Les restaurateurs du Loiret mettent les pieds dans le plat

Mobilisation générale: une poignée de restaurateurs et d’hôteliers du Loiret, soutenus par Tourisme Loiret, leurs syndicats, les parlementaire et les chambres consulaires, sonnent la révolte contre un arrêté ministériel de 2015 qui les empêche de s’afficher au bord des routes.

“S’afficher c’est exister”, dit le slogan lancé vendredi à l’Auberge de Vienne-en-Val. Le chef Dominique Salmon, maître restaurateur, qui privilégie les produits du terroir et les circuits courts a raconté comment il avait été menacé de fortes amendes faute d’avoir retiré à temps ses panneaux indicateurs. Les témoignages de plusieurs restaurateurs-frondeurs sommés de retirer  des petits panneaux publicitaires et menacés de prendre des amendes salées… se sont exprimés. Tour  à tour des restaurateurs et une hôtelière de Fay-aux-Loges, de Château Renard, de la Bussière… sont venus dire combien leur petite entreprise souffre de ne pouvoir s’afficher en bord de route depuis le Grenelle II et l’arrêté de 2015 (lire par ailleurs). Les chiffres d’affaire ont baissé jusqu’à 7%.

Une loi assassine

“On met en péril nos commerces de proximité, c’est une loi asssssine, un coup de poignard dans le dos des petites entreprises”, a dit le président de l’UMIH Loiret (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), Gilbert Guttin, qui dénonce l’inégalité flagrante entre le rural et l’urbain.

Inégalitaire“, cette réglementation comme le répètent les hôteliers et les restaurateurs car les grandes surfaces, elles, peuvent s’afficher en grand sur des panneaux, qualifiés complaisamment de “mobilier urbain”.

“Un arrêté qui a été pris sans concertation préalable”, a encore souligné Frédéric Neraud, le président de Tourisme Loiret qui a animé cette réunion. “Nous sommes inquiet sur l’ensemble de l’activité économique“, a pour a part estimé Alain Jumeau, le président de la CCI Loiret.

La patronne de l’hôtel “Le Sauvage” à Chateau Renard, Marine Bourillon, témoigne: “nous avons du retirer le panneau implanté sur la route de Montargis. Résultat en août une perte de chiffre d’affaires de 7%. “Tout nos clients, en particulier les seniors, ne sont pas équipés de smartphone, ni de GPS.”

“Nos villages ne vont pas bien” constate le sénateur Hugues Saury qui a sillonné le Loiret rural, lorsqu’il était président du département, en évoquant toutes ces boutiques vides. D’autres parlementaires sont venus apportés leur soutien au mouvement. Jean-Pierre Sueur qui s’est longtemps battu pour que les entrées de ville ne soient plus d’horrible forêt d’enseignes publicitaires.

La loi et le bon sens

Les élus se sont mobilisés.

Rien n’a vraiment changé en bord de ces zones commerciales comme le nord d’Orléans. Mais c’est à la campagne que le ministère de l’environnement, à l’époque détenu par Ségolène Royal, avait décidé de sévir pour protéger le paysage. “Tout en encourageant des éoliennes qui défigurent des sites protégés”, déplore Frédéric Néraud. Marianne Dubois députée de la 5 ème raconte comment entre Chilleurs-aux-Bois et Pithiviers, un jeune fleuriste installé à Santeau dans une ancienne grange ne tiendra pas s’il n’est pas signalé en bord de route. Ancien chroniqueur gastronomique et défenseur de l’alimentation raisonnée, Richard Ramos se demande “pourquoi le bon sens n’est pas appliqué, la loi détruit assassine, je partage ce combat”. Les parlementaire ont tous promis d’écrire,

Richard Ramos partage ce combat.

d”interpeller en question écrite, orale, le gouvernement. Les frondeurs ruraux ne veulent pas pour autant faire n’importe quoi en matière de publicité. Ils proposent, une “nouvelle réglementation qui devra prévoir un cahier des charges permettant de respecter au mieux les contraintes environnementales et de préserver la qualité des paysages”.

Au pays de Descartes, la raison n’a pas toujours le dessus sur une réglementation parfois abracadabrantesque. Cette première sensibilisation incitera t-elle d’autres restaurateurs à mettre les pieds dans le plat? Le Loiret est en tous cas le premier département dont les restaurateurs veulent coûte que coûte s’afficher pour continuer d’exister.

Ch.B

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Depuis le 13 juillet 2015, un arrêté ministériel pris en application de la loi Grenelle II a institué la suppression des “pré-enseignes dérogatoires” hors agglomération et dans les agglomérations de moins de 10 000 habitants. Une “pré-enseigne” est une inscription, forme ou image indiquant la proximité d’un immeuble ou s’exerce une activité déterminée. C’est la définition du code de l’environnement. Il s’agit d’un panneau publicitaire scellé au sol ou installé sur le sol et qui permette à l’automobiliste de trouver un hôtel, un restaurant, une chambre d’hôte…

 

Commentaires

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  1. Quels beaux retournements de vestes … de chefs. Toujours pour des panneaux que l’on a pas le temps de lire et qui détournent l’attention des automobilistes. Sans compter la pollution visuelle et de plus en plus maintenant lumineuse du paysage.

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