Lycée prévu à Châteauneuf et “déménagé” : la rectrice ne veut pas porter le chapeau

La balle est dans le camp du conseil régional. Katia Béguin, la rectrice d’académie a reçu vendredi matin Richard Ramos le député de la 6e circonscription, muni d’une paire de bottes pour illustrer son attachement à la ruralité.

Katia Beguin, rectrice d’Acamédie.

Celui-ci s’est fait le porte-parole des élus et des habitants de Châteauneuf et des communes environnantes, déçus de la marche arrière de François Bonneau et du rectorat à propos de l’implantation du futur lycée de 1000 places. Celui-ci serait rapatrié sur la métropole d’Orléans, ou sur ses franges, alors que le projet avait ciblé deux ans durant Châteauneuf. Des études de sol sur des terrains préemptés avaient même été entreprises. “En faisant obstacle à cette implantation, en nous proposant de nous tourner à nouveau vers la métropole ou sur le franges…vous contribuez à accroître l’isolement de cette partie du territoire départemental en la privant d’une structure qui renforcerait ses indéniables potentialités”, a dit le député à la rectrice.

“La pression est sur Orléans”

Le lycée Jacques Monod à Saint-Jean-de-Braye qui subit la pression démographique.

Pour Katia Beguin  qui a bien voulu s’exprimer à l’issue de cette entretien, les chiffres sont têtus: il y aura 1.400 élèves de plus sur la métropole, “la pression est sur Orléans”. En revanche sur la région de Châteauneuf, il existe dit-elle , “un assèchement de la population” sur cette zone. Entre 2015 et 2017, ajoutent ses services, on recense 760 élèves de plus sur l’agglomération d’Orléans. “Je ne rentre pas dans les questions de ruralité, je donne les chiffres tels que nous les avons et qui sont confirmés par les études de l’INSEE”. 

Pourquoi alors, ces chiffres qui montrent la pression démographique sur l’Orléanais, n’ont ils pas été pris en compte lors de l’étude menée par le cabinet TMO diligentée par la région et qui a quand même coûté plusieurs milliers d’euros? “Il y a un an lorsque la région a rendu publique sa décision les chiffres étaient déjà à disposition”, affirme Mme Béguin. A l’époque, l’étude régionale portait sur tout le Sullias et une polémique avait déjà surgi alors entre ceux qui souhaitaient voir le lycée s’implanter à Bray-en-Val et les partisans de Jargeau et ceux de Châteauneuf-sur-Loire. 

La région revoit sa copie

François Bonneau
en octobre 2015, annonce deux nouveaux lycées, ici avec Valérie Corre et Anne Leclerc.

Aujourd’hui, la région revoit sa copie. Des chiffres de démographie scolaires supplémentaires et actualisés, dans les collèges et en primaire, ont été réclamés par les services du conseil régional. D’ailleurs dit-on du côté du rectorat, l’étude régionale faisait aussi état de la pression démographique sur la métropole. “Il n’y avait pas radicalement un clivage”.

Et il parait logique de construire un nouveau lycée là où se trouveront les élèves en 2023. Reste qu’on ne peut pas attendre encore des mois pour décider du lieu d’implantation. “Il faut que la décision soit prise avant fin décembre”, estime Richard Ramos pour qui il n’est pas interdit d’imaginer que les lycéens d’Orléans prennent le bus pour aller à Châteauneuf, plutôt que l’inverse. “La distance entre Châteauneuf et Orléans et de 31 km et entre Orléans et Chateauneuf elle est aussi de 31 km!” ironise t-il. 

Quoi qu’il en soit, Katia Béguin refuse comme elle a été accusée de “mépriser la ruralité”. Et la rectrice de mettre en avant la charte académique signée avec des maires ruraux par des “conventions ruralité”. Elle évoque encore les actions volontaristes du rectorat notamment dans le Berry pour encourager les lycées de section S à rejoindre malgré leur “isolement”, un cursus d’études médicales, en lien avec la région,“une véritable offre de service public”

Katia Beguin refuse de porter seule le chapeau dans cette polémique. Ira t-on bientôt jusqu’à l’accuser d’être à l’origine de l’échec de la liaison ferroviaire, Orléans-Châteauneuf un projet qui a du plomb dans l’aile?

Où atterrira le nouveau lycée du Loiret? C’est à la région de décider. Pour sa part la rectrice d’Académie conclut, consensuelle: “Il est normal que les élus s’expriment, je les entends comme le Président de région… mais un nouveau lycée c’est de toutes façons une bonne nouvelle”.

Ch.B






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