Entre gens de bonne volonté…

… ceux à qui est promise la paix, selon la formule bien connue.

La cérémonie annoncée ce samedi 22 à la cathédrale d’Orléans a été, de l’avis général, très belle. Fort et sobre, sans jérémiades ni palinodies. Il s‘agissait pour les catholiques et les protestants, d’affirmer, au terme d’une année de rencontres et de commémoration du cinquième centenaire de la Réforme luthérienne, leur volonté de surmonter, au-delà des approches théologiques, les préventions et différends humains en se reconnaissant mutuellement comme sarments d’un même cep, membres d’une même religion chrétienne sous des aspects divers.

 

La démarche était originale, d’aucuns diront même « gonflée », et n’a apparemment pas eu beaucoup d’imitateurs en France. Mais Orléans était le lieu tout désigné pour une approche de ce genre, puisque les guerres de religion y avaient été particulièrement féroces, avec quelque 1 000 huguenots victimes du massacre de la Saint-Barthélemy dans une ville de peut-être 40 000 habitants seulement à l’époque et une cathédrale totalement en ruine en conséquence des affrontements.

Le pasteur d’Orléans, Agnes Lefranc. @RCF

Dans une intervention dialoguée de haute tenue, l’évêque Mgr Blaquart et le pasteur Agnès Lefranc ont souligné les progrès de compréhension et de confiance mutuelle fait de part et d‘autre, l’apport de Martin Luther ayant été décisif pour faire prendre conscience à l’Église de ses dérives de l’époque et permettre l’accès de tous aux Écritures, jusqu’alors réservée aux clercs.

De la repentance bien comprise

Sous les applaudissements d’une cathédrale pleine comme aux plus beaux jours et en présence – laïcité bien comprise — des autorités de la Ville et de

Jacques Blacart, évêque d’Orléans.

parlementaires loirétains, une charte a été signée entre représentants des différentes dénominations présentes à Orléans, y compris d’orthodoxes. Puis une plaque a été dévoilée au dernier pilier du bas-côté droit, à l’entrée du transept. On peut y lire la volonté des catholiques et protestants de se pardonner les uns aux autres « les souffrances et les déchirures » provoquées par la Réforme. De la repentance bien comprise en quelque sorte, sans ré-écriture de l’Histoire ni auto-flagellation.

Il n’y aura probablement pas de pleurs, mais sans doute malgré tout quelques grincements de dents parmi les purs et durs de part et d’autre. On ne peut pourtant que souhaiter que l’appel à l’ouverture d’esprit exprimé à cette occasion soit entendu. En rêvant un peu, on pourrait même la souhaiter à d’autres, dans le domaine politique par exemple, ou encore de l’autre côté des Pyrénées, de part et d’autre de la Manche… Un peu partout, quoi, pourvu qu’y existe un minimum de bonne volonté.

 

                                                                                                                      Gérard Hocmard

Commentaires

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  1. Bravo pour votre article qui correspond point par point à ce qui a été vécu ce jour là en la cathédrale. J’ajouterai que l’esprit qui s’y est manifesté pourrait inspirer non seulement la sphère politique danslaquelle on prefere excommunier autant que d’autres religions fratricides. . Ce sont les hommes qui devient les messages de bonne volonté et c’est donc à eux de la restaurer.

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