Orléans: les biennales ou l’art de redécouvrir la ville

La première édition de cette manifestation consacrée à l’architecture est l’occasion d’une balade urbaine au gré de plusieurs installations et expositions.

Les vinaigreries Dessaux.

Feu Archilab avait montré qu’Orléans –pourtant peu accueillante à l’architecture contemporaine dans ses bâtiments publics- pouvait s’ouvrir sur des champs jusqu’alors inexplorés. À la 1ère Biennale d’architecture d’Orléans qui a ouvert ses portes jusqu’au 1er avril 2018 c’est un véritable « feu d’artifice » proposé par les deux co-commissaires, Abdelkader Damani, par ailleurs directeur du

Lors du vernissage, Olivier Carré, Françoise Nyssen, François Bonneau et Abdelkader Damani.

FRAC et l’italien Luca Garofalo. Car au-delà du cœur de la manifestation –les Turbulences du FRAC-, la Biennale s’est ouverte sur d’autres lieux comme la rue des Halles, les parvis du théâtre, de la médiathèque et de la cathédrale (où a été dressée une installation de Claude Parent, une des pères de l’architecture contemporaine française), mais aussi rue Jeanne d’Arc, Saint-Pierre-le-Puellier ou les anciennes vinaigreries Dessaux (où l’on aurait apprécié une présentation des œuvres un peu plus développée). La Biennale s’est aussi déportée à Amilly près de Montargis en associant le centre d’art contemporain des Tanneries.

Rachetées par la ville en 1985, les anciennes vinaigreries sont restées en friche –sauf pour les squatteurs ou les graffeurs- depuis plus de trois décennies. La Biennale est donc l’occasion – à l’heure où la ville nourrit un projet culturel sur ce site- de rouvrir ses portes pour découvrir ses structures béton ou sa charpente de type Eiffel. C’est ici que des étudiants de l’école d’architecture de Nantes ont pris possession du lieu avec une création minimaliste et végétale.

Patrick Bouchain chez lui !

Patrick Bouchain.

Le cœur de la Biennale est bien sûr installé aux Turbulences où des œuvres de plusieurs dizaines d’artistes souvent étrangers sont proposées. Mais la place d’honneur revient à Patrick Bouchain, consacré comme l’un des plus grands architectes français, qui y présente de nombreuses œuvres, projets ou maquettes. Il est vrai que l’architecte est un peu chez lui au FRAC à qui il a légué tout son fonds avec 140 projets, 65 maquettes, 900 dessins. Un don qui est aussi une véritable reconnaissance pour le FRAC qui, depuis sa création sous la direction de Marie-Ange Brayer, s’est spécialisé dans l’architecture contemporaine. Patrick Bouchain, architecte engagé à gauche, auprès de Mitterrand et de Jack Lang (pour qui il a réalisé les projets de restructuration du centre historique de Blois quand Jack Lang en était le maire) a aussi une « relation de cœur » avec Orléans. C’est en effet dans cette ville qu’il a réalisé son premier projet lié à l’obtention de son diplôme, celui d’un- « centre culturel mobile » à La Source.

Une ministre de la culture et un architecte de renom.

L’Etat partenaire avec la Région et la ville, dans le FRAC a d’ailleurs apporté son onction à la Biennale avec la venue vendredi de Françoise Nyssen, la ministre de la Culture qui y lançait la nouvelle édition des journées nationales de l’architecture. Une bonne occasion pour tout ce que la classe politique locale regorge d’élus de tous bords de vanter la place d’Orléans et du FRAC dans l’identité de la ville et son rayonnement à l’extérieur. Certains rêvent même de voir certains bâtiments ( Médiathèque, salle Jean-Louis Barrault au Carré Saint-Vincent, Turbulences du FRAC, etc.) reconnus au titre du « patrimoine architectural français du 20ème siècle ». Une démarche que la ville veut appuyer en travaillant en partenariat avec le FRAC pour concevoir tous ses futurs grands projets : CO’Met, MOBE, vinaigrerie Dessaux, ancien hôpital, centre aqualudique, etc. En ce sens la Biennale peut être le début d’une nouvelle page de l’histoire architecturale orléanaise.

JJ Talpin

 

Commentaires

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  1. Il faut être un peu gonflé pour dire qu’Orléans est peu accueillante à l’architecture contemporaine dans ses bâtiments publics. c’est passer sous silence les médiathèques, le pont de l’Europe, l’horrible FRAC, sans oublier l’audacieuse reconstruction d’après-guerre. Et les archit. gauchisants qui rêvent de tout démolir pour nous imposer leurs “créations” devraient se promener en ville pour voir que tous les siècles ont apporté leur touche après les destructions dues aux conflits quand ce n’est pas après celles voulues par les orléanais, car comme j’aime à dire :ce que les Prussiens , les Alliés, les nazis n’ont pas démoli, les Orléanais l’ont commencé et continué… Je souhaite bien sûr que la ville s’enorgueillisse de nouveaux bâtiments, ponts, téléfériques et autres tapis roulants à condition que les habitants soient consultés et que les décisions ne restent pas dans les bureaux d’élus

  2. Samedi après-midi (et dimanche aussi), une trentaine d’Orléanais (au sens de la Métropole et pas seulement de la ville, mais on s’y perd dans le vocabulaire) ont pu visiter d’anciens sites industriels reconvertis, certains en cours de rénovation, tels la vinaigrerie Dessault, la confiserie Saintoin, la raffinerie de sucre Guinebaud.
    Quant à la maison Dessault en cours de travaux, à l’ombre de laquelle veille Sainte-Thérèse, il y aurait encore des appartements à vendre. Avis aux intéressés.
    Visite très enrichissante sous l’égide du FRAC.

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