L’Ontario, le pays des mille lacs

Blue Mountain

 « Alerte, la terre est polluée ! Il faut absolument faire quelque chose ! ». Du haut de l’espace, Thomas Pesquet pousse ce cri d’alarme. La terre polluée ? Oui certes, mais pas partout, et il est encore des contrées préservées où il fait bon vivre au milieu de la nature, des lacs, des montagnes et des forêts.

Au Canada par exemple, et même plus précisément dans la région de l’Ontario, où l’Office du Tourisme, en la personne de  Diane Helsinki, m’invite avec quelques autres journalistes.

Après un voyage sur Air Canada, où le commandant de bord ne manque pas de nous souhaiter « une belle envolée », et un atterrissage réussi( ouf), à Toronto, Diane nous presse : « Dépêchez de monter dans « le char », nous partons pour Collingwood/Blue Mountain ».

Bien que la Montagne Bleue (ainsi nommée parce que la terre y est bleue) ne soit située qu’à une heure de voiture à  l’ouest de Toronto, nous attendrons le lendemain pour découvrir l’un des plus beaux endroits de la région : les Scenic Caves, un site désigné par l’Unesco comme réserve de Biosphère.

Ces grottes et cavernes de Collingwood, autrefois sous marines, et formées de pierres sculptées par le mouvement des glaciers durant des millions d’années, se trouvent  sur la partie la plus élevée de l’Escarpement du Niagara, au-dessus de la baie,  sur Blue Mountain.

Autrefois les Hurons, qui cultivaient la terre et chassaient dans la région, se servaient de ces formations rocheuses comme d’une forteresse pour se protéger de leurs ennemis alentour. Ils vénéraient d’ailleurs particulièrement  l’un de ces rochers « Ekarenniondi », dont ils avaient fait l’un de leurs lieux de culte où Osctorach, le perceur de tête, extirpait les cerveaux des indiens morts afin qu’ils ne puissent se souvenir, lors de leur future incarnation, de leur existence précédente et des êtres qu’ils laissaient derrière eux. Ce qui en soi était plutôt une bonne chose pour leurs ennemis, la vengeance étant un plat qui se mange froid…

Et même très froid dans ces grottes, où l’on se gèle un peu à l’abri du soleil, et où il est préférable de descendre prudemment, tant elles glissent et sont étroites ( 36 centimètres par endroits) qu’il vaut mieux avoir digéré avant de s’y engager ! Mais le spectacle en vaut la peine avec ses parois sur lesquelles on peut discerner des signes amérindiens et même un profil  qui ressemble assez à celui de Georges Washington. 

De retour à la surface de la terre  et pour se réchauffer, rien de tel que les battements de cœur que nous offre la tyrolienne double de « l’Oiseau- Tonnerre »  quand nous nous élançons du haut des 50 mètres de sa tour. Longue de près d’1 km, c’est la plus grande tyrolienne double du Canada,  d’où la vue est impressionnante sur la Baie Georgienne.

Tout aussi impressionnante, la ballade sur le pont suspendu, qui  s’allonge à plus  de  300 mètres au-dessus de la dite Baie et d’où l’on peut apercevoir la Montagne Bleue vers Collingwood.

Petits battements de cœur encore en glissant à grande vitesse avec  la luge sur rails, qui fait partie des activités proposées sur place.

Le Fathom Five Marine National Park

Après une bonne nuit pour se remettre sur pieds, nous partons visiter le parc marin national Fathom Five, en embarquant sur la Blue Heron Cruise Company, le bateau traversier qui  sillonne les eaux du lac Huron et de la baie Georgienne.

Situé à l’extrémité de la péninsule Bruce, les eaux limpides du Parc National, ses épaves et ses fonds rocheux en font un des hauts lieux de la plongée. Il regroupe une vingtaine d’îles, qui sont en fait les dernières pointes de l’escarpement du Niagara, dont la fameuse île Flowerpot (île pot de fleur) connue pour ses deux grands champignons rocheux, aux formes inusitées, masses calcaires sculptées par les vagues au fil des siècles.

On peut aussi y apercevoir les épaves des navires qui ont fait naufrage dans les eaux traîtresses du lac Huron, à la fin du 19 ème et au début du 20 ème siècle. Car il faut faire attention : au Canada les lacs peuvent vite devenir dangereux quand le vent souffle en tempête.

Manitoulin

Il nous faut ensuite prendre le ferry pour rejoindre l’île de Manitoulin qui sépare les eaux du lac Huron de celles de la  baie Georgienne.

C’est la plus grande île lacustre au monde avec ses 1600 kms de littoral et ses 110 lacs. Habitée par des communautés indiennes (un tiers de ses habitants est amérindien) outaouaises, pot-tawatomies, et ojibways, qui se mêlèrent aux Européens, l’île doit son nom à une légende autochtone selon laquelle cette terre serait celle du grand esprit :Gitchi Manitou.

Le Great Spirit Circle Trail nous permet d’en apprendre davantage sur les coutumes et le savoir des indiens. A M’Chigeeng , nous suivons l’un d’entre eux à travers la forêt,  à la recherche des plantes dont il nous livre tous les secrets. Fi des antibiotiques, chaque pousse, chaque herbe  semble être un remède capable de soulager tous les maux du monde. L’indien possède un savoir transmis par ses ancêtres et il ne l’oublie pas.

D’ailleurs un regain de traditions se fait sentir aujourd’hui, et s’il fut un temps où les blancs cherchaient à les occidentaliser au prix de l’abandon de leurs langues et de leurs coutumes, les communautés indiennes reviennent, aujourd’hui plus que jamais, à tout ce qui a fait leur spécificité. C’est ainsi que dans les écoles qui sont mixtes désormais, et souvent en langue autochtone, la tradition est enseignée aux petits indiens dès leur plus jeune âge.

Nous avons alors droit à la cérémonie de purification, (on devait sans doute en avoir besoin !) au cours de laquelle notre guide indien se met en devoir de nous purifier les cinq sens en nous envoyant la fumée, des herbes qu’il fait brûler, sur le corps, les yeux, le cœur, le visage. Ainsi propres spirituellement, nous pouvons suivre la cérémonie du tambour, et le spectacle des danses, message gestuel de leurs vies, sortes de prières sacrées.

Tout près de là se trouve la fondation Culturelle Ojibway, fondé en 1968, et créée au départ pour apprendre la culture traditionnelle aux autochtones. Aujourd’hui plus spécifiquement dédiée aux touristes, elle y enseigne leur savoir, y expose leurs vêtements, leur artisanat, et nous livre l’histoire de leurs clans. Il y en a une multitude, quarante neuf, dont chacun porte le nom d’un animal différent, tel celui de notre guide, qui fait partie du clan des loups, et dont le devoir est de veiller sur les siens et d’être fidèle, semblable en cela à la bête dont il porte le nom. Car, dit-on, le nom du clan influe sur le caractère…

Les clans se retrouvent chaque année pour un grand rassemblement.

A la fois animistes et catholiques, profondément croyants, il prient dans leur église de l’Immaculée Conception, en indien « K’Chitwa Maanii Gaing », dont le décor est un amalgame entre la religion et leurs coutumes. Ainsi le vêtement du prêtre est en peau et porte des franges, tandis que sur l’autel, et devant la Bible, s’étend un tapis décoré de deux calumets encadrant un oiseau, et que le portrait de deux saints indiens s’affiche sur un mur ! C’est ce qu’on appelle le syncrétisme, à défaut d’un saint Chrétisme…

Nous aimerions y rester davantage, tant cet endroit est dépaysant, mais il nous faut poursuivre notre chemin. C’est d’ailleurs à cette occasion que nous remarquons  que les chantiers, le long des voies routières, sont surtout tenus par des femmes !

Killarney

C’est au village de Killarney que nous nous rendons, encore peuplé aujourd’hui en grande partie par les descendants des premiers colons. Fondé en 1820 par Etienne Robert de la Morandière, accompagné de sa femme Josephte Sai sai go no Kwe (ce qui signifie « femme de la neige qui tombe »), il est  situé à 10 km à peine du Parc.

Ce qui permet de rejoindre rapidement le lac George où ballades en bateau et canoë nous fera glisser entre les falaises montagneuses et les forêts de bouleaux et de pins. La vue est sublime, tout comme les maisons nichées dans la végétation dont le prix, excusez du peu, grimpe jusqu’à 7 millions de dollars canadiens !

L’Ontario, une contrée magnifique sur laquelle on aimerait s’épancher davantage. Mais le compte à rebours est déjà commencé et  il est temps pour nous de repartir. Nous ne chercherons pas de « chicanes » à notre accompagnatrice, en traînant les pieds, et reprendrons l’avion, déjà nostalgiques du pays.

Marie Lincourt.

Où dormir

à Blue Mountain

Au Westin House
220 Gord Canning Drive
Blue Mountain , Ontario L9Y OV9
www.westinbluemountain.com
Tel : 705-443-8088

A Tobermory 

Tobermory Princess Hotel
34 Bay Street South
Tobermory, ON N0H 2R0
www.tobermoryprincesshotel.com

A Manitoulin 

Manitoulin Hotel et conférence
66, Meredith Street
little Current ,On
Tel : 1-705-368-9966
www.manitoulinhotel.com

A Killarney

Killarney Mountain Lodge
Tel :705-287-2242
www.killarney.com
email :sales@killarney.com

A voir

-Blue Mountain
www.westinbluemountain.com

-Scenic Caves
260 Scenic Caves
TEL :1-705-446-0256
www.sceniccaves.com

-Festivals de musique à Blue Mountains pendant l’été chaque week-end.

-Festival annuel d’épouvantails le 22 septembre.

A faire 

Blue Heron Boat Company
www.blueheronco.com

-Great spirit Circle Trail
Tel :1-877-710-3211
www.circletrail.com

-Du canoe à Killarney

Killarney Outfitters
www.killarneyoutfitters.com
email :paddle@killarneyoutfitters.com
www.ontariotravel.net/paddle

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