Bourges : L’enjeu des Jeux au programme de la conférence régionale du sport

Disparue des écrans radars depuis la dernière élection du conseil régional, en décembre 2015, la conférence régionale du sport en Centre-Val de Loire est redevenue au goût du jour, en fin de semaine dernière. Dans un amphithéâtre du CREPS de Bourges, non pas bondé, mais au moins bien garni, une partie des acteurs du sport régional étaient présents pour relancer la machine en stand-by depuis presque deux ans. On avait là peu de sportifs, beaucoup de dirigeants et des élus.

Ces retrouvailles étaient proposées par l’État, à travers la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS), de la Région et du Comité Régional Olympique et Sportif (CROS).

Ouverte par François Bonneau qui a rappelé l’importance de l’attribution des jeux olympiques à Paris pour 2024 et « l’enjeu des jeux » pour une région qui se trouve « au carrefour de différentes routes » cette nouvelle conférence avait pour vocation à « réunir et concerter les acteurs institutionnels, professionnels, associatifs du sport, à questionner les politiques actuellement menées et construire ensemble les politiques territoriales de demain en faveur du sport, de son développement et son animation sur les territoires… ». Un programme large, ouvert et qui en jette un max.

Surtout beaucoup d’arguties pour un débat qui n’aura pas été réellement au rendez-vous. Durant un après-midi, en dehors des ateliers thématiques sur le parcours du sportif, de l’accès au haut-niveau à la reconversion, sur l’emploi et l’économie et sur l’aménagement et l’animation du territoire, beaucoup de mots, beaucoup d’emphase, et une réelle explication de texte par José Chaboche, maître de conférence de l’Université d’Orléans. Une présentation autour de la problématique « Sport-loi NOTRe – territoire-enjeux-sociétaux/co-construction et concertation- politiques territoriales Sport », comme écrit dans le document remis à l’entrée dans l’hémicycle.

Pas tous sur un pied d’égalité

Un exposé qui n’a pas manqué d’interpeller un auditoire attentif et le plus souvent confronté aux dures réalités du terrain qu’aux concepts universitaires. Particulièrement étayé, précis, et plutôt intéressant en terme intellectuel, le préalable de José Chaboche aura permis de faire réagir une assemblée attentive.

Par exemple, l’ancien vice-président chargé des sport à la région, initiateur de ces conférences sur le sport en d’autres temps, François Dumon a fait part de son inquiétude quant à la mise en place du projet. « Trois sujets interpellent : la baisse du budget de l’État alloué au sport, les baisses de dotations aux collectivités, acteurs majeurs du milieu sportif, et déjà dans des situations précaires de par la volonté d’une baisse de 13 milliards d’euros d’économie à réaliser d’ici à la fin du quinquennat, et la fin des contrats aidés qui plonge bon nombre de clubs et d’associations sportives dans de grandes difficultés. Ce sont autant de signaux négatifs qui se sont multipliés ces derniers temps. Donner des axes de travail est une chose mais s’en donner les moyens en est une autre a souligné le désormais président de la communauté de communes de Vierzon-Berry-Sologne” avant de préciser que « ce n’est pas en disant que l’on va s’unir que nous allons résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés… ». Des propos corroborés par Thierry Vallée, le vice-président du Conseil départemental du Cher, pourtant à l’opposé de l’échiquier politique. Comme quoi le sport rassemble …

Le Berrichon pur jus n’a pas manqué de souligner que, au final, l’équité entre les six départements de la région Centre-Val de Loire est plus un mot qu’une réalité même pour le mouvement sportif. « On sait très bien que ce sera toujours plus difficile dans le Cher et dans l’Indre que pour le Loiret et l’Indre-et-Loire, entre autres ».

En fin de journée les trois ateliers dédiés devaient rendre compte de leurs travaux par une courte synthèse. D’ici au grand raout parisien de 2024, on devrait donc se retrouver encore une paire de fois, au moins, pour “atelieriser” encore. On discutera aussi un brin, ateliers thématiques au programme, ou pas. Il n’est pas certain que, dans un contexte que certains estiment de crise, cela soit suffisant pour aider à la réalisation d’un vœu plus pieu que réalisable : passer de 17 millions de licenciés à 24 millions d’ici les JO, dans l’Hexagone. L’enjeu des Jeux on vous dit…

Fabrice Simoes.






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