Où est le nouveau monde ?

Du haut de l’Olympe élyséen le verdict est tombé : Christophe Castaner, actuel porte-parole du gouvernement et secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement sera le patron du mouvement La République en Marche. Il ne sera pas président mais délégué général. La nuance n’est pas mince : La  République en Marche, parti créé par Emmanuel Macron reste dans la main d’Emmanuel Macron.

Il est le parti du président et cette nomination rappelle au parti du président qu’il doit bannir de son logiciel toute envie d’émancipation. Vision et comportement gaulliens. On l’a un peu oublié mais les dirigeants et les élus gaullistes conviés à avancer sans déroger dans le sillage du Général, très disciplinés, ont été surnommés en leur temps « les godillots » par les Français.

Il n’y a plus de suspense. Même si certains lors de l’annonce ont grincé des dents, les 700 membres du conseil national de LREM valideront comme un seul homme le choix présidentiel à  Lyon le 18 novembre par un vote à main levé et non à bulletins secrets. De plus, ce conseil national est composé à 75% de membres de droit, ministres, députés, référents départementaux. Seuls les 25% restant sont constitués de  militants tirés au sort.

Contraint par Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis de retirer sa liste aux élections régionale de 2015 en PACA pour empêcher la victoire de Marion Maréchal Le Pen, Christophe Castaner, ancien maire PS de Forcalquier (Alpes de Haute Provence), l’un des beaux gosses du gouvernement, entretient, dit-on, « une relation assez fusionnelle » avec le président de la République, « il a une vraie fascination pour Macron » qu’il a été l’un des premiers à rejoindre, dit sous le couvert de l’anonymat un membre de l’équipe présidentielle « et puis il est proche de Brigitte». Benjamin Griveaux, originaire de Saône-et-Loire, élu député de Paris en juin 2017, actuel secrétaire d’Etat à Bercy, se serait bien vu à la tête des troupes LREM. Il a été prié  de jeter l’éponge.  Il s’est exécuté sans rechigner.

L’opposition n’a pas tardé à réagir : « Donc, le nouveau monde de Macron, c’est choisir seul dans son bureau élyséen Castaner patron de LREM. Euh…. Et le vote des militants ? » a raillé sur twitter le député Nouvelle Gauche du Val-de-Marne, Luc Cavournas. « Macron tue toute volonté d’émancipation et de concurrence. Il a mis en place un système d’allégeance totale » a constaté à son tour un ancien dirigeant du PS.

Pour Christophe Castaner les difficultés commencent. L’ancien député PS des Alpes- de-Haute-Provence souhaite conserver son portefeuille ministériel des Relations avec le parlement tout en  organisant le parti majoritaire ce qui sera loin d’être une sinécure. Or le non-cumul entre un  ministère et la direction d’un parti s’est imposé depuis  le début des années 2000. Si cette double casquette est acceptée, le groupe des députés   et  celui, très petit, du Sénat seront « caporalisés », en prise directe avec l’Elysée. Alors,  Ce ne sera plus  une marche en avant nouvelle mais un sacré retour en arrière.

F.C.






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