui tint une grande place dans sa vie ».

Faire l’amour en tous temps

La Révolution introduit le divorce dans les mœurs. Il est aussitôt adopté mais la Terreur,  envoyant beaucoup de gens en prison, de  multiples histoires d’amour s’y développent et il arrive qu’on copule joyeusement, entre autre  dans l’espoir de tomber enceinte car on ne guillotine pas les femmes dans cet état.

Gonzague Saint-bris.

Mais, l’amour n’est pas toujours joyeux ce qui conduit souvent au romantisme. Aussi Beaumarchais qui s’y connaissait en galanteries conseillait-il à ses contemporains de « Boire sans soif et faire l’amour en tous temps, madame, il n’y a que çà qui nous distingue des autres bêtes ».   

C’est sans doute ce conseil et  quelques praticiens célèbres des techniques de l’amour qui  donna naissance à l’élogieuse expression de « galanterie à la française », un compliment dont notre pays continue à s’enorgueillir et qui contribue à sa bonne réputation mondiale.

Gonzague Saint Bris, après Vinci l’homme du Clos Lucé, s’est amusé  à trousser les jupons de notre histoire. Il en résulte un livre savoureux dans lequel tout n’est pas à prendre à la lettre, loin s’en faut, car, qui peut dire avec exactitude ce qui se passe dans les alcôves fussent-elles royales ou hautement républicaine ? Il n’empêche, parée d’une plume truculente et volontiers légère cette France déshabillée s’offre  délicieusement à notre été.Effeuillons-la.

Françoise Cariès.

Déshabillons l’Histoire de France
Gonzague Saint Bris
Xo éditions, 302 pages  19,90 euros






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