Serge Grouard s’explique sur l’achat de sa permanence parlementaire

A la suite de notre article titré “Serge Grouard avait acheté sa permanence grâce à un prêt de l’Assemblée Nationale”, l’ancien maire d’Orléans nous écrit. Une fois de plus Serge Grouard que nous avions tenté de joindre en vain avant notre article répond à posteriori à Magcentre. Nous publions d’autant plus volontiers son “droit de réponse”, envoyé à notre rédaction par mail, qu’il révèle dans celui-ci qu’il a bien remboursé son prêt pour l’achat de sa permanence avec son IRFM (Indemnités Représentatives de Frais de Mandat). Ce qui, comme il le précise et comme nous l’avions nous-même souligné, était tout à fait légal avant 2015. Tout comme il était courant de salarier son épouse comme assistante parlementaire.

Reste que Serge Grouard ne nous précise pas, après avoir “déménagé”, en réalité après avoir vendu sa permanence, comment il a utilisé les 40 000€ de plus-value réalisés sur cette vente.

 

Serge Grouard.

Le mail de Serge Grouard, ancien député du  Loiret: 

“Cher Monsieur Bidault,
Je devrais être habitué à vos papiers à charge contre moi. Ils sont réguliers depuis un certain jour de 2001 lorsque je fus élu maire d’Orléans. Et voilà que vous récidivez, une fois encore, ce samedi
dernier avec un titre « Serge Grouard a bénéficié d’un prêt de l’Assemblée nationale ». Alors, une fois encore, je vais y répondre si vous me le permettez. Parce que je ne comprends, ni n’accepte cette manière que vous avez de présenter les choses par amalgames qui, de mon point de vue, ont pour objet d’instiller le doute voire de créer la suspicion quand rien ne la justifie.
Reprenons les faits et d’abord votre titre portant sur le prêt de l’Assemblée. Je vous rappelle que,
jusque récemment, l’Assemblée disposait d’un service financier pouvant, sous conditions, octroyer
des prêts aux députés. Non seulement, tout cela était parfaitement connu et officiel mais, de plus,
l’Assemblée en informait les nouveaux députés et le leur proposait notamment pour l’achat d’une
permanence parlementaire. Cette possibilité a été abandonnée en 2015. Pour ma part, j’ai sollicité
ce prêt en 2005, donc 10 ans plus tôt. Je précise que je louais auparavant ma permanence mais que, mon propriétaire ayant décidé de la vendre, je ne pouvais que, soit l’acheter, soit déménager. J’ai choisi la première option.
Vous évoquez ensuite l’IRFM (indemnité représentative de frais de mandat). Je vous rappelle, mais
vous le savez, que cette indemnité sert notamment à payer tous les frais liés à la permanence
parlementaire. C’est même sa raison d’être initiale ! Et là encore, jusqu’en 2015, vous pouviez soit
louer, soit acheter cette permanence. Et, soyons clair là-dessus : Que vous louiez ou que vous
achetiez, le montant de l’indemnité était le même. Dans un cas, vous aviez un loyer à payer, dans
l’autre cas, un remboursement de prêt. Il revenait à chaque député de veiller à rester dans le
montant imparti.

En 2015, l’option d’achat a été supprimée. Pour ma part, j’ai déménagé en 2012, donc bien avant qu’il soit même question de cette réforme, et j’ai loué une nouvelle permanence, accessible aux personnes à mobilité réduite ce que la précédente n’était pas, rue du Tabour à Orléans. Donc, tout est parfaitement clair et vous le dites vous-même, du bout des lèvres : « Rien d’illégal à tout cela ». Permettez-moi de vous reprendre sur ce point, non pas sur le fond mais sur la tonalité de votre propos : Non seulement, il n’y a rien d’illégal, mais c’était parfaitement légal.

Et j’ajoute parfaitement connu et officiel. Nuance ! Alors pourquoi ne pas le dire aussi simplement ?
Parce que je crains, mais j’espère que vous me démentirez, que vous ne vouliez créer le doute. Vous procédez par amalgame entre des choses qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Pourquoi évoquer pêle-mêle, le fait que j’ai porté le projet de François Fillon, mon épouse, Jean-Jacques Urvoas, le prêt de l’Assemblée si ce n’est pour tenter d’amener le soupçon? Pourquoi mêler mon ex-épouse à tout cela alors que vous savez pertinemment que nous sommes séparés depuis longtemps ? Pourquoi si ce n’est tenter un rapprochement qui serait insidieux vous en conviendrez, avec l’affaire Pénélope Fillon ? Tout cela n’est guère élégant alors même que vous connaissez, pour être un observateur avisé, la rigueur avec laquelle j’ai géré la ville d’Orléans et mes mandats de député. Orléans au top des villes les moins dépensières pour les frais des élus ; mon indemnité de maire, la plus faible de toutes les grandes villes de France ; président de Commission à l’Assemblée, j’en ai rendu une bonne partie des crédits qui m’étaient alloués jusqu’au renvoi des cadeaux de fin d’année, je pourrais multiplier les exemples. Mais tout cela…vous le savez”.

Commentaires

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  1. Décidément monsieur Bidault votre niveau journalistique est de la même veine que ces journaleux qui font de leur métier un instrument au service de certains partis politiques. Nul !

  2. Il est tout à fait normal que les journalistes fassent leur travail. Certains élus ont eu des pratiques douteuses qui ont entaché leur mandat et jeté l’opprobre sur ceux qui accomplissent leur mission.

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