Violences faites aux femmes : quand c’est non, c’est non !

Du 21 au 24 novembre se déroule la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Plusieurs évènements à Blois et dans le Loir-et-Cher pour sensibiliser tout le monde à ce fléau malheureusement fortement d’actualité. Thème de cette édition : le consentement.

La boutade pourrait faire sourire, si elle n’était malheureusement trop vraie : “quelle est la différence entre un viol et un consentement ? Le consentement, justement !”. Le secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher, Julien Le Goff, raconte l’historiette sur le ton de la gravité. Autour de lui, les représentants de la Police nationale et de la Gendarmerie départementale, Claire Louis, conseillère municipale de Blois déléguée aux droits des femmes, et Delphine Amacher, vice-procureur de la République.

Il faut dire que les chiffres font froid dans le dos : en Loir-et-Cher, depuis le début de l’année 2017, sur dix mois, 370 femmes ont été victimes de violences conjugales ou extra-conjugales. Elles étaient 333 en 2016 (+ 11,1 %). Au niveau national, chaque année 216.000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel compagnon intime. Parmi ces femmes victimes, 14 % déclarent avoir déposé une plainte en gendarmerie ou commissariat de police suite à ces violences. Un chiffre hélas encore trop faible en rapport avec le nombre total de faits et des conséquences graves qu’ils engendrent. En 2014 toujours, 118 femmes sont décédées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon. À ce triste chiffre, il faut ajouter la mort de 16 femmes tuées par leur partenaire dans une relation non officielle (petits-amis, amants, relations non-officielles…).

30 % de dépôts de plaintes en plus depuis que la parole se libère

“Il y a une face cachée du phénomène qu’il nous appartient de combattre”, explique Julien Le Goff. Car toutes sont loin de pousser la porte d’une gendarmerie ou d’un commissariat, et ce dès les premiers mauvais gestes posés sur elles. “Plus personne ne peut se dire que franchir la porte d’un commissariat est difficile”, insiste Guy Milin, commissaire de police et directeur départemental de la sécurité publique. “Gendarmes et policiers sont de mieux en mieux formés sur le phénomène”, constate la vice-procureur Delphine Amacher, qui ajoute qu’il y a “des préjugés sur l’éloignement du conjoint violent : on peut mener de front un dépôt de plainte et la décision de justice pour une mesure d’éloignement”, affirme-t-elle. “Depuis les récentes affaires de harcèlement sexuel largement médiatisées et diffusées via les réseaux sociaux, la parole s’est libérée : on observe plus 30 % de dépôts de plaintes au niveau national”, ajoute Claire Louis.

Pour lutter contre ce fléau, la prévention semble une des pistes à favoriser : dans le programme de cette semaine de lutte contre les violences faites aux femmes, deux évènements concerneront directement les jeunes, mercredi 22 novembre. L’un avec des élèves du lycée Sonia-Delaunay, autour de la diffusion d’un court-métrage en présence des services de la police nationale, du Conseil départemental et du CIDFF (Centre d’information et de documentation des femmes et des familles). L’autre au CFA du bâtiment avec les mêmes intervenants.

Tout le détail du programme ici : www.blois.fr et www.loir-et-cher.gouv.fr .

F.Sabourin.






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