Où il est question de concertation au sujet de la police du quotidien

Dans son discours aux forces de sécurité intérieure, le 18 octobre dernier, le Président de la République Emmanuel Macron a lancé la « Police de sécurité du quotidien ». Présentée un temps comme le retour de la police de proximité (instaurée sous Lionel Jospin, arrêtée sous Nicolas Sarkozy), elle ressemble plutôt à du “ripolinage” de l’existant, avec quelques moyens en plus. Une grande concertation a débutée le 28 octobre jusqu’au 15 décembre. Les premières expérimentations seront menées dès janvier prochain.

Le préfet de Loir-et-Cher J-P Condemine (au centre), entouré du Cdt Xavier Counillet (à g.) et du Col Guilhem Phocas (a d.).

« Une police plus respectée, aux ambitions renouvelées, dans le sens de l’action. Des procédures simplifiées et allégées ; des sanctions immédiates, des amendes forfaitaires. Une police sur mesure ; une police connectée ». Le préfet de Loir-et-Cher, Jean-Pierre Condemine, déroule le dossier de presse. Les formules sont jolies, mais l’ambition est-elle vraiment au rendez-vous ? Difficile à dire à l’heure où est lancée, depuis le 28 octobre dernier à La Rochelle par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, une concertation sur la police de sécurité du quotidien, en partant des propositions venant « du terrain ».

Déjà une réalité ?

Sur le terrain, justement, chaque policier et gendarme pourra donner son avis via des questionnaires et aussi des réunions de proximité. Les élus seront aussi consultés, par le préfet, ainsi que quelques citoyens de Loir-et-Cher, comme les conseils de quartiers des principales villes du département, et les bailleurs sociaux. Jean-Pierre Condemine a réuni mardi 14 novembre les représentants des grands élus de Loir-et-Cher (association des maires, maires ruraux, conseil départemental) ainsi que les représentants des différentes forces de sécurité (police, police municipale, gendarmerie) afin de présenter cette consultation.

Identité judiciaire.

« Respecter la police » : une belle idée que beaucoup partagent, mais concrètement comment faire, à l’heure où, justement et comme il le faisait remarquer vendredi 10 novembre lors de la visite de la ministre Jacqueline Gourault au centre départemental de Prévention routière à Blois, le préfet constate amèrement « un relâchement des comportements » ? « Il n’y a pas de recettes miracles, ça se saurait », avoue-t-il. « Tout ce qui peut être fait dans le milieu scolaire pour expliquer ce que sont les missions des gardiens de la paix est souhaitable. Nous devons mieux faire connaître les métiers de la police et de la gendarmerie, et éduquer sur les valeurs citoyennes », ajoute-t-il. « La police de sécurité du quotidien est déjà une réalité, nous n’avons pas attendu la concertation », dit pour sa part Frédéric Chevalier, procureur de la République de Blois. Exemple avec la mise en place récente de la « Silc » : Structure légère d’intervention et de contrôle, « pour mobiliser en un minimum de temps un maximum d’effectifs », explique le commandant de police Xavier Counillet, chef de la brigade de sûreté urbaine de la Sécurité publique de Loir-et-Cher. Côté gendarmerie, on s’attend à percevoir les smartphone de dotation pour chaque gendarme, « avec messagerie cryptée, applications professionnelles et accès aux fichiers centraux », précise le commandant de gendarmerie Guilhem Phocas.

1.850 postes supplémentaires dès 2018

Sera-ce suffisant pour que les forces de l’ordre soient « respectées » ? (voir ci-dessous l’encadré sur les moyens concrets, notamment en effectifs). Dans la plupart des pays étrangers c’est surtout la peur qui inspire le respect. Ce que ne nie pas le procureur Frédéric Chevalier, qui ajoute cependant : « Oui mais quand vous regardez bien, les forces de l’ordre font partie du paysage, on les voit au milieu de la population en permanence, ils sont intégrés et les gens discutent naturellement avec eux et inversement. C’est vers cela aussi que nous devons tendre ».

1850 policiers et gendarmes sont attendus sur le terrain, dès 2018. D’ici 2022, ce sont plus de 10.000 postes qui seront créés et déployés sur tout le territoire. Le budget sécurité sera augmenté de 1,9 % dès 2018, soit 13,3 milliards d’euros pour la sécurité intérieure (police, gendarmerie).

F.Sabourin.

Quels moyens ?

13,3 milliards d’euros (+1,9 %) de budget pour la sécurité intérieure en 2018.
300 M€ consacrés à la rénovation des locaux en 2018.
30.000 véhicules livrés aux forces de sécurité d’ici 5 ans.
60.000 gilets pare-balle individuels nouvelle génération d’ici fin 2018.
115.000 tablettes numériques livrées aux forces de sécurité en 2020.

Actuellement :

390 circonscriptions de police ; 150.700 policiers.
3.100 brigades de gendarmerie, 100.812 gendarmes.
21.000 policiers municipaux.
150.000 agents de sécurité privée.
Plus de 10.000 créations de postes (police et gendarmerie) d’ici 2022.

 

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