Le préfet Falcone à l’épreuve du feu au conseil départemental du Loiret

Dans un département, le préfet est le représentant du gouvernement et en cas de gros temps il fait “tampon” entre les collectivités et Paris. Comme Marc Gaudet, le tout nouveau président du Loiret, veut jouer le rôle de centre de gravité entre région, métropole et communes, cela donne en cette fin d’année 2017, des temps d’échanges, privés ou pas avec l’Etat -la préfecture jeudi- et le président de la métropole Olivier Carré, ce vendredi. Mais cette fois à huis clos. “Nous aurons des rendez-vous réguliers”, dit Marc Gaudet, et à chaque fois les présidents des commissions y  participeront.

Le préfet Jean-Marc Falcone invité du président Marc Gaudet.@Chauveau, conseil départemental.

Faute de connaître les détails du projet de loi de finance du gouvernement, le département du Loiret a décidé de repousser la discussion sur son propre projet de budget à 2018. Les incertitudes demeurent et ont fait l’objet des questions posées par les vice-présidents et les conseillers départementaux à Jean-Marc Falcone, le tout nouveau préfet. Au passage, Marc Gaudet a regretté ce “turn over” infernal des représentants de l’Etat dont le temps de résidence en région n’excède pas 18 mois. Diplomatiquement Marc Gaudet a estimé vendredi devant la presse que “ses réponses n’étaient pas très précises“. Pas forcément parce que Jean-Marc Falcone ne connait pas encore à fond les dossiers -ses services sont là pour y remédier- mais surtout “parce que des arbitrages sont en cours”, comme l’a indiqué prudemment le préfet.

Les jeunes mineurs

L’assemblée départementale en session.

Alexandrine Leclerc.

Alexandrine Leclerc, vice-présidente en charge de la solidarité, a indiqué que 15 jeunes mineurs étrangers arrivent chaque jour dans le Loiret. Quinze agents du département sont dédiés uniquement à l’accueil de ces jeunes qui viennent par le biais de filières ou du bouche à oreille, du Mali, du Soudan, de Guinée équatoriale, d’Érythrée… “Les départements n’en peuvent plus“, a lancé Alexandrine Leclerc. “Nous  ne pouvons plus faire face seul”, et elle envisage la création d’une plate-forme avec les associations, l’Etat, les bailleurs sociaux, les autorités sanitaires. “Ces jeunes arrivent très “abîmés” et ils faut obtenir des consultations chez le médecin, les vacciner…”.

Trois éducateurs supplémentaire ont du être recrutés pour faire face à un afflux de jeunes qui a encore gonflé depuis l’été. En effet, l’évaluation de ces jeunes peut prendre une heure comme un journée. L’immeuble de Châteaubriand (La Source) où se fait cet accueil dans le cadre du service enfance-famille, est débordé, de même que les lieux d’hébergement, comme les foyers. L’hôtel est la dernière solution. “Nous demandons aux hôteliers de donner la priorité aux jeunes mineurs”. Ceux-ci entrent en effet en “concurrence” avec les majeurs, qui sont eux du ressort de la préfecture.

Des arrivées en hausse

En 2015 le Loiret avait enregistré l’arrivée de 95 mineurs étrangers, ils ont été 143 en 2016 et 821 fin octobre 2017. Et le Loiret a du rajouter 5,5 millions d’euros pour faire face. “Ce n’est pas une situation propre au Loiret”, a répondu Jean-Marc Falcone qui a rappelé les mesures annoncées par le 1er ministre devant le congrès des départements: l’Etat prendra en charge 30% des dépenses occasionnées par les jeunes accueillis en supplément du contingent de 2016. Jean-Marc Falcone a encore parlé d’une “remise à plat du dispositif et des expérimentations pour évaluer la prise en charge” de ces jeunes. Thierry Soler a pour sa part réclamé “la plus grande bienveillance” pour l’accueil de ces jeunes  et leur “régularisation” au terme de leur scolarité, elle aussi prise en charge par la département. Faute de quoi ils ne peuvent ensuite trouver du travail.Pour Marc Gaudet, “il faut vraiment que l’Etat s’attaque aux filières”. 

Les dotations de l’Etat

Pauline Martin.

Le gouvernement a décidé de limiter la hausse des dépenses des collectivités à 1,2% de leur budget. Pour l’instant le Loiret entre 2016 et 2017 serait “dans les clous”. Quant à la future péréquation opérée par le gouvernement en faveur des départements, la “trésorière”, première vice-présidente Pauline Martin, a souhaité que parmi les “critères retenus, la bonne gestion soit mise en avant”. Le Loiret en a assez de payer pour d’autres mal gérés. Réponse du préfet, les départements seront traités “au cas par cas”, notamment en prenant en compte les critères démographiques, d’indice de pauvreté et de bonne gestion.

Le canal d’Orléans

Le canal à Orléans.

Alain Touchard, le vice-président chargé du dossier souhaite que l’Etat veuille bien  le céder au Loiret pour l’euro symbolique, mais au dernières nouvelles, l’Etat qui l’avait évalué à 3 millions a baissé jusqu’à 900 000. Encore trop cher pour le département qui depuis 1985 a dépensé 23 millions d’euros à l’entretien du canal.

Toujours au chapitre de l’eau, la loi Gemapi transfère aux intercommunalités l’entretien, la rénovation des digues, en particulier sur la Loire. Pour certaines communes rurales, c’est

Alain Touchard

financièrement impossible. Des amendements sont en discussion  en Sénat. Comme le relève Gérard Malbo, entre Saint-Denis-en-Val et Sigloy, le département a mis au pot, 2,1 millions d’euros et le cas risque de se répéter. Réponse du préfet, l’Etat va apporter ses compétences et son appui technique. 

Echangeur de Saran-Gidy

Au nord d’Orléans, une nouvelle sortie sur l’autoroute A.10 est indispensable au développement économique, notamment en prévision de l’arrivée d’Interive. Le département apportera 9,6 millions d’euros au projet. “C’est un projet auquel nous tenons“, a souligné Marc Gaudet. L’Etat lui, a décidé de “mettre en sommeil” un certain nombre de projets autoroutiers (57) dans toute la France. “Il faut attendre les assises de la  mobilité”, qui se tiendront en 2018, a botté en touche Jean-Marc Falcone qui a néanmoins parlé de “pertinence du projet”.

La publicité en zone rurale

Les hôteliers-restaurateurs en colère.

Avec le soutien de Tourisme-Loiret (émanation du département), restaurateurs et hôteliers se sont mobilisés contre l’application stricte de l’arrêté qui interdit de se signaler par des panneaux à l’entrée des villages, un petit commerçant qui n’a souvent pas d’autre moyen de se faire connaître. “Il ne faut pas retomber dans les errements des années 90”, a prévenu le préfet conciliant sur ce dossier. “J’ai fait travailler mes services et nous aurons des réunions en janvier”, et Jean-Marc Falcone a laissé entendre qu’il y a la loi et …“l’esprit de la loi”. Un signe positif pour les restaurateurs.

Ch.B

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Commentaires

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  1. Sur le dernier point : les pré-enseignes publicitaires ( vous savez ces ” pancartes ” plantées ” en foules ” ou dispersées ) qui , semées “, sans contrôles “, ” enlaidissaient ” nos paysages furent , règlementairement sévèrement ( à juste titre ! ) limitées en nombre et lieux . Eh bien , les ” plaignants ” espèrent que l ‘ Administration ” ferme les yeux ” sur une nouvelle ” invasion publicitaire ” destinée à assurer leur publicité , sans vergogne ( ? ) , sans se soucier de nos paysages .
    Conclusion : Que va – t – il se passer ? Vigilance nécessaire ? Les défenseurs de l ‘ environnement et des paysages , ils sont au sein des instances spécialisées , notamment via la Préfecture , seront – ils invités lors des réunions en Préfecture dès janvier ? A suivre , n ‘ est – ce pas ?

  2. Prise en charge de 30 % pour les frais occasionnés pour ” les jeunes” accueillis dans Le Loiret, 143 en 2016, 821 fin octobre 2017.
    Le Questeur récipiendaire Thierry Soler insiste sur la bienveillance de l’accueil et sur la régularisation de ces ” réfugiés ” mineurs.
    Faire de l’humanitaire à bon compte en laissant la responsabilité et les frais de gestion aux autres, voilà la direction prônée par ces défroqués.

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