Zonage régional : des implantations de médecins sous perfusion financière

“Zonage des médecins”. Si le terme utilisé semble aussi aride que le terrain qu’il représente, les solutions qu’il propose se veulent aussi salvatrices qu’une oasis au milieu du désert. C’est en tout cas l’idée force développée ce jeudi 7 décembre par l’Agence régionale de santé (ARS), par la voix de sa directrice générale, Anne Bouygard, pour la présentation de ce nouveau plan destiné à favoriser l’implantation de médecins dans notre région.

La région, bonnet d’âne

Selon les experts, et surtout les patients, celle-ci est l’une des plus mal lotie au niveau national, et l’Agence se targue, cette semaine, d’être l’une des premières régions de France à appliquer le décret national paru le 13 novembre, avec la Région Bourgogne-Franche-Comté. Un e région Centre-Vl de Loire qui vient d’ouvrir un site pour “draguer” les médecins en mal d’installation.

Les exemples sont multiples, et le chiffre avancé de 10 000 personnes de la métropole orléanaise ne pouvant avoir de médecin référent n’est pas un des moindres. Trop près de Paris et trop éloignée des zones littorales ou de résidence, la région Centre-Val de Loire n’est pas attractive pour les implantations de médecins, à l’exception, toutes proportions gardées, de la Touraine, là où est installée la fac de médecine.

Et c’est à cela que ce plan doit remédier, définissant département par département, selon des critères nationaux, des zones géographiques, urbaines ou rurales, où les aides financières seront apportées aux volontaires selon une échelle de montants calculés en fonction des nécessités estimées.

Alors que le taux national est de 18%, notre région annonce vouloir multiplier par 2,5 la couverture de la population concernée, (de 14% à 38,9%, voire 80% en associant « zone prioritaire » et « zone complémentaire ».

De bons exemples en Centre-Val de Loire

François Bonneau et la directrice de l’ARS présentent le site destiné à attirer les médecins.

Mais l’incitation à l’installation de médecins ne peut se résumer à une aide financière, et se doit d’être associée à un plan d’accompagnement profitable tant aux praticiens qu’à leur patientèle, latente et en devenir, en tenant compte des migrations et évolution de populations sur ces zones définies. Ces aides vont donc aller vers des accompagnements à l’ouverture de cabinet médicaux comme aux regroupements ou créations de Maisons de santé pluridisciplinaires (MSP), ou à la création de Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), autant de structures qui permettent, par exemple, de réduire les charges de secrétariat et d’équipements, celles-ci étant partagées entre différents praticiens. Au niveau régional, on citera ainsi des exemples positifs à Loches, en Indre-et-Loire, ou à un projet en cours à Gien, dans le Loiret.

Ainsi, précise l’ARS, « … le nouveau zonage a été élaboré en prenant en compte différents critères tels que les besoins de soins en fonction de l’âge des habitants, le temps d’accès par la route vers le médecin généraliste, le volume d’activité des médecins pour prendre en compte le manque de médecins dans certains territoires et l’âge des médecins pour anticiper les départs prévisibles à la retraite… ».

Quelles zones?

Deux catégories de zones ont été définies, se distinguant « …par l’importance des difficultés d’accès aux soins et par les moyens mis en œuvre pour remédier aux problèmes de démographie médicale… ». Les “zones d’intervention prioritaire” représentent les territoires les plus durement confrontés au manque de médecins et où les aides incitatives financières sont les plus importantes, et les “zones d’action complémentaire”, considérées comme moins impactées par ce manque de médecins, « …mais qui nécessitent de mettre en œuvre des moyens pour éviter que la situation se détériore… ».

Mais ces cartes départementales comptent aussi des « zones blanches », où rien n’est prévu, au vu de la stabilité de la population, ou des statistiques, d’où quelques interventions médiatiques, tels les Loirétains Olivier Carré, maire d’Orléans et président de la métropole, ou Christophe Chaillou, maire de Saint-Jean de la Ruelle (45), surpris que ce nouveau zonage ne classent pas leurs communes en « zone prioritaire », le second regrettant notamment que son projet de Maison de santé dans le quartier des chaises ne pourra pas, ainsi, profiter de financements indispensables (remboursement de TVA, etc).…

Jean-luc Bouland

Commentaires

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  1. Ridicule… Dépenser de l’argent pour faire un site internet, subventionner les médecins et à coté refuser les plateaux repas au CHRO pour les médecins interne qui n’auront que des mauvais souvenirs de cet endroit, où comment l’ARS joue les pompiers-piromanes. Cessons l’hypocrisie et admettons qu’il n’y a pas de désert médical à Clermont-Ferrand, Dijon, Brest… Peut-être parce qu’il y a un CHU? La Région est la seule à n’en avoir qu’un…

  2. Cela fait 40 ans que la médecine est administrée par l’État et la Sécu, et voilà le résultat. Et, comble de malchance pour nous, il n’est proposé que de continuer sur le même paradigme…Quand l’intelligence reprendra le dessus ?

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