D’incroyables poissons-marionnettes pour 20 000 lieues sous les mers

Mise en scène incroyable pour cette adaptation du célèbre roman de Jules Verne par la Comédie Française ! Alors que décors et machineries nous entraînent, comme si on y était, à bord du légendaire Nautilus, d’inattendus poissons-marionnettes recréent le côté merveilleux et fantastique de la pièce. Un tour du monde sous les océans mais sur la scène du CADO d’Orléans jusqu’au 28 novembre.

Une coque gris sombre peinte des trois lettres « NAU » et trois hublots. La salle, comble, plongée dans un noir total. Soudain des cris, des appels de détresse et trois naufragés – le Professeurs Aronnax (Nicolas Lormeau), Conseil (Laurent Natrella) et Ned Land (Christian Gonon) – qui se retrouvent prisonniers du Nautilus et de son célèbre Capitaine Némo (Christian Hecq) et de son serviteur Flippos (Noam Morgensztern). L’aventure que l’on connaît tous commence.

Une aventure, dynamiquement adaptée et mise en scène par Christian Hecq (sociétaire de la Comédie Française) et Valérie Lesort, dont la beauté et le réalisme du décor (salon-bibliothèque cossu du Capitaine Némo) et les machineries (écoutille, poste de pilotage mobile…) nous font revivre grandeur nature le roman comme si ont était y était ! 

Au rythme effréné de la pièce – ça va, ça vient, ça monte, ça descend, ça chante, et ça gesticule drôlement (on gardera en mémoire la peur du Sauvage, incarné par Thomas Guerry, qui se transforme en une sorte de haka) – s’ajoute la vie des profondeurs perçue à travers un grand hublot avec bancs de poissons, ballet de méduses luminescentes, poissons abyssaux terrifiants, poulpe géant et autre monstre marin qui jouent avec les comédiens et que vont approcher le Capitaine Némo suivi du Professeur Aronnax lors d’une sortie en scaphandre.

Et pour cette scénographie originale, ni 3D, ni hologrammes mais d’inattendues marionnettes, créées par Carole Allemand et Valérie Lesort, dont les apparitions et les déplacements sont parfois tintées d’humour comme le crabe araignée géant déliré par le Professeur Aronnax, ou encore se poisson tropical se débattant avec un pochon coincé dans sa nageoire, clin d’œil à la pollution des mers par le plastique ! 

Bref, un spectacle hauts en couleurs, très vivant, entre humour et poésie (récompensé par le Molière de la création visuelle en 2016), où l’aventure qui nous saisit ici, sonne comme une invitation à se replonger dans le pavé de Jules Verne ! 

E.B.

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