Les boutiques à l’essai : outil de redynamisation des centres villes ?

C’est une première en France. La CCI de Loir-et-Cher a signé le 21 novembre dernier une convention de partenariat avec la Fédération des boutiques à l’essai qui accompagne les collectivités souhaitant proposer aux créateurs d’entreprise de tester leur activité sur une durée limitée.

Yvan Saumet (au centre) entouré de Laurent Nuns (à d.) et Jocelyn Mathieu (à g.).

« C’est un outil supplémentaire de notre boîte à outils pour combattre la vacance commerciale en centre ville mais aussi dans les villages de campagne ou les quartiers. Nous avions évoqué cette piste lors de notre colloque sur l’avenir du commerce le 13 mars dernier », a expliqué Yvan Saumet président de la CCI et pilote de la commission commerce à la CCI régionale Centre – Val de Loire.

Laurent Nuns chef d’entreprise et président de la FBE (Fédération des boutiques à l’essai) a détaillé le fonctionnement d’un concept qui donne satisfaction à ses promoteurs mais aussi aux collectivités locales ayant signé des accords de partenariat : « L’idée est de permettre à un créateur d’entreprise de tester pendant 6 mois renouvelable la viabilité de son affaire grâce à un bail spécifique. Si celle-ci s’avère rentable, il pourra basculer dans le système classique de bail commercial en restant sur place ou en allant s’installer dans un autre emplacement ».

L’idée, séduisante dans son principe, doit dans sa mise en œuvre s’accompagner d’une mobilisation des acteurs locaux : ville, communauté de communes, organismes consulaires mais aussi des partenaires de l’entreprise tels l’expert-comptable, l’assureur ou le banquier. « Parallèlement à l’accompagnement technique personnalisé, ces coups de pouce sont utiles au démarrage » assure Laurent Nuns.

Autre point clef, l’emplacement qui doit naturellement permettre le développement de l’entreprise et la surface du local (idéalement de 50 à 60 m²) pour accueillir tous types de commerces (sauf de bouche) mais de l’artisanat. Convaincre les bailleurs est aussi un élément central. « C’est le plus difficile mais nos arguments font souvent mouche. Il faut savoir qu’un commerce vacant est souvent suivi d’autres », ajoute le président de la FBE. Pour Jocelyn Mathieu, vice-président “Commerce” à la CCI 41, ce type de soutien doit aussi s’accompagner d’un aménagement urbain de qualité et d’efforts de réhabilitation, sur les façades par exemple.

Jean-Luc Vezon.

La CCI pivot du déploiement des boutiques à l’essai 

Conduisant des projets de boutique à l’essai dans une quarantaine de villes de toutes tailles (1), la FBE a pris racine à Noyon dans l’Oise, ville durement touchée par le départ de son régiment de marche du Tchad en 2011 (2) sur une initiative de la ville, de la Communauté de Communes du Pays Noyonnais et d’Initiative Oise Est (3). Face à un taux de vacance commerciale de 20 % et plus, un dispositif permettant l’accueil de créateurs dans un local vacant et bénéficiant d’un accompagnement avant, pendant et après son installation est alors testé avec succès. « Les résultats sont visibles. Le taux de vacances a régressé et nous avons créé une vraie dynamique commerciale autour des commerces à l’essai » complète L.Nuns.

« Les communautés de communes avec qui nous travaillons en partenariat ont bien accueilli le projet. Au travers cette convention qui est la première de ce type en France, la CCI sera relais des projets des boutiques à l’essai et nos conseillers du service Commerce présélectionnerons des candidats avec un modèle économique potentiellement viable » a aussi précisé Yvan Saumet.

Le projet de la CCI est d’arriver à installer une dizaine de créateurs installés d’ici la fin de la mandature mais aussi de dupliquer le modèle dans notre en région où le modèle n’a pas encore essaimé. En Loir-et-Cher, les villes de Romorantin, Salbris ou Blois (3) semblent ainsi susceptibles d’adhérer à ce concept innovant.

« Dans un contexte où le modèle économique du commerce est en crise y compris dans les grandes enseignes, je suis persuadé que les centres villes ont encore de l’avenir et de nombreux atouts. Ce sont des lieux de vie où le consommateur peut vivre de belles expériences. L’ambition de la CCI est d’inventer le commerce d’aujourd’hui et de demain sans opposer le commerce de centre-ville à celui des périphéries. Les Boutiques à l’essai sont l’une des solutions les plus innovantes » conclut le président de la CCI 41.

(1) De Mur-de-Breizh à Pamiers en passant par Dunkerque, Cagnes-sur-Mer, mais aussi des métropoles de rang 1 comme Marseille, Nantes ou Lille. 25 boutiques fonctionnent actuellement.
(2) Le régiment représentait 10 % de la population et contribuait à hauteur de 20 % à la richesse économique locale avant son départ pour Colmar en juillet 2011.
(3) Membre d’Initiative France, réseau associatif d’accompagnement et de financement de la création d’entreprises.
(4) La ville connait un taux de vacances de 11 % mais dans les faits, ce chiffre doit sans doute être revu à la hausse à la suite des travaux d’aménagement du centre-ville en cours qui ont durement impacté l’activité commerciale.

 

 • Contact FBE : Maxime BREART 03 44 76 69 13 & 06 52 54 40 91
• Contact CCI 41 : Catherine MICHOU, 02 54 44 64 68 / cmichou@loir-et-cher.cci.fr
www.maboutiquealessai.fr

 

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  1. La Loi de décentralisation de 1981 devait amener bonheur et prospérité dans les régions, elle n’a amené que misère et désolation, que dépenses somptuaires et inutiles.

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