Lycée à Châteauneuf-sur Loire (Loiret) : bruits de bottes contre le rectorat

L’affaire du “déménagement” du projet de lycée de Châteauneuf-sur-Loire vers la métropole d’Orléans n’a pas fini de faire des vagues. Si l’on en croit le communiqué envoyée par la rectrice d’académie, il n’y aurait pas eu d’études préalables du rectorat privilégiant un lycée à Châteauneuf.

Le rectorat de l’Académie d’Orléans-Tours.

“En septembre 2015, la Région a informé le rectorat du lancement d’une étude concernant l’implantation d’un nouveau lycée dans le sud-est du Loiret. Les études des cabinets mandatés par la Région et les données chiffrées du rectorat alors sollicité ont démontré que ce secteur n’enregistrait pas de pression démographique, et au contraire qu’il a vu ses effectifs scolarisés baisser dans le 1er degré ces dernières années. Elles ont révélé que la pression s’exercera de manière continue jusqu’en 2025 sur l’agglomération orléanaise. Les services du rectorat n’ont pu que confirmer ces tendances qui ne plaident pas pour l’implantation d’un lycée à Châteauneuf.”, explique Katia Béguin.

La “résistance” s’organise

Florence Galzin (maire de Châteauneuf).

Autrement dit, seule l’étude menée par un cabinet diligenté par le Conseil régional a conclu à la nécessité d’un lycée à Châteauneuf. Sur place la résistance s’organise. Les élus en particulier ceux de la communauté des Loges, derrière la maire de Châteauneuf, Florence Galzin, montent au créneau. Une motion  a été adoptée en ce sens.

 “Une étude tardive et sujette à caution menée par Mme la Rectrice nous informe aujourd’hui que cette implantation est ‘problématique’ et qu’il était ‘difficile d’avoir un avis conforme’. Nous ne doutons pas de l’excellence des compétences en histoire de Mme la Rectrice, agrégée d’histoire et docteur spécialiste du Clientélisme et mécénat à la cour des princes de Condé au XVIIe, siècle ; mais là, il s’agit d’aménagement du territoire, d’une implantation hautement stratégique pour la structuration et le développement de cette partie du département”, lance, ironique Richard Ramos le député (MoDem) de la 6e circonscription. Coutumier des actions spectaculaires, Richard Ramos a prévu d’aller déposer symboliquement une paire de bottes devant le rectorat, vendredi à 10h pour illustrer ainsi, “cette ruralité qu’elle néglige et qu’elle éloigne de la volonté présidentielle du renouvellement de notre contrat social dans tous les territoires de la République”.

“Une jeunesse loirétaine à deux visages”

Le Président de la République et Richard Ramos (MoDem). Archives Magcentre.

La guerre entre les zones rurales et les métropoles est-elle déclarée à travers cette affaire du lycée de Châteauneuf ? Richard Ramos pour sa part tire quelques salves sans équivoque : “Curieux regard sur une jeunesse loirétaine à deux visages, où celle qui est urbaine ne doit surtout pas faire 20 km de trajet vers l’Est, tandis que celle qui est rurale doit se plier au même parcours vers l’Ouest et cela, sans sourciller. Curieux hommage à un territoire qui a vu grandir Maurice Genevoix – il est vrai, déjà lycéen à Orléans – , qui a accueilli Max Jacob et où l’éducation secondaire au lycée, devoir de l’État, ne peut se faire que dans la Métropole, forcément dans la Métropole.”

À l’est et même au nord de la métropole d’Orléans, les bras s’ouvrent largement à Chécy, Saint-Jean-de-Braye, Boigny, Marigny-les-Usages… et même à Saran pour candidater à l’accueil du futur lycée prévu en 2021. Des communes volontaires, on l’aura remarqué, bien plus nombreuses que lorsqu’il s’agit d’implanter une prison ou un centre d’incinération. 

Ch.B.

 

 

 

 

 






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