Zéro pointé pour la régionalisation: le projet de lycée abandonné à Châteauneuf

Rétropédalage à la région: le lycée de 600 à 1000 places qui devait être construit à Châteauneuf-sur-Loire n’est plus prévu à l’est de l’Orléanais. Il y aura bien un nouveau lycée pour absorber le trop plein des élèves dans les établissements d’Orléans. Mais ce nouveau lycée sera finalement construit à… Orléans ou sur la métropole !

Le lycée Jacques Monod à Saint-Jean-de-Braye sur l’est orléanais.

Pourtant l’implantation de ce nouveau lycée dans le Loiret avait fait l’objet d’études longues et coûteuses. Sauf que la Région et le cabinet très pointu auteur de l’étude, avaient semble t-il oublié… de consulter le Rectorat ! En particulier sur l’évolution des effectifs dans les écoles et les collèges.

“La rectrice nous a alerté sur le fait que l’implantation sur Châteauneuf serait problématique ; la hausse des effectifs est forte sur l’agglomération mais sur Châteauneuf on assiste plutôt à un tassement des effectifs. Le risque était de vider les deux lycées de Gien sans résoudre les problèmes de l’Orléanais.” , a indiqué mercredi François Bonneau le président de Région.

De la déception

Marie Reynier, ancienne rectrice de l’académie Orléans-Tours.

Lorsque ce projet de lycée avait été présenté en octobre 2015 à Châteauneuf-sur-Loire, nous étions en pleine période électorale des régionales (décembre 2015). À l’époque, la Région avait mis en avant l’aménagement du territoire et les besoins en immobilier d’éducation sur cette région du Loiret. “Nous allons susciter de la déception auprès des élus“, a reconnu François Bonneau mercredi. Plusieurs communes s’étaient en effet déclarées candidates, Jargeau, Bray-en-Val… Châteauneuf-sur-Loire l’avait emporté et avait trouvé semble t-il un terrain adéquat. La fameuse étude avait mis en avant aussi les 18.000 voitures qui empruntent chaque jour la deux fois deux voies vers Châteauneuf et la croissance démographique prévue dans ce secteur de l’est orléanais. Tout faux.

Déplacé sur la métropole

 

Donc jusqu’à la construction d’un nouveau lycée sur la métropole, les lycéens de l’est Orléanais vont continuer de se partager entre les lycées orléanais (Jacques-Monod à Saint-Jean-de-Braye, Voltaire) et celui de Gien, Bernard-Palissy. 
Si l’on comprend bien, l’étude avait “oublié” de prendre en compte les prévisions démographiques du rectorat. Ou bien c’est le Rectorat qui avait oublié de prévenir la région ? Pourtant, l’ancienne rectrice Marie Reynier, est une femme avisée et compétente, puisqu’elle est aujourd’hui chef du pôle enseignement au cabinet d’Édouard Philippe…

“Nous travaillons maintenant sur un établissement dans la métropole, avec un lycée d’environ 1000 élèves, sur les 1300 attendus en plus, le reste étant absorbé par les lycées existants”, ont indiqué mercredi à la presse Région et Rectorat. Des lycées orléanais que l’on croyait pourtant saturés. À l’origine l’échéance pour un coût de 30 millions d’euros était aux alentours de 2020. 

Un nouveau lycée à Hanches, près d’Epernon 

Hanches (Eure-et-Loir).

En revanche, pas de changement pour l’autre lycée envisagé qui sera finalement construit à Anches, près d’Épernon sur une zone de 4 ha qui appartient à la Communauté de communes ; Ce sera un lycée général et technologique avec quelques sections professionnelles. Sa capacité sera de d’environ 1000 élèves, et son ouverture permettra de soulager la pression démographique croissante sur Dreux. Des lycéens qui partaient auparavant étudier sur les Yvelines et se replient sur l’Eure-et loir car Rambouillet est saturé .

À Orléans ce rétropédalage d’une zone rurale vers la métropole alimente le débat en cours sur l’aménagement du territoire et le couple dominant région-métropole.

Ch.B

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