Loiret: la police du quotidien sur “écoute”

Ne dites pas à Gérard Collomb ou à ses force vives en région qu’il organise une nouvelle “police de proximité”. Le mot est tabou. Dans le “nouveau” monde, on dit “police de sécurité du quotidien” (PSQ). Qu’importe, cela revient au même, il s’agit pour le gouvernement de “répondre à la priorité des Français, la sécurité”.

Police de “proximité”.

Et de revenir à une police qui avait été supprimée faute d’effectif (?) sous Nicolas Sarkozy. Dès lors, annoncée à La Rochelle par le Ministre de l’Intérieur, cette police qui redescendrait dans le quotidien des citoyens ne peut être que façonnée à partir du quotidien, de la vie de tous les jours. Première étape, la concertation. Aux préfets dans les départements, il a donc été confié comme mission de départ, d’aller prendre le pouls, des “cuisiner” (au bon sens du terme) la base. “Pour faire évoluer les missions des policiers et gendarmes, il faut commencer par les écouter”, explique le ministère de l’Intérieur.

Des propositions concrètes

A l’écoute des policiers…

Généralement ce sont les directeurs de cabinet, chargés de la sécurité, et parfois les sous-préfet qui s’y sont collés. “Nous ne refaisons pas le monde mais nous tentons de dégager des propositions concrètes“, explique Taline Aprikian, la directrice de cabinet du préfet du Loiret Jean-Marc Falcone. Pour faire émerger les propositions et d’abord le “vécu”, elle multiplie les réunions. Plutôt en petit comité, car “s’il y a trop de monde les gens n’ont pas tous la parole”, dit-elle. La première a eu lieu à Pithiviers le 13 novembre, lancée par le préfet et le procureur notamment, puis à Gien le 21, et le 24 à Orléans, ont été réunis, au commissariat, les responsables de la police et de la  gendarmerie. Viendront ensuite des écoutes (légales!) des polices municipales, les premières concernées aussi, des société privées de sécurité, et puis les associations d’aide aux victimes, aux femmes battues…Le 4 décembre, c’est le monde économique, les chefs d’entreprise, les syndicats patronaux qui seront entendus, puis le 7 le milieu politique, les élus, les conseils de quartiers, les enseignants, tous les relais citoyens confrontés au thème de la sécurité. C’est-à dire à peu près tout le monde. Le Loiret pourrait d’ailleurs faire partie des départements cobaye pour la mise en place de cette police de sécurité du quotidien.

Pas de décalage flagrant

Concertation et écoute au commissariat d’Orléans

Premier constat de la directrice de cabinet: “il n’y a pas de décalage flagrant entre ce que perçoit  le citoyen et les forces de l’ordre”, constate Taline Aprikian. Ce qui remonte des policiers en particulier, c’est la lourdeur de certaines procédures, de vérifications, de convocations superflues, de procurations pour les élections…des taches chronophages qui éloignent les policiers du terrain.

Depuis les régions, les synthèses devront remonter à Paris, au ministre de l’Intérieur avant le 15 décembre. Les syndicats seront eux, entendus au plan national. Qu’en sortira t-il? Pas forcément une nouvelle loi, mais sans doute un “recadrage” des missions de la police et de la gendarmerie vers la petite et moyenne délinquance, ce qu’Emmanuel Macron a qualifié de “coeur du métier” de la police. Tout simplement.

Ch.B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

03

zzu

 

Afficher les commentaires