Région : La belle unanimité autour des lycées

Jeudi 16 novembre au Conseil régional réunit en session plénière, le président François Bonneau a soumis au débat la création de deux lycées dont celui de Châteauneuf-sur-Loire, objet d’un bras de fer avec le rectorat. C’est l’unanimité parmi les conseillers. La balle est de nouveau dans le camp du rectorat, qui estime pour sa part que « 700 élèves, ça n’est pas attractif ».


« La position de la Région c’est de dire qu’il y a un espace au cœur du Loiret non pourvu de lycée. Un lycée à Châteauneuf-sur-Loire, d’une jauge de 700 à 800 élèves dans la ruralité, ça a du sens ». François Bonneau, qui a lancé le débat en « procédure d’urgence » sur la construction de deux lycées dans la région d’ici à 2022-2023 (Hanches-Épernon dans l’Eure-et-Loir et Châteauneuf-sur-Loire dans le Loiret), remet le sujet dans les mains du rectorat, et de sa rectrice Katia Béguin. Cette dernière, on le sait, n’est pas favorable à la construction de celui de Châteauneuf, et lui préfèrerait, pour des raisons démographiques, la proche banlieue est d’Orléans. Métropolisation contre ruralité : les avis divergent, les postures s’arc-boutent, les effets de communication de certains élus en bottes contre les escarpins de la rectrice font le buzz dans le Landerneau régional.

« C’est une mainmise d’un centralisme jacobin qui méprise la France des territoires. La rectrice, qui donne son choix personnel, n’est pas dans son rôle », a lancé le chevalier blanc solognot Guillaume Peltier, conseiller régional de Loir-et-Cher. Charles Fournier, élu écologiste, est aussi vert de rage : « C’est une sonnette d’alarme sur notre capacité à adapter nos lycées aux effectifs. Ça nous donne aussi l’occasion de travailler sur ce que seront les lycées et CFA du futur. Nous devons avoir une vraie réflexion sur comment un lycée est implanté dans son territoire ». Pour l’élu loirétain Front national Charles de Gevigney (plus rural que lui tu meurs), « Faute de nous réjouir nous nous satisfaisons de cette procédure d’urgence et de ce débat. Le pouvoir doit rester au politique et non pas à l’administration. Mais nous sommes quand même très prudents. Un lycée, ce n’est pas seulement un truc qu’on pose là, c’est une zone où il y a de l’économie derrière. Notre choix serait plutôt de l’implanter plus à l’est, à Bray-en-Val ». Anne Besnier, vice-présidente à l’Enseignement supérieur et la recherche (groupe socialiste radicaux démocrates) estime « qu’on évite la désertification rurale en construisant ce lycée. Rappelons-nous qu’un lycéen ça n’est pas un chiffre dans une case, c’est une personne dans un territoire ». Seul Florent Montillot a tenté – mais en vain – de ramener le débat sur des considérations de politique politicienne en indiquant que « Il y a un an, on disait le lycée sera fait pendant cette mandature. Or on n’y est pas. Vous avez décidé une procédure d’urgence car il y a eu un emballement médiatique. Ce lycée, on ne peut pas le résoudre à coups de bottes. Il faut travailler sur la géographie lycéenne : Châteauneuf, Gien, Aubigny-sur-Nère ; et sur les filières ».

Fort de cette unanimité au sein de l’hémicycle régional, le président François Bonneau aidé de  Cathy Münsch-Masset (vide-présidente déléguée à l’éducation) proposera donc au préfet de région la création de ces deux nouveaux lycées, et à engager toutes les démarches nécessaires pour leurs constructions avec pour objectifs la rentrée 2022 pour le lycée de Hanches (28), et 2023 pour Châteauneuf-sur-Loire (45). Au rectorat cependant, on n’a probablement pas dit le dernier mot…

F.Sabourin.

 

Commentaires

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  1. M Bonneau à l’aide de ses amis (des écolos au front national ) démontre tous les jours qu’il a su faire de la Région un gros Conseil Général .

    • Et si c’était ça l’avenir, une “union” pour défendre des dossiers locaux sans pression aucune des partis nationaux. Une politique de terrain donc de proximité. Ce que souhaitent les citoyens.

      • Le problème n’est pas le consensus mais l’absence de politique cohérente et d’accords de circonstance sur la base de la constitution de petits fiefs locaux .

  2. Une fois de plus, cela démontre le niveau de caniveau de cette régionette aux petits pieds !

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