Mélodieuses toiles et précieux papiers aux cimaises du Garage

Dans “Visions secrètes“, exposition de Daniel Gélis, figure une œuvre troublante intitulée « L’arbre et le fruit » titre d’un dessin qui est aussi le titre d’un livre de son frère Jacques Gélis, publié chez Fayard et qui évoque la naissance dans l’Occident moderne, du XVIe au XIXe siècle.

 

Daniel Gélis:  « Les arbres m’ont toujours inspiré, avec cette toile je reprends l’histoire de la gestation, de la caverne dans l’arbre. Alors que j’ai peint infiniment de femmes, le corps, ici suspendu dans la sève, est cette fois androgyne ».

A l’heure où l’exposition continue de surprendre, l’artiste est à nouveau jour et nuit au chevalet de l’atelier, travaillant sur une grande toile qu’anime le tourbillon d’une foule carnavalesque au pied du Rialto. A deux pas, il y a aussi deux beaux formats en route, “Babel à l’Atlantide» et « Le Bateau ivre ».

L’influence des maîtres d’Italie et de Hollande

Le temps d’une pause, Gélis revient volontiers sur son travail : « Il y a toujours deux pôles dans ma peinture. Tout a commencé par ma passion pour la Renaissance italienne puis j’ai découvert la peinture hollandaise et sa recherche de la lumière. Pour moi, Venise est la couleur moelleuse, le rouge, le sang, et Florence est le trait, la cérébrale. Dès cette époque, tous les artistes voyageaient et les échanges étaient nombreux entre peintures du nord et du sud. Rubens, comme tous les autres, a fait du reste son voyage en Italie.”

En parlant de ses bacchanales, Gélis aime se rappeler ces farandoles sur vases de terre qui l’ont un beau jour enchanté au musée d’Héraklion.

A n’en pas douter, avec « La Nef des fous” voguant aux cimaises de la galerie Le Garage, Gélis affirme son amour pour le Moyen Age : « Quand on me demande des références musicales, elles se situent entre le douzième et le treizième siècle. Gesualdo est pour moi aussi important que Le Caravage, celui qui a inventé la lumière dans le noir.”

“Dürer est Bach en musique”

Quant au travail sur papier ? “Il s’agit d’un support que j’ai toujours pratiqué mais que je n’avais jamais pu montrer si intensément. Dans mon travail, je déchire beaucoup, et c’est ainsi que Le Carnaval des mutants m’a demandé cinq moutures successives. J’aime la gravure allemande de Dürer. Lorsque vous regardez La Mélancolie, tout est symbole, même le brin d’herbe a sa valeur. Dürer, c’est Bach en musique ».

Des rééditions précieuses et signées 

A l’occasion de Visions secrètes et de la passion musicale affichée par l’artiste, le galeriste Michel Dubois a décidé de rééditer en tirage limité “Quintette”, une sérigraphie qui a déjà fait, en 1995, le bonheur des interprètes et des mélomanes lors du festival de Sully-sur-Loire. 

Daniel Gélis y évoquait son amour de la musique : « Ma vision d’un concert est toujours celle d’un rapport de noir, de rouge et de blanc. Dans notre inconscient, il y a toujours l’histoire du rideau rouge. Pour moi, c’était celui de mes premiers concerts à la salle Gaveau. »

Par ailleurs, toujours au chapitre des œuvres sur papier, artiste et galerie rééditent “Entre ciel et vent” œuvre féerique célébrant les Montgolfiades de 1994. L’artiste propose également au Garage “Les Chevaux de bois”, sérigraphie d’art à tirage limité, œuvre d’art  emplie de charme et de mélancolie, épreuve  signée de la main de l’artiste.

 

Jean-Dominique Burtin

“Visions secrètes”.
Galerie Le Garage, 9, rue de Bourgogne, Orléans.
Jusqu’au 10 décembre. Galerie ouverte les samedis et dimanches, de 15 heures à 19 heures.
En semaine sur appel téléphonique au 06.08.78.34.02.

“Quintette” (1995) : tirage limité à dix-huit exemplaires signés par l’artiste, impression pigmentaire sur papier pur chiffon « Velvet Fine Art » de 260 grammes de chez EPSON, format 20 X 20 cm., encadré (50€).

“Entre ciel et vent” (1993) :  tirage limité à douze exemplaires signés par l’artiste, impression pigmentaire sur papier pur chiffon « Velvet Fine Art » de 260 grammes de chez EPSON, format 21 x 29.7 cm., encadré (70€). 

« Les Chevaux de bois » (1994), sérigraphie d’art à tirage limité sur papier Arches pur chiffon, épreuve signée par l’artiste, format 64 x 69 cm. (80€ non encadré)

En savoir plus: www.galerielegarage.net

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