Dominique Bussereau, président des départements : « Un gouvernement ne peut pas être fâché avec toutes ses collectivités »

A la veille du congrès de l’Assemblée des départements de France (ADF) qui se tiendra à Marseille les 19 et 20 octobre, Dominique Bussereau (LR), président de cette association ne cache plus son mal être et sa perplexité devant les annonces incontrôlées du gouvernement : « Nous avons eu des preuves d’amour puis de désamour de la part du gouvernement », a-t-il déploré, lors d’une conférence de presse avant d’ajouter, “un gouvernement ne peut être fâché avec toutes ses collectivités !”

Dominique Bussereau.

Avec les régions c’est déjà fait ! », allusion à la rébellion il y a trois semaines des présidents de Région en congrès à Orléans « sinon pas de conférence des territoires prévue pour le 14 décembre » a-t-il conclu.
Après le carton jaune adressé à la Macronie par les grands électeurs aux élections sénatoriales du 24 septembre, après la semonce orléanaise, alors que monte l’agitation des élus ruraux avant la bronca prévisible dans six semaines au centième congrès des maires, les départements donnent de la voix.

Philippe Richert et les frondeurs présidents de région.

Que va leur apporter le Premier ministre Edouard Philippe qui doit prendre la parole à Marseille à la fin de leur congrès ? « Nous attendons de vraies avancées », martèle Dominique Bussereau.

Les départements ne signeront pas de contrat avec l’Etat sur la baisse de leurs dépenses sans une avancée dans les discussions sur le financement des aides sociales qui doivent être menées d’ici le printemps. « Nous souhaiterions savoir à quoi joue le gouvernement » renchérit Martine Vassal (LR), présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône avant d’ajouter « La population ne voit pas son quotidien changer, ce qu’elle souhaite ».

RSA et mineurs non accompagnés

Edouard Philippe.

Les départements ne demandent pas la recentralisation du revenu de solidarité active mais le
paiement par l’Etat du « reste à charge » qu’ils assument à l’heure actuelle. « Ie gouvernement ne
nous donne que 57% de ce qu’il nous doit », précise Dominique Bussereau avant de tacler les
métropoles qui « ne veulent pas s’occuper du social ». Sur la même ligne le groupe de gauche de l’ADF demande à l’Etat de « définir des lignes claires et des propositions précises concernant le financement pérenne des trois allocations de solidarité RSA, Allocation personnalisée autonomie
(APA) Prestation de compensation du handicap (PCH) dont les départements ont la charge.
L’accroissement du nombre des mineurs non accompagnés, jeunes étrangers présents sur le
territoire, est également un sujet prioritaire du congrès « C’est devenu de la folie furieuse. Leur prise en charge coûtera un milliard d’euros cette année aux départements. C’est nous qui sommes en responsabilité d’une politique que l’Etat ne maîtrise pas », s’insurge Dominique Bussereau.
Nouvelle organisation territoriale
Les relations départements métropoles seront aussi au cœur des débats de ce congrès. Dans ce
domaine aussi l’Assemblée des départements de France (ADF) réclame de la souplesse et la liberté de choix. Les relations entre les métropoles et le reste des territoires sont une question centrale de la rentrée. Les départements de la petite couronne parisienne viennent de dire leur refus de se voir disparaitre au profit du grand Paris. Comment construire une nouvelle coopération territoriale ?
Comment relever le défis des solidarités entre villes et campagnes alors que dans la nouvelle
organisation territoriale, les métropoles s’affirment, les intercommunalités et les régions se
renforcent et les départements veulent continuer à exister ?
F.C






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