Orléans: la gauche refuse la “privatisation” des lieux publics seulement pour les entreprises

L’opposition de gauche à la majorité municipale d’Olivier Carré, s’insurge contre la “privatisation” de lieux publics à l’occasion de réceptions et d’événements d’entreprises. Ainsi des sites publics comme le Jardin de l’évêché derrière la cathédrale, le Jardin des Plantes et sa serre réputée, et tout dernièrement la splendide terrasse du Lab’O d’où la vue sur la Loire et le coeur d’Orléans est imprenable.

La serre du Jardin des plantes privatisée lors d’une réception de l’Open de tennis.

Corinne Leveleux-Teixeira (PS) ne nie pas que le rayonnement d’Orléans et son développement économique, l’un des axes majeurs de la politique métropolitaine méritent la privatisation ponctuelle de ces sites pour des manifestations de “prestige”.  “Il apparaît pleinement légitime qu’une partie des dépenses publiques soit affectée en priorité à la promotion de notre territoire mais aussi à la mise à disposition d’espaces « réceptifs » de prestige, aptes à séduire de nombreux partenaires économiques, à favoriser les échanges et à faire émerger des projets innovants. Tout cela est bon, souhaitable et pertinent, surtout dans le contexte actuel de morosité et d’incertitude.”. Mais, demande t-elle, pourquoi en priver (!) les particuliers de la métropole qui par leurs impôts ont participé à la rénovation et à la mise en valeur de ces sites remarquables.

Olivier Carré, maire d’Orléans dans la serre du Jardin des Plantes

“Pourquoi faut-il alors dès lors ce qui est réalisé au plus grand bénéfice des uns (les entreprises) le soit à l’exclusion des autres (les particuliers) ? En quoi ce nouvel entre- soi du monde économique est-il facteur de développement et d’innovation ? Qu’est ce que cette vision qui sanctuarise les bénéfices escomptés de soirées privées « business » et refuse d’accueillir les fêtes de famille des  simples contribuables ? demande l’élue.

Le Lab’O, un projet de l’opposition à l’origine

Et Corinne Leveleux-Teixera de rappeler la genèse du Lab’O, “ sauvé de haute lutte des engins de démolition, avait été porté, lors des élections municipales de 2014, par la liste PS/EELV/PRG. Il s’inscrivait dans l’idée d’un écosystème ouvert, informel et transversal, où les start-ups auraient côtoyé les acteurs associatifs, les créatifs, les designers, les citoyens désireux de s’impliquer dans des projets communs ou des forums participatifs. Un peu à l’image de ce qui s’est fait à Bordeaux, autour du Darwin Camp, qui se positionne explicitement entre « friche urbaine rénovée », « laboratoire de transitions », « alternatives citoyennes » et « « écosystème écolo ».

Famar

Sur le dite Famar

En fait le Lab’ O est devenu un espace fermé, “un espace réservé aux seules start-ups. Une terrasse superbe, mais privatisée pour le plus grand bonheur des seuls usagers du Lab’O, un monde fermé pour happy few où les riverains et les citoyens de base ne sont pas sensés entrer… En quoi est-ce innovant ? N’est-ce pas au contraire la reconduction des codes archaïques et des vieux clubs pour riches de l’ancien monde ?”.

“Dans le monde entier, de New-York à Istanbul, ces terrasses en surplomb sont devenues un argument de vente pour les villes qui les hébergent, alliant convivialité chic, designs multiculturels et restauration qualitative. Pourquoi ne pas faire de même à Orléans ? Pourquoi ne pas rendre aux habitants de la métropole les espaces et les immeubles qui sont les leurs ?”

Et l’Hotel Dupanloup…?

Et Corinne Leveleux-Teixera de demander au maire d’Orléans et à sa majorité qui soit dit en passant comprend des socialistes à la Métropole: “ouvrons le Lab’O ! Ne sacrifions pas tout au business ! Oui à la métropole ! Mais à la métropole pour tous !”.

Corinne Leveleux-Teixeira, professeur à la fac de droit dans le civil, a oublié dans son inventaire l’ancienne bibliothèque Dupanloup qui n’est occupée que par quelques services administratifs de l’Université à travers le Studium, à destination d’une poignée de chercheurs étrangers. Sauf à l’occasion de quelques conférences élitistes et des journées des Voix d’Orléans, le grand public n’y a pas accès. La restauration de l’ancienne bibliothèque, mobilier design de luxe compris, aura tout de même coûté onze (voire 13) millions  d’euros au contribuable…

 

Commentaires

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  1. De la même façon, les orléanais ne savent plus comment bénéficier des terrasses des deux bateaux à quai au Chatelais. Pourtant ils occupent un lieu privilégié et donnent une vue magnifique sur la Loire pour les autochtones, leurs familles et les touristes que soit disant l’on veut choier. Ces bateaux devraient redevenir accessible à tous en permanence. L’Inex à coûté suffisamment cher aux orléanais!

  2. remarque pertinente sur l’ancienne bibliothèque Dupanloup, d’autant plus que dans le même temps, les charges annuelles coûtent une fortune (par exemple l’éclairage nocturne de la cour), et sont supportées par l’Université, suite à un accord entre l’ancien président et l’ancien maire (que j’avais contesté quand j’étais conseiller municipal).
    Et aujourd’hui chacun sait ce qu’il en est du budget de l’Université…

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