Congrès des Maires : un président de la République très attendu

15 000 maires, debout, ceints de leur écharpe tricolore pour la photo du centenaire de leur congrès annuel, ça a de l’allure. C’était à 14h30 dans le grand auditorium du Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris. La photo-souvenir est prise dans une atmosphère bon enfant qui masque pour un instant l’inquiétude désabusée des élus. Ce n’est un secret pour personne, les relations entre l’exécutif et les collectivités sont loin d’être au beau fixe. 

©AMF

Aussi, les congressistes attendent-ils en espérant une bonne surprise, le discours  que le  chef de l’Etat prononcera jeudi après-midi en clôture de l’événement. « Nous espérons qu’Emmanuel Macron fera des annonces qui restaureront un dialogue très dégradé depuis l’été avec les collectivités » déclarait en aparté Marie-France Beaufils, maire de Sain-Pierre-des-Corps  en Indre-et-Loire. « Après le clash avec les Régions à Orléans, après  la litanie de récriminations des présidents de Conseils généraux en congrès à Marseille, il ne faudrait pas une cassure avec les  communes et les intercommunalités » disait  le maire socialiste d’Issoudun dans l’Indre.

François Baroin

Entre l’Association des maires de France (AMF) et la présidence de la République le dialogue n’est pas totalement rompus. Emmanuel Macron recevra 1500 maires à l’Elysée ce mercredi pour marquer le centenaire du Congrès et,  en coulisse, une ultime réunion de travail  devrait avoir lieu entre les dirigeants de l’AMF et la présidence. «Je souhaite vraiment la réussite d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas ce président et ce gouvernement qui sont en cause, c’est une pente inexorable qui est mise en oeuvre depuis longtemps.  Après sept ans de baisse des dotations de l’Etat, c’est l’inscription de cette politique dans la durée qui pose question», fait valoir François Baroin, le maire LR de Troyes et président de l’AMF.

Points de friction

André Laignel

Les 13 milliards d’euros d’économies imposés  en juillet aux collectivités sur la durée du quinquennat ont été  à l’origine de la première levée de boucliers. Pour y parvenir, le gouvernement demande aux 319 plus grosses collectivités, dont les grandes villes et intercommunalités, de limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2% par an, à défaut de quoi elles s’exposeraient à des sanctions financières.

Un objectif jugé « injuste et inatteignable » par les maires, qui estiment que les communes ont déjà pris leur part dans la baisse des dépenses publiques. «Le 1,2%, n’intègrent pas  l’inflation et les augmentations de population auxquelles nous devons faire face, c’est une base de départ beaucoup trop faible»,  martèle André Laignel premier vice-président de l’AMF et maire d’Issoudun. L’inquiétude des maires  toutes tendance confondues est montée d’un cran après la décision du gouvernement d’exonérer 80% des foyers de la taxe d’habitation, recette importante pour les communes. Puis est arrivée la diminution des emplois aidés.

Impatience républicaine

« Le chef de l’Etat doit  préciser ses intentions et dire comment  l’Etat entend être un partenaire loyal des collectivités » disaient les maires ce mardi après-midi après le discours du Premier ministre sans réelle annonce qui les avait laissé sur leur faim. « On ne peut imaginer la transformation du pays sans les communes, encore moins contre elles. Il y a beaucoup d’impatience républicaine à accueillir le président de la République mais nous voulons des garanties, la préservation de nos investissements, plus de libertés, de responsabilités, de décentralisation » déclarait François Baroin avant d’ajouter  « personne ne peut dire aujourd’hui ce qui se passera. Tout dépendra de la parole du président de la République jeudi ».

F.C.






Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail