Brest-Fleury-les-Aubrais : les hauts et les bas de la solution téléphérique

Dimanche le téléphérique de Brest qui permet de franchir la Penfeld sur 420 mètres, “fêtera” son premier anniversaire. Malgré la fréquentation qui est au rendez-vous, cette première année a été truffée d’incidents, voire d’accident et de contre-temps. Des hauts et des bas. A Tours, la ville a choisi une passerelle pour ce genre de franchissement.

Le téléphérique de brest. @Le Télégramme

Un homme, Tahar Ben Chaabane, ancien élu centriste d’Orléans et qui prépare d’ores et déjà les prochaines municipales, est allé se rendre compte par lui-même des avantages et des inconvénients de ce mode de franchissement. Il rapproche cette expérience brestoise du projet de franchissement des voies SNCF entre Orléans et les Aubrais, un téléphérique qui s’insère dans le projet Interive de la métropole orléanaise. Il nous livre ses conclusions.

Tahar Ben Chaabne est déjà en campagne pour les municipales.

“La Métropole d’Orléans s’apprête à lancer les appels d’offres pour construire un téléphérique pour relier la gare des Aubrais à la RD 2020 en passant au dessus des voix SNCF. Récemment, je me suis rendu à Brest, qui a mis en service un téléphérique il y a quelques mois, pour rencontrer des élus de la métropole et notamment ceux en charge du téléphérique. Ce retour d’expérience a été très utile et m’a permis d’apprécier les avantages, les inconvénients et les limites de ce mode déplacement. 

 

À l’examen, le projet fleuryssois  comporte plusieurs faiblesses :

La première concerne son objet qui n’est pas de desservir une population en attente de desserte mais de rendre le projet Interive attractif. En d’autres termes, allécher les promoteurs d’immobilier de bureaux susceptibles d’investir dans le projet Interive. Cela relève du pari. À 17 millions d’euros quand même. Le plus cocasse, ou le plus inquiétant, c’est l’avis du commissaire-enquêteur qui subordonne la pertinence du téléphérique à… la réussite du projet Interive. Donc si on se résume, la métropole construit un téléphérique pour promouvoir lnterive, et si projet n’attire pas suffisamment de promoteurs immobiliers, le contribuable aura “claqué” 17 millions d’euros pour rien. À Orléans, l’exemple de l’échec essuyé au quartier Coligny (Immeubles vides, commerces fermés, insécurité,…) devrait rendre les élus plus vigilants.

Maintenance délicate et coûteuse

Le projet de téléphérique à Interive.

La deuxième faiblesse est inhérente à ce mode de transport, qui n’embarque que 60 passagers à la fois. Pour l’avoir emprunté à Brest, je peux affirmer qu’il n’est pas agréable, d’attendre le passage de trois ou quatre cabines avant de pouvoir  embarquer. Imaginez l’arrivée simultanée en gare des Aubrais de deux ou plusieurs trains, avec une affluence de cadres et d’employés qui souhaitent, au même moment, emprunter le téléphérique.
Enfin, le troisième point faible du téléphérique c’est sa maintenance, délicate et coûteuse avec des pannes et des arrêts d’exploitation à répétition.

Même dans sa fonction de “vitrine” d’Interive, le téléphérique en gare des Aubrais, se trouve d’ores et déjà dépassé. Plusieurs métropoles ont, ou vont, mettre en service des véhicules autonomes. Cela fonctionne déjà en France, et peut s’articuler avec une métropole innovante. La sagesse aurait voulu que la métropole fasse un choix moins risqué et plus innovant. Pourquoi pas une passerelle où cohabiterait voies piétonnes, de vraies pistes cyclables et des véhicules propres et/ou autonomes ?
Ce qui est désolant, c’est que les élus engagent l’argent du contribuable et non le leur propre. Et que les élus passent mais leurs ardoises restent”.

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