Le bien manger en région Centre-Val de Loire passe par des restaurants en réseau

Les deuxièmes rencontres régionales de la restauration, lundi 16 octobre à Blois, ont révélé que si la région Centre-Val de Loire était bien identifiée pour ses qualités patrimoniales, elle l’était beaucoup moins pour la qualité de sa restauration. Or elle n’a rien à envier à d’autres régions de France. Les restaurateurs, pour faire face aux chaînes de restaurants, toujours plus nombreuses à s’implanter, doivent plus fonctionner en réseau.

5.000 restaurants recensés en région Centre-Val de Loire, dont 3.700 n’appartiennent pas à une chaîne et 1.200 adhérents à l’UMIH (Union des Métiers et des industries de l’hôtellerie). « L’année dernière lors de la première édition de ces rencontres régionales, on s’était rendu compte que nous n’étions pas une région spontanément citée comme une région du bien manger. Cette année, les restaurateurs disent : on ne trouve pas les jeunes dont on a besoin », expliquait Yvan Saumet, président de la CCI de Loir-et-Cher (où se déroulaient ces 2e rencontres régionales de la restauration, avec la Région Centre-Val de Loire), à l’issue de l’après-midi d’échanges et de travail avec une centaine de professionnels du secteur. Un gros chantier « RH » (ressources humaines) en perspective donc, et en communication, dont le numérique. « On n’a rien mis sous le tapis » a insisté Yvan Saumet.

Des restaurateurs à la fois “camarades, collègues et concurrents”

Les chaînes de restauration dans le viseur des restaurateurs indépendants.

Ce que craignent – à juste titre – les restaurateurs indépendants, c’est la multiplication des chaînes de restauration, pizzérias, fast-food, restaurants thématiques etc., qui s’installent dans les zones périphériques des métropoles et villes moyennes ; Blois est à ce sujet un bel exemple avec l’installation avenue de Châteaudun d’un KFC rapidement suivi par un Memphis Coffee et un grill Courtepaille, le tout en face d’un historique Mc Donald et d’une Mie câline. Ces installations, craintes aussi par les élus locaux et régionaux, se font pourtant avec leur bénédiction, car si « une Commission départementale d’aménagement commercial ne peut pas s’opposer à l’ouverture d’un restaurant quel qu’il soit » comme a tenu à le rappeler Yvan Saumet, ces ouvertures donnent lieu à des réjouissances groupées des mêmes élus locaux qui saluent généralement « la diversité de l’offre », la sacro-sainte « attractivité » d’une ville au commerce souffrant, et « l’emploi ». Ce dernier est d’ailleurs souvent précaire, mal rémunéré, avec des contrats journaliers et des horaires morcelés au gré des coups de chauffe… « Nous devons être à la hauteur de nos ambitions » s’est exclamée Christelle de Crémiers, vice-présidente de la Région déléguée au tourisme, « si on ne fait rien, les chaînes de restauration seront plus nombreuses que les indépendants ». D’accord, mais comment ? « Trois grands axes de travail : la communication des professionnels eux-mêmes ; la communication de la Région ; la communication touristique et marketing ». Mais là où les organisateurs (CCI et Région) insistent le plus, c’est sur « la mise en réseau des restaurateurs, avec l’UMIH. Créer une communauté entre restaurateurs, qui sont à la fois camarades, collègues et concurrents », insistent-ils. Une mise en réseau « pas naturelle », pour des professionnels farouchement indépendants pour la grande majorité.

Effet réseau, et Place de marché

Restaurant Assa, à Blois

Pour lutter contre le courant du fatalisme – passion triste franco-française – le réseau « Restaurateurs de métier, Cuisine en Loir-et-Cher » sera mis à contribution ; mais la Région souhaite également encourager les restaurateurs à entrer dans la Place de marché, plateforme numérique qui permet la réservation et le paiement en ligne, originellement destinée à l’hôtellerie et aux hébergements mais peu à peu ouverte aux autres secteurs comme la restauration. Depuis son lancement, 1,5 M€ de transactions ont été réalisés, 1 M€ depuis le début de l’année 2017. « L’effet d’entraînement est très fort » indique Christelle de Crémiers.

La prochaine édition des rencontres régionales de la restauration en 2018 aura pour thème le rapprochement entre producteurs locaux et cuisiniers.

F.Sabourin.

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