La centrale de Belleville-sur-Loire (Cher) placée sous surveillance renforcée

L’ASN (l’Autorité de sûreté nucléaire assure, au nom de l’État, la réglementation et le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour protéger le public, les patients, les travailleurs et l’environnement. Elle informe les citoyens.) a annoncé ce matin, mercredi 13 septembre, qu’elle venait de « placer sous surveillance renforcée la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) après avoir constaté une dégradation du niveau de sûreté du site depuis 2016. »

Le site de la centrale s’étend sur 170 hectares en bord de Loire. Il est implanté sur le territoire des communes de Belleville-sur-Loire et de Sury-près-Léré. La centrale, puissance nominative de 2600 mégawatts, annonçait avoir produit 16,7 milliards de kilowattheure l’an passé.
Sur sa page Internet, et par un communiqué, l’ASN explique avoir été alertée à la suite d’une augmentation du nombre d’incidents significatifs enregistrés, sur le site l’année dernière. Ainsi que par une réponse jugée « insuffisante » de l’exploitant EDF.
L’ASN aurait enregistré 8 événements « significatifs » classés au niveau 1 de l’échelle INES qui s’échelonnent en progression de 0 à 7. Le niveau 1 des installations de l’Hexagone comprend, jusqu’à aujourd’hui, des anomalies de sorties du  régime de fonctionnement autorisé des installations, de l’utilisation anormale de sources radioactives ou du déroulement anormal de  transports en raison de défaillances de matériel, d’erreurs humaines, d’insuffisances dans l’application des procédures ou de vol de densimètre.  Une centaine environ d’événements sont  répertoriés chaque année à ce niveau. Quant au niveau 7, c’est le stade où sont intégrés l’explosion des  réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi  au Japon, ou l’explosion du réacteur 4 de la centrale nucléaire de  Tchernobyl (Ukraine).
Par ailleurs, l’ASN a également relevé plusieurs défaillances de l’exploitant dans l’identification et l’analyse des conséquences des anomalies affectant certains équipements importants pour la sûreté par exemple l’état apparent dégradé de certains matériels, « ne permettant pas de garantir leur bon fonctionnement en l’absence d’analyse supplémentaire » selon l’agence. Elle a noté une dégradation dans la qualité des réponses qui lui sont fournies, ainsi « qu’une réactivité insuffisante de l’exploitant »

Inspection renforcée en avril dernier

L’ASN: les “gendarmes du nucléaire” en 2016.

L’ASN a conduit, avec l’appui de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) qui effectue des recherches et des expertises sur les risques liés à la radioactivité, une inspection renforcée les 4 et 5 avril derniers. Elle avait pour objectif « de contrôler l’organisation mise en œuvre par le  site pour répondre aux exigences réglementaires associées au traitement des écarts. »
Afin d’évaluer la qualité de l’organisation de l’exploitant pour la détection et le traitement des anomalies pouvant affecter les matériels importants pour la sûreté, les inspecteurs ont donc été diligentés durant ces deux jours. Temps suffisant pour révéler, au préambule de 18 pages de documents annexes, que « des carences dans la mise en œuvre de l’organisation définie par l’exploitant pour la surveillance et l’entretien de ses installations » sont apparues.
Par exemple, la délégation a constaté plusieurs « dégradations significatives susceptibles d’affecter le fonctionnement du système d’alimentation secouru des générateurs de  vapeurs, des groupes électrogènes de secours et de la turbine à combustion d’ultime secours » ?. Rien de catastrophique pour une centrale qui a fêté, cette année, le trentième anniversaire de la mise en service de l’unité 1. En ce qui concerne la tranche 2, elle a été reliée au réseau en 1988…
A l’issue de cette visite, et des divers constats effectués sur place, le directeur de la centrale de Belleville, Jean-Marie Boursier, a été convoqué par le directeur général de l’ASN la semaine dernière, le 7 septembre, afin de lui présenter son plan d’action. Un certain nombre de demandes de remises à niveau ont été listées.
Il en résulte que « les dispositions de mise sous surveillance renforcée décidées par l’ASN se traduiront notamment par des contrôles supplémentaires et par une attention particulière portée à la mise en œuvre des ajustements nécessaires en matière d’organisation. L’ASN contrôlera régulièrement l’efficacité du plan                                                                                          d’action déployé par EDF. »
L’alerte est certes significative mais la situation n’est pas irréversible.La preuve en est : une « inspection de contrôle permettant de faire le bilan des dispositions spécifiquement prises par la centrale de Belleville à la suite de l’inspection d’avril 2017 sera menée en 2018 » assure l’ASN.
EDF a donc un an pour remettre les choses en ordre …

Fabrice Simoes

Commentaires

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  1. Quand on sait que l’ASN s’apprête à laisser EDF finir la construction de l’EPR à Flamanville avec une cuve présentant des défauts constatés par la même ASN dans la qualité du métal utilisé (achèteriez vous une cocotte minute dont la cuve ne serait pas fiable?) on est en droit d’exiger la fermeture de cette “installation” -qu’il faudrait mieux qualifier de bidouillage- mais comme d’habitude et comme ailleurs pour le nukléaire ce qui prime ce n’est pas la sécurité mais le fric, .

  2. Le nucléaire cela craint déjà, mais vous parlez de “bidouillage”, maintenant, j’ai le trouillomètre à zéro ! Vous êtes vraiment sûr de vos infos ?

  3. Et pendant ce temps là, il y a aussi des gens, convaincus que le nucléaire est à la fois vraiment risqué et beaucoup trop couteux , qui réfléchissent sérieusement à des alternatives et à un “mix énergétique” différent. La version régionale du scénario “100% renouvelables en 2050” existe, et elle a même été présentée officiellement dans l’hémicycle du conseil régional en Juin dernier… peut être bien que cela intéresserait aussi les lecteurs de Mag’centre, les alternatives ?

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