Il court, il court le Furet…

La semaine passée la rumeur courut à Orléans de l’arrivée sur offre de la ville, de la célèbre librairie lilloise, le Furet du Nord, dont les ambitions s’étendent maintenant bien au delà des Hauts de France avec l’ouverture de librairies en région parisienne et une tentative inaboutie à Montpellier, en plus d’un site de vente en ligne conséquent.


L’annonce du débarquement des Chtis place de Loire, en lieu et place de feu Passion Culture, a aussitôt mis nos libraires orléanais en ébullition et dès jeudi, la quasi totalité  des boutiques de livres de la place arborait une affichette “Monsieur le maire, moi j’aime les libraires”; l’union sacrée promettant des actions plus spectaculaires si la ville donnait suite à la demande du Furet du Nord.

“On ne veut pas de librairie et on fera tout ce qu’il est juridiquement possible pour bloquer l’arrivée du Furet”. Alain Zillhardt, responsable de Légend BD, déclaration à la Rep

Il faut dire que les libraires orléanais craignent pour l’équilibre local du marché du livres, arguant que si la librairie Passion Culture n’a pas survécu, c’est sans doute que la demande orléanaise ne permet pas d’absorber une telle offre. La colère était d’autant plus grande que par le truchement du récent rachat par la ville au groupe Casino de l’ensemble commercial de la place de Loire, pour la modique somme de 7,5 millions d’€uros, le Furet bien malin pouvait espérer un loyer inférieur à celui exigé en son temps par Casino à Passion Culture.

Mais dès vendredi, rétropédalage du maire d’Orléans, Olivier Carré, qui recevant les libraires en colère et plaidant le malentendu, leur annonce que rien n’est signé avec le Furet du Nord, et qu’en tout état de cause, “il était de toute façon tout à fait inenvisageable que la Mairie s’engage auprès d’une enseigne qui ferait du tort aux commerces déjà implantés“. Les commerçants rassurés ont donc rangé, pour le moment, leurs actions revendicatives… Fin de l’épisode.

Reste que le serpent de mer de la place de Loire, dont on pourra bientôt écrire un livre, n’est pas terminé, car si la ville ne souhaite plus une librairie (?) pour ne pas nuire aux commerces urbains, on peut s’interroger sur le type de commerce “culturel” capable d’absorber une telle surface (1.600 m²): disquaire, galerie d’art ou magasin de souvenirs?.. Reste aussi la menace pour le commerce de centre ville que constitue l’ouverture de “Cultura” du groupe Auchan à cap Saran en 2018. A moins de rappeler Sylvie Champagne et Passion Culture, comme le suggèrent les lecteurs de notre confrère la République du Centre dans un récent sondage.

GP

 

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  1. Je crois que les libraires n’ont pas tout à fait raison dans leur combat contre une nouvelle enseigne de librairie. Car on n’achète pas des livres comme du shampoing ou de la charcuterie. Je veux dire que, bien souvent, les achats de livres se font par fortuité: c’est en feuilletant par hasard un livre dans une librairie qu’on décide de l’acheter, parce qu’on pense qu’on aura plaisir à le lire ou à l’offrir. En d’autres termes, dans ce secteur, l’élargissement de l’offre (physique) accroît les ventes.
    Je pense que tous les libraires orléanais devraient aussi se souvenir que, quand un client achète un produit, le niveau de plaisir lié à l’expérience d’achat est un facteur important. Qu’en est-il quand, à l’instar de Fnac (depuis longtemps) ou de la Librairie Nouvelle (depuis la triste expérience Chapître, et encore récemment), on ne vous propose même pas – voire on vous refuse – un emballage pour emporter les livres que vous venez d’acheter?! Moi, je souhaiterais que les enseignes qui pratiquent ainsi soient remplacées par de vraies librairies, qui, en, plus de vendre du papier, aiment apporter un service à leurs clients. Heureusement, il en reste quelques-unes à Orléans.

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