De plus en plus souvent agressés, les pompiers ont le blues

Qu’ils soient professionnels ou bénévoles, les pompiers s’engagent pour : « Servir et protéger. Sauver ou périr ». Telle est leur double devise. Ce sont  des êtres jeunes qui mettent leur vie au service de leurs concitoyens en difficulté. Or, dans les agglomérations et les zones périurbaines, maintenant même dans la ruralité les pompiers sont attaqués au même titre que les policiers et les gendarmes. Il ne se passe pas un week-end, une semaine sans qu’ici et là, ils ne soient insultés  et au pire agressés alors qu’ils interviennent sur le front de l’urgence et de la détresse sans qu’ici et là.

©AFP

Ces honteux comportements se multiplient et lors de leur dernier congrès à Ajaccio  le mois dernier  les pompiers ont dit leur mal être avec chiffres à l’appui. En 2015, les statistiques officielles montraient que 1.939 pompiers avaient déclaré avoir été victimes d’une agression en intervention  soit 21% de plus qu’en 2014 et 80% de plus qu’en 2009. Chiffres que  confirme l’Observatoire  national de la délinquance et des réponses pénales (ONDP dans la note qu’il publie aujourd’hui. En 2016 il y en a eu 2.280, encore une progression).

“Aucun département n’échappe aux ‘pétages de plomb’ “

Pour aussi déplacé et aussi insupportable qu’il soit, le phénomène demeure limité : en 2015 4,4 pompiers ont été agressés pour 10 000 interventions, avec de rares blessures sérieuses même si elles sont en trop. Aucun département n’est épargné par cette insécurité croissante. En Eure-et-Loir sur 26.447 interventions aucune exaction n’avait été commise mais en 2016 sur 26.931 interventions les pompiers ont été très mal reçus 10 fois. Entre 2015 et 2016 le Loiret voit ses appels aux pompiers passer de 37 593 à 42 873 et leurs agressions de 10 à 12. Le Loir-et-Cher ne fait pas mieux, les interventions augmentent de 3275 et les insultes et agression passent de 6 à 7.

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) se montre préoccupée et rappelle les conventions signées avec les forces de l’ordre pour intervenir conjointement dans les zones à risque. Les syndicats de la profession,  eux, tirent  la sirène d’alarme : « Il y a 20 ans les « dérapages » n’arrivaient qu’en région parisienne, aujourd’hui c’est beaucoup plus répandu, souvent des groupes de jeunes veulent protéger leur petit trafic, sans  parler des explosions de violence de personnes alcoolisées, droguées ou au bout du rouleau. Aucun département n’échappe aux  « pétages de plomb » ni en ville ni dans les campagnes où la désertification et la solitude font leur œuvre ». Faute de paix dans leur boulot, les  pompiers ont le blues.

F.C.

 

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  1. De tout coeur avec les pompiers, service de secours de premier ordre et de grande qualité. Si la justice apportait une réponse pénale à la hauteur des agressions sur nos pompiers (qui ne peuvent même pas se défendre), si minime que soit l’agression, ne serait ce que le fait de jeter une pierre. Une pierre = un mois ferme, au suivant … ! Ah le scandale, quand Nicolas Sarkozy parlait de nettoyer les quartiers au karcher ! C’est bien de s’offusquer, mais ceux qui se scandalisent sont à l’abri, ils n’habitent pas ces quartiers là et ne sont pas au service des citoyens, avec autant de dévouement que le font les pompiers ! Toute mon admiration et ma gratitude à ce corps de métier !

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