À Orléans, onde de feu, onde de choc et émotion

À Orléans, ville étape de nombreuses tournées de Johnny Hallyday décédé à l’âge de soixante-quatorze ans dans la nuit de mardi à mercredi à son domicile de Marne-La-Coquette, l’onde de choc de sa disparition émeut plus que jamais.

Sur la place du Martroi où sont implantés manèges, grandes roue, chalets du marché de Noël, les titres “On a tous en nous quelque chose de Tennesse”, où “L’envie d’avoir envie” viennent entrecouper ponctuellement les cristallines et féeriques ritournelles du temps de l’Avent.

Petit à petit à petit, ce mercredi matin, c’est de manière pénétrante et émouvante que s’inscrit et perdure déjà le souvenir d’un artiste faisant vibrer les fans de tous âges et séduisant par ailleurs d’amicales oreilles ouvertes au parcours d’une personnalité unique.
En région Centre-Val de Loire, outre une venue radieuse au Printemps de Bourges, bon nombre gardent en mémoire ce fameux concert sur la pelouse du château de Sully-sur-Loire où l’artiste de feu, en quasi cotte de mailles, ne s’inclinera qu’au bout de nombreux titres devant l’assaut d’éclairs menaçant son équipe d’électrocution.

Somptueux seront aussi ses passages dans une feu salle de cinéma, au Palais des sports, et bien souvent au Zénith où du reste s’interrompra, en 2009, une tournée Tour 66 où le chanteur, toujours au plus proche de son public, lui lancera dans une atmosphère de troublante tristesse, aux derniers rappels, un douloureux “je vous aime, à bientôt”.

À Orléans, Johnny Hallyday reviendra jusqu’en octobre 2015, toujours dans cette salle du Zénith où son ami des premiers jours, Michel Polnareff, est venu effectuer un superbe retour en France. Là aussi, dans cette salle orléanaise, rappelons que sont venus de nombreux artistes marquer de leur empreinte le répertoire de la chanson française. Tels que Aznavour, Sardou ou Monsieur Eddy, cet élégant quasi “frère” d’armes et aujourd’hui proche des larmes.

À Orléans, de Johnny Hallyday, nous garderons en mémoire le magnétisme d’un regard, des spectacles à la lumière solaire de Jacques Rouveyrolis, la tendre férocité de la voix, des balades amoureuses emplies de vérité et de sincérité à vous faire parfois cambrer l’échine de stupéfaction.
Rester vivant… Marie… L’envie d’avoir envie… Ma gueule… Requiem pour un fou… On a tous en nous… Les portes… LauraDe l’amour…: Johnny Hallyday est bel et bien une “vedette” défiant les flots du temps, un artiste qui a estomaqué, ensorcelé de générosité, d’énergie et de professionnalisme.

Lors de ses interviews, cet homme souriant arrivait vers vous, avec sourire, gentillesse, grande timidité attentive. Ce grand monsieur tout simple, rageur et émerveillé, semblait flotter dans les habits d’une notoriété qui lui semblait trop grande. Magnifiquement gagnée à la force de l’audace, de l’aventure, de l’enthousiasme, de la vérité et du cœur. Un cœur au charisme éperdu et grand comme ça.

Jean-Dominique Burtin. 

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