L’Hôpital de Vierzon ne veut perdre ni sa maternité, ni quarante postes …

 

Alors qu’au Blanc, au coeur de la Brenne, on tente de sauver l’hôpital indrien, alors qu’à Bourges on dit que “la côte d’alerte est dépassée”, au centre hospitalier, où 30 % des postes de médecins ne sont pas pourvus par des titulaires. L’hôpital de Bourges, malgré ses dimensions, “n’attire plus non plus”, il avait du fermer 36 lits faute de médecins, selon France Bleu Berry, l’établissement hospitalier de Vierzon est lui aussi sur la sellette. Une situation qui n’est certes pas une exclusivité du Berry mais, dans le Cher, les dernières statistiques montrent une moyenne de 70 médecins pour 100.000 habitants, soit 20 de moins que la moyenne nationale.

Manifestation devant l’hôpital de Vierzon soutenue par le maire Nicolas Sansu.

Cela commence le 29 septembre par un démenti de l’hôpital de Vierzon. Sous la plume de son directeur Florent Foucard, l’établissement tenait «  à démentir catégoriquement qu’une annonce de décision de fermeture de la maternité aurait été faite le jeudi 28 septembre 2017 en comité technique d’établissement, comme affirmé ce jour par France 3 Centre – Val de Loire. » Le directeur de l’établissement ajoutait : « Si des réflexions et des propositions ont bien été faites par la Direction pour permettre le redressement de l’établissement (effectivement présentées aux organisations syndicales, au Directoire et à la Commission médicale d’établissement), et ce sous forme de deux scénarii dont l’un impliquant une transformation de l’offre de soins, aucune décision n’a été prise à ce jour, le temps de la concertation ne faisant que s’ouvrir et les orientations définitives n’étant pas tranchées. … »

Une pétition et près de 19 000 signatures

Depuis, les agents se sont mobilisés, les syndicats aussi même si c’est en ordre dispersé, les élus départementaux de même, sous forme d’un courrier commun députés-sénateurs du Cher, et les élus locaux itou avec à leur tête le maire de Vierzon Nicolas Sansu. Ce dernier s’est d’ailleurs rendu dans les locaux de l’Agence Régionale de la Santé (ARS), avec une délégation de représentants des usagers et des salariés, entre autres les syndicats CGT et FO, pour remettre une pétition qui a receuilli en quelques jours seulement pas moins de 18627 signatures demandant le maintien de l’établissement dans son intégralité.

Nicolas Sansu (PC). @JJT

Une réunion où la délégation a présenté un troisième scénario… Celui où ni la maternité, ni la suppression de quarante postes ne serait envisagés ! « La directrice de l’ARS nous a expliqué que 500 accouchements cela revenait cher. Nous lui avons expliqué que, jusqu’à preuve contraire, 500 accouchements couteraient tout autant à Vierzon qu’à Bourges… », a souligné Nicolas Sansu. Outre la  délégation recue, une trentaine de Vierzonnais étaient aussi présents aux abords des lieux de                                                                                     la réunion.

Optimisme en 2016, pessisime pour 2018

Pourtant au début de l’année dernière, le directeur Florent Foucard se montrait assez optimiste. Il expliquait alors que « 2016 sera toujours une année de rigueur et financièrement en déficit mais les activités reprennent et 2017 devrait laisser entrevoir des meilleures conditions pour l’établissement hospitalier vierzonnais. Pour 2015, l’effort financier demandé était de 892500 euros et nous sommes arrivés à 842000 ce qui, à quelque 50000 euros près,  respecte l’objectif.

La restructuration est en cours avec le regroupement de l’espace administratif au 2e étage, l’espace Pédiatrie, les locaux sont aux normes, nous n’avons pas fermé une seule activité. Le regroupement maternité pédiatrie se fera cette année sur un même lieu géographique. Le parcours du patient sera lui aussi amélioré notamment en court séjour. Ces modifications auront un effet sur l’efficacité de l’établissement et les économies nécessaires à son évolution. Je sais où je vais, mon cap reste maîtrisé. Il est évident que nous avons subi un gros choc avec des départs de praticiens, des baisses d’activité (50% en pédiatrie par exemple) et cette double peine subie en 2015 due au recours à l’intérim (770 000 euros) contre 250 000 en 2014 et 90 000 en 2013). Cette somme représente la valeur de sept postes, vous comprendrez que l’ampleur ne serait ce que dans ce secteur, a dépassé toutes les prévisions. 2016 annonce un exercice beaucoup plus serein même si l’édifice reste fragile. »

En février dernier, un an après presque jour pour jour, une nouvelle feuille de route était présentée à la presse, avec de axes supplémentaires de travail.  Six mois et deux élections plus tard, il semble que la donne prévue pour aller qu’en 2020 soit totalement revue.

Fabrice Simoes

 






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