Orléans : un ministre s’accroche aux branches

Benjamin Griveaux, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances était en visite à la base de loisirs Charlemagne d’Orléans. En pleine trêve estivale, à l’heure où de nombreux Orléanais ne partent pas forcément en vacances, il accompagnait les agents d’inspection de la DGCCRF. Surveillance de la plage, accrobranche, aire de jeux pour les enfants et boissons fraîches au food-truck au programme du ministre, qui a pris son temps à deux jours des vacances du gouvernement.


Température de l’air 28°, dans l’eau 22°. Malgré l’absence de coquillages et de crustacés, la plage de la base de loisirs métropolitaine Charlemagne est bien remplie. Des touristes étrangers en visite dans l’Orléanais, mais aussi de nombreux habitants venus profiter en famille de ce poumon vert à quelques hectomètres du centre-ville, au bord de la Loire à Saint-Jean-le-Blanc. Le secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances Benjamin Griveaux, très proche d’Emmanuel Macron, descend de voiture en costume cravate. Une tenue correcte mais peu adaptée à la plage ou à la pratique de l’accrobranche, que celui-ci visite accompagné des moniteurs et de Soufiane Sankhon, adjoint au maire d’Orléans aux sports. Car Benjamin Griveaux n’est pas venu seul : il accompagne les agents de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation, et de la répression des fraudes) chargé de contrôler les installations, mises à rude épreuve et dont la sécurité se doit d’être maximum. « Le ministre de l’Économie et des Finances n’est pas éloigné des préoccupations quotidiennes des Français », dira-t-il à l’issue de ce tour d’horizon d’une heure et demie. Trop rapide ? « Je ne suis pas sûr que mes prédécesseurs aient passé autant de temps avec leurs agents », répond-il.

Accompagner plutôt que sanctionner

Sports nautiques, aires de jeux pour les enfants, respect de la chaîne du froid, sécurité des installations de l’accrobranche et paintball Léo Parc Aventure se laisse guider par Estelle Ridira Rydzynski, adjointe au chef de service de la Protection physique et économique du consommateur. « Nous effectuons des contrôles approfondis des aires de jeux et de toutes les installations. Nous ne testons pas, mais veillons que l’entretien soit correct », explique-t-elle au ministre bourguignon, lui-même père de deux jeunes enfants, et selon son propre aveux fréquentant ce type de loisirs : « J’ai fait un parcours accrobranche il y a trois semaines avec mon fils ». L’objectif des agents de la DGCCRF n’est pas de sanctionner pour le plaisir de sanctionner, mais plutôt de faire de la pédagogie, d’accompagner le développement de l’activité. « Bien entendu il nous arrive de demander une fermeture si le constat est trop négatif, par arrêté préfectoral », poursuit Estelle Ridira Rydzynski.

Une vingtaine d’emplois à la base de loisirs Charlemagne

55.000 à 56.000 inspections sont ainsi menées chaque année, par des inspecteurs dont on subodore souvent qu’ils sont trop peu nombreux. Selon Benjamin Griveaux, « oui, il y a assez d’inspecteurs ». Il en a rencontré à son arrivée à Orléans, à la DIRECCTE (Direction générale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), pour évoquer avec eux « la mutualisation de leurs services, qu’ils ont subi, pour être à leur écoute ». Avec les contrevenants, il évoque lui aussi la pédagogie, « l’objectif n’est pas de fermer arbitrairement des secteurs qui par ailleurs emploient beaucoup en période estivale ». Rien qu’à la base de Loisirs Charlemagne, une vingtaine de personnes y est actuellement employée. Entre 200.000 et 250.000 personnes par an viennent y goûter les joies des loisirs nautiques et aériens. 

F.Sabourin.

Le secrétaire d’État est venu en… bus Macron

Benjamin-Blaise Griveaux l’a répété plusieurs fois pour qu’on l’entende bien : il est venu à Orléans en « bus Macron ». Ce très proche du Président de la République, porte-parole du mouvement En Marche ! jusqu’en juin dernier, a voyagé en « une heure et demie, pour 5,40 euros » très précisément. Avec un des fameux bus à bas coût, instauré par son mentor lorsqu’il était… ministre de l’Économie et des Finances, dans la fameuse loi de modernisation de l’économie qui porte son nom. « Avant les bus Macron, 150.000 personnes voyageaient en bus. Ils sont maintenant 4 millions. Ce sont autant de personnes qui ne voyageaient pas auparavant » se réjouit-il.
Une « exemplarité » recherchée qui s’accompagne d’une tournée à la base de loisirs Charlemagne détendue, souriante, n’hésitant pas à aller au devant des plagistes et touristes attablés sous des parasols, bien qu’ils aient été un peu interloqués ne sachant pas encore très bien qui était cet homme en costume sombre entouré de photographes et d’une caméra de BFMTV… Il a même offert lui-même les boissons fraîches à l’adjoint municipal, aux députés et personnels de la DIRECCTE et DGCCRF présents à la visite. Avant de repartir pour Paris par le train intercité de 18h27. L’histoire nous dira si cette « République exemplaire », cette « politique autrement » s’accompagnent d’effets, et surtout si elle tient dans la durée. D’autres s’y sont essayés, avec des résultats pour le moins mitigés…

Commentaires

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  1. Benjamin Griveaux a vanté les cars Macron en faisant croire que tout était simple et pas cher. (Jj’ai payé 5 euros” !). Sur certaines lignes comme Orléans-Clermont, le car a supplanté le train trop délaissé (deux changements pour 300 km) mais sur la ligne Paris-Orléans l’avantage est limité voire nul. C’est plus long et le car vous laisse à La Chapelle Saint-Mesmin. Il faut prendre le tram (le Secrétaire d’Etat l’a t-il pris ?) puis le bus pour aller jusqu’à l’ile Charlemagne. Benjamin Griveaux a déclaré que le car Macron c’était mieux que le train avant… de prendre le train qui évite les embouteillages à l’entrée de Paris même au mois d’août. Un très bon réseau de trains serait évidemment plus intéressant et plus écologique qu’un réseau de cars, Macron ou pas.

  2. Ah les bus Macron, avec l’accueil musclé des policiers en civil, à l’arrêt situé à côté du magasin Bricorama et de la station Libération de la ligne A du tram. Un moyen de transport très prisé des clandestins et des passeurs de drogue. Et très peu cher financièrement, mais qui peut coûter quelqus mois de prison.

    Plutôt que la visite “publicitaire” du sous-ministre, on retiendra l’adresse du site de la DGCCRF : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/contacts
    dont le numéro de téléphone raccourci le 3939 est payant.

    Elle est représentée en Région Centre-Val-de-Loire par la Directte :
    http://centre-val-de-loire.direccte.gouv.fr/Concurrence-et-consommation
    02 38 72 79 10 (standard) appel non surtaxé.

  3. Il aurait pu venir aussi avec Bla Bla Car et repartir à vélo, en costume cravate à l’ancienne.
    Avec Macron tous les possibles sont ouverts.
    On sait que la société ouverte a beaucoup d’ennemis: les grincheux d’abord qui attendent que Macron “prenne une gamelle” pour se réjouir sur le dos de la politique.

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