Brabant – Berthommier : répliques picturales au théâtre d’Orléans

L’un emprunte silhouettes, formes et couleurs au théâtre japonais kabuki. L’autre aborde avec ses décoramas figuratifs le thème des migrants ou de la condition féminine. Après Cédrick Vannier en 2016, la Scène nationale d’Orléans accueille jusqu’au 22 octobre Guillaume Brabant et Philippe Berthommier à la Galerie du premier étage. 

Philippe Berthommier,

« Leur travail est le fruit d’une réflexion autour du théâtre », annonce Gil Bastide, commissaire de cette exposition avec Ludovic Bourreau. Pour cette deuxième étape au théâtre d’Orléans, Philippe Berthommier et Guillaume Brabant se donnent une réplique « picturale » sur un fond rouge théâtre.

Dans la tradition du kabuki

Diplômé de l’Ecole régionale supérieure des beaux-arts de Tours, Philippe Berthommier nous plonge au cœur des scènes japonaises du théâtre traditionnel kabuki. « À l’origine, au XVIe s., les représentations étaient faites par des prostituées. C’est un théâtre très graphique, très grimé, un lieu de transgression », explique l’artiste.

Au-delà des formes rondes, des silhouettes scéniques et des couleurs aussi prononcées que le maquillage typique du kabuki, Philippe Berthommier joue sur l’assemblage d’images multiples : « Le collage est intéressant, il permet à celui qui regarde de se retrouver autour des actions théâtrales ».

Un travail et une technique dont les étapes sont présentées dans un cabinet de dessins reconstitué sur le cheminement de l’exposition.

Guillaume Brabant

Masques et décoramas

Tout comme celui de Guillaume Brabant où se côtoie un tout autre univers, onirique et sombre, celui-là. « Je parle de ce qui me pénètre, me choque », souligne l’artiste qui vit et travaille à Orléans. Comme la condition de la femme, l’intégrisme ou encore les migrants. Le tout dans un style figuratif, très scénographique et cinématographique, noir, inspiré par les lectures et le cinéma de son enfance où, par un jeu de superposition de masque, les héros (Francis Bacon, David Lynch, John Wayne…) se posent en sauveur. Sur certains personnages, un rond étrange… « Vous vous rappelez quand on était jeune, les décalcomanies ? Et bien c’est ça, la trace du décalcomanie mal retiré ! Je travaille mes scènes comme un décorama : j’aime déraciner les personnages et les mettre dans un décor qui n’est pas le leur ».

Parallèlement, on découvrira aussi la série de fauteuils de Guillaume Brabant tout en noir et rouge : « Ce sont de vrais personnages, de vrais couples qui s’usent ou qui s’appuient l’un sur l’autre ! ».

À voir sans plus tarder.

Estelle Boutheloup

Scène nationale d’Orléans – Galerie du Théâtre

Jusqu’au 22 octobre du mardi au samedi de 14h à 19h et les soir de spectacles.






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