Bourré (41) : La magnanerie est un vrai cocon

On trouve de tout dans une cave troglodyte creusée dans la pierre de tuffeau. Même des bombyx du mûrier, célèbres pour leur production de fil de soie. Laurent Masquelier ouvre les portes d’un univers insolite niché au pied de la falaise, à Bourré, près de Montrichard, au bord du Cher.


Bien qu’invisible depuis la route en contrebas, la Magnanerie de Laurent Masquelier possède la meilleure exposition et la meilleure vue qui soit : plein sud, avec vue plongeante sur le Cher. « Quand je suis venu ici la première fois en repérage d’un voyage que j’organisais, j’ai eu le coup de foudre ! » dit-il en nous ouvrant bien grandes les portes de ce lieu insolite et charmant au possible. Ancienne ferme creusée dans la pierre de Bourré – la « Rolls » en matière de tuffeau – la Magnanerie est avant tout un lieu habité. « Le site est très sain, il y a très peu d’humidité contrairement à ce qu’on imagine en arrivant » ajoute l’hôte des lieux qui avoue faire les visites en sabots, pas mécontent des surprises qu’il réserve à ses visiteurs. Le circuit commence par son propre appartement, niché dans la roche et meublé avec soin, où règne une atmosphère de cocon chaleureux. « J’habitais dans un loft à Bruxelles, six mètres de plafond. Ici : un peu plus de deux mètres, il y a de quoi être surpris de prime abord. C’est une ambiance de nid douillet. »

Le bombyx du mûrier : totalement dépendant de l’homme, depuis 5.000 ans

Un cocon ? Bonne idée pour une magnanerie, mot originaire du sud-est de la France pour désigner le lieu où l’on cultive… des vers à soie. Le fameux bombyx du mûrier, capable de produire un kilomètre de fil de soie en… trois jours. Mais gare à ceux qui penseraient que la sériciculture se fait toute seule ! « Le bombyx du mûrier ne vole pas, ne mange pas seul : il est totalement dépendant de l’homme, depuis 5.000 ans » précise Laurent, qui passe six mois d’avril à fin octobre à nourrir ses vers à soie, avec les feuilles de mûriers qui poussent dans son jardin. « Les anciens propriétaires avaient abandonné l’activité, je l’ai ressuscitée. Les gens viennent ici pour le troglo, et pour les vers à soie, une vraie découverte ».

Un savoir-faire transmis de génération en génération

Petit retour dans l’histoire : c’est le roi Louis XI qui choisit, après Lyon, d’implanter la première manufacture royale de soie à Tours en 1470. La présence de la cour en Val de Loire contribue grandement à son essor. Un siècle après, les soieries font travailler la moitié de la population. La concurrence de Lyon et les guerres de religions vont affaiblir l’activité en Touraine. C’est à partir de 1830 et la généralisation du métier Jacquard que les soieries tourangelles vont connaître un renouveau. En 1853, 28 millions de kilos de cocons étaient produits en France. Aujourd’hui, à Tours, la maison Roze subsiste encore et compte même parmi les meilleures soieries du monde, grâce à un savoir-faire d’exception transmis de génération en génération.

F.Sabourin.

  www.magnanerie-troglo.fr. 4, Chemin de la Croix-Bardin 41400 Bourré. 02.54.75.50.79. info@magnanerie-troglo.fr. Facebook : lamagnanerietroglo.

 

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  1. Lieu très intéressant d’un point de vue pédagogique et touristique.Je suis allé le visiter dans le courant du mois d’avril..

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