Blois : Enrico Letta ouvre les Rendez-vous de l’Économie sur l’avenir de l’Europe

Eurêka ! Inventer, découvrir, innover : les 20e Rendez-vous de l’Histoire de Blois ont démarré mercredi 4 octobre. Depuis trois ans désormais c’est l’économie qui ouvre le cycle de conférences, débats, tables rondes, cartes blanches, cycle cinéma, expositions, salon du livre, remise de prix bref : tout ce qui fait la richesse de ce rendez-vous blésois pour lequel environ 25.000 à 30.000 personnes vont converger afin de s’en mettre plein les oreilles et l’esprit (surtout !).

Enrico Letta, ancien ministre et président du Conseil italien, ancien député européen, Doyen de l’École des Affaires internationales de Sciences-Po Paris.

Quel avenir pour l’Europe ? C’était, en pleine tourmente catalane, et alors que le Brexit est encore dans toutes les têtes, la conférence-débat d’ouverture de ces Rendez-vous de l’Économie (1). Sur le plateau, animé par la journaliste du Monde Sylvie Kauffmann, l’ancien ministre et président du Conseil italien Enrico Letta, actuellement Doyen de l’École des Affaires internationales de Sciences-Po Paris. Il a plaidé pour que l’Europe soit plus un “espace démocratique que politique”. “Pour faire l’Europe de demain, il ne faut pas utiliser les raisons d’hier”, a-t-il déclaré. Appelant à miser sur l’investissement dans l’éducation, il voit dans le Brexit une occasion de faire voter les Européens sur les 73 postes de députés ainsi libérés. “On pourrait les élire à partir de listes vraiment européennes, au lieu de les répartir entre les 27. On verrait ainsi ce que les Européens ont dans l’estomac, et pas seulement des préoccupations domestiques”.

L’autre intervenant était Philippe Aghion, économiste et professeur au Collège de France et à la London School of Economics. Il a quant à lui fait l’apologie du modèle suédois, qui, ayant réformé, introduit plus de mobilité tout en préservant leur modèle social, innovent et récoltent le fruit de ces innovations, notamment en matière éducative mais pas seulement. “Ceux qui réforment, ça paie” a dit celui qui ne cache pas ses sympathies pour le réformateur Emmanuel Macron… “Pour être une économie d’innovation, il faut être une économie de la connaissance. En France, on discute trop des sujets annexes en matière éducative, comme les rythmes scolaires par exemple. L’université est pauvre est mal gouvernée. Ceux qui ont les meilleurs résultats Pisa, sont ceux qui ont la meilleure croissance”. Tout en appelant également à ce que les réformes “soient inclusives, en intégrant les faibles. Sans quoi, ils se sentent à juste titre laissés pour compte, et votent Mélenchon ou Le Pen”

F.Sabourin.

(1) sponsorisés par de nombreuses entreprises, qui avaient des places réservées pour leurs invités. Hélas, beaucoup sont restées vides…

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