Droits des femmes et égalité : une nouvelle directrice régionale a pris ses fonctions

Nadia Bensrhayar a pris officiellement ses fonctions le 1er juin dernier, en tant que directrice régionale aux Droits des femmes et à l’égalité. Autrefois déléguée, cette fonction, dépendante du SGAR (Secrétariat général des Affaires régionales) prend de l’ampleur sans forcément avoir plus de moyens.

Nadia Benshrayar.

Le Tour de France de l’égalité femmes/hommes vient d’être lancé le 4 octobre dernier par le Premier ministre Édouard Philippe et la secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa. L’occasion a été donnée à Nadia Bensrhayar, nouvellement recrutée directrice régionale des Droits des femmes et à l’égalité auprès du préfet de Région Jean-Marc Falcone. Précédemment déléguée départementale de l’ARS (Agence régionale de santé) de Loir-et-Cher, cette jeune femme de 40 ans, mariée et deux enfants, dynamique et volontariste, a dévoilé mercredi 18 octobre ce qu’elle entendait pour sa fonction. « Est-ce que je suis féministe, c’est une question qu’on me pose souvent », dit-elle franchement. « Je suis d’abord une fonctionnaire engagée pour la réduction des inégalités. Je suis humaniste et je pense que l’Homme est fondamentalement bon. Cette question de l’égalité, elle touche au vivre ensemble. Ce qui est inquiétant, c’est le terreau qui favorise le sexisme ordinaire ». L’a-t-elle connu, justement, ce sexisme ordinaire, elle qui cumule le triple « désavantage » d’être jeune, une femme et issue de la « diversité », comme on dit pudiquement ? « J’ai de la chance, je n’ai croisé que des hommes bienveillants qui m’ont permis de passer des concours, et de progresser en accédant aux fonctions que j’occupe aujourd’hui. Mais j’ai aussi connu ce plafond de verre, tout en ayant une expérience plus heureuse que d’autres en la matière ».

“Faire bouger les lignes”

N. Bensrhayar et Cl. Fleutiaux.

La nouvelle directrice régionale aux Droits des femmes et à l’égalité aura fort à faire : en région Centre-Val de Loire, les violences faites aux femmes dans la sphère familiale sont en constante augmentation. Et elles ne concernent d’ailleurs pas que les femmes ! En 2016, 138 personnes sont décédées suite à des coups de leur conjoint, dont 109 femmes… Au total, 8.000 cas de violences intrafamiliales ont été recensés dans la région cette année-là (200.000 en France) ; 2.500 viols et tentatives de viols en région Centre-Val de Loire (62.000 en France). « Mais ces inégalités concernent aussi les écarts salariaux : 23 % en région Centre-Val de Loire. Un tiers des femmes sont employées à temps partiels. Elles touchent 600 € de retraite en moins que les hommes… ».

Une « déléguée » devenue « directrice », qu’est-ce que cela changera, au fond ? « C’est innovant d’un point de vue administratif », avoue le Secrétaire général aux Affaires régionales Claude Fleutiaux, « on va faire bouger les lignes ».

Une tournée en région Centre-Val de Loire

« Faire bouger les lignes », cela fait longtemps que les femmes l’attendent, sans forcément de résultats probants. « C’est du long terme, un travail sur plusieurs génération », ajoute avec un certain réalisme Nadia Bensrhayar. En attendant, le Tour de France de l’égalité femmes/hommes passera bien par la région Centre-Val de Loire : à Tours le 7 novembre auprès des jeunes de l’école de la deuxième chance. Le 16 novembre à Blois pour une table ronde des femmes issues des quartiers politique de la ville sur les difficultés d’accès à l’emploi et l’entrepreneuriat. À Orléans le 21 novembre pour un forum « éduquer à la non-violence ». À Chartes le 21 novembre pour une conférence sur l’égalité entre les filles et les garçons dans les activités de loisirs. À Châteauroux le 22 novembre avec des jeunes suivis par le service territorial éducatif de milieu ouvert sur la déconstruction des stéréotypes. Enfin, à Bourges le 23 novembre pour une soirée « entreprendre au féminin » organisée par la Chambre d’agriculture du Cher.

F.Sabourin.

La question que tout le monde se pose :  comment punir le harcèlement de rue ?

Le harcèlement de rue, ou dans les transports : un fléau dont se plaignent – à juste titre – de nombreuses femmes. On sait que le Président Macron souhaite que celui-ci soit désormais poursuivi. Mais… comment ? Quels moyens de prendre en flagrant délit les auteurs de ces remarques sexistes et techniques de drague lourdingues ? « C’est un effet de dissuasion », dit Nadia Bensrhayar, interrogée sur le sujet lors de sa conférence de presse de présentation. « Un engagement législatif pour dire collectivement ce qu’on accepte et ce qu’on accepte pas ». Autant le dire tout net : on a encore du mal à voir quelle forme va prendre cette « répression » du harcèlement de rue…

 






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