Le durable s’amarre au Festival de Loire

Sensibilisation aux déchets, tri sélectif, gobelets consignés, accessibilité aux personnes à mobilité réduite, éco-navigation… Le développement durable tente une percée dans le sillage des mariniers. Un ancrage ferme mais encore en demi-teinte.

Actif depuis 2 ans sur Orléans, le collectif « Je Nettoie ma Loire » mène des opérations de nettoyage citoyennes un dimanche par mois.

« La nature n’est pas une poubelle, je suis écœurée ! ». En observant les vitrines de déchets sur le stand du collectif ‘Je Nettoie ma Loire’, Monique ne peut contenir sa colère. Randonneuse habituée des bords de Loire, elle enrage contre l’incivilité des gens et leur absence de prise de conscience : « Ça me fait peur ce comportement ! ». Pour sensibiliser le public aux monceaux de déchets récupérés en Loire et sur les berges et leur impact sur le milieu naturel, le collectif, que soutien la Mairie, interpelle avec ses vitrines de mégots, briquets, balles de tennis, verres et lingettes.

Nettoyage citoyen

« Notre discours n’est pas moralisateur, explique Maddy Amorim. Chacun peut perdre une tong. On est tous responsable. L’idée est de provoquer des prises de conscience, présenter nos opérations de nettoyage et donner envie à des groupes de citoyens de lancer ce genre d’initiative ». Outre la sensibilisation à l’impact dramatique des lingettes, le collectif propose aux fumeurs des ‘cendriers de Loire’ fait à partir de briques de lait ou de jus de fruits : « un mégot jeté dans la nature c’est 500 l d’eau polluée et 2 ans avant de disparaître ! »

Et aucune excuse ! La Ville a suffisamment mis de poubelles le long des quais : des poubelles pour le tri sélectif. Autre démarche durable initiée par la mairie : les gobelets consignés. 90.000 dont 15.000 à l’effigie du festival ! Ils sont vendus 1€ dans chaque débit de boissons : les festivaliers peuvent les garder en souvenir ou les rapporter en consigne, du coup ils ne sont pas à jeter !

Handicap : du roulis sur les pavés

À défaut de pouvoir approcher la grande armada de bateaux traditionnels, les enfants à handicap moteur de l’École des Capucins se sont contentés de maquettes autour d’une piscine.

Pour permettre à tous les publics de vivre l’événement, différents dispositifs ont été mis en place pour favoriser l’accessibilité aux personnes en situation de handicap : parking réservé sous le cinéma Place de la Loire, plan et programme du festival en braille et en écriture très grossie pour les malvoyants, 20 fauteuils roulant en accès gratuit au tout nouveau stand ‘Handicap’ installé pour la première fois sur le festival. « Une balade en Loire, encadrée par 7 jeunes d’Unicité, a aussi été offerte à 50 personnes en situation de handicap », explique Djamila Cheriet, chef de projet. Plus accessible pour les fauteuils roulants avec des pavés plus lisses, il est possible de rejoindre l’embarcadère de l’Inexplosible. Oui mais quand on est à l’autre bout du quai, à 400-500 m de là ? « L’accès jusqu’à l’eau tout au long des quais n’est pas possible, souligne Gilles Guyot, responsable du Groupe Relais de l’Association des Paralysés de France. C’est frustrant ! Autre problème les goulottes où passent les câbles dans les rues : on a du mal à les passer en fauteuil ! ».

Grimper au mât

Frustré, c’est aussi le sentiment ressenti par les enseignants de l’École des Capucins de St Jean-le-Blanc, école qui accueille des enfants avec handicap moteur de 5 à 12 ans. « On ne peut pas s’approcher de l’eau il n’y a pas de rampes d’accès, on ne peut ni descendre les escaliers ni rouler sur les pavés ! C’est dommage, il y a plein d’activités et d’animations que les enfants pourraient faire… Ah si, il y a une activité accessible sur le quai pour les enfants : c’est grimper au mât ! »…

Costumé comme à l’époque de La Fayette, Jean-Claude Spinger, chef canonier à bord de l’Hermione, est ici le capitaine de la chaloupe

Du coup, il faudra se contenter d’observer les bateaux de loin : des plus traditionnels comme ces toues, gabares et futreaux, aux plus innovants et écologiques comme le Basilik 2, bateau à panneaux solaires et moteur électrique, sans oublier les immanquables comme la chaloupe de l’Hermione, construite en bois de chêne et de pin d’Oregon, issus de forêts gérées durablement et dont l’entretien n’est fait qu’avec des produits naturels !

 Estelle Boutheloup

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