La truffe du Berry est à la fête pour Noël

De presque rien voilà quinze ans, la production de la truffe du Berry s’est accentuée avec la plantation de quelques 50.000 chênes mycorhizés au début du XXIe sicle. La pépite berrichonne vient compléter une offre gastronomique territoriale qui ne se limite décidément pas seulement au pâté berrichon et aux lentilles vertes.

À Issoudun, la truffe trouve toujours ses amateurs.

Voilà une quinzaine d’années, la truffe du Berry n’avait que, dans toute la saison, son marché d’Issoudun pour seul tête de gondole. Depuis, la Tuber Mélanosporum berrichonne a fait son trou et d’un seul, le nombre des marchés est passé à six pour la saison 2017-2018 avec le marché issoldunois pour première étape dès ce dimanche 17 décembre, au Pespi, de 9h à 14h30. Ensuite, se sera Châteauroux, Baugy, par deux fois, Lapan, et Bourges, dans la salle du Duc Jean.

En mai 2015, les élus avaient visité un nouveau site de production issoldunois.

Et chacun d’être surpris de la recrudescence du champignon berrichon dans un secteur économique où la rareté du produit fait son prix, mais pas que. Pourtant, la truffe n’est pas une élucubration agricole pour la région. À la fin du XIXe siècle, ce sont 2,5 tonnes de truffes qui étaient produites dans la zone berrichonne avant de s’étioler au fil des années et quasis disparaître après la première guerre mondiale. Jean Borello, le président de l’Association des Trufficulteurs de Champagne Berrichonne qui regroupe les producteurs du Cher et de l’Indre, avait profité de la venue du président de la Fédération Française de Trufficulture, Michel Tournayre, à Issoudun, en mai 2015, sur une plantation récente, pour expliquer que « entre 2000 et 2014, nous sommes passés de presque rien à 250 kilos de truffes commercialisées. Durant ces 14 années, 150 ha d’arbres truffiers ont été plantés soit environ 37 000 arbres, à raison de 250 arbres à l’hectare. Une forte proportion de nos truffières sont encore très jeunes et les 2 ou 3 ans à venir sont très importants pour nous ». Il avait aussi souligné que ces « plantations avaient été réalisées sans aucune aide et bien souvent lorsque les planteurs étaient des agriculteurs, ils perdaient les indemnités compensatoire sur ces surfaces … cependant, les premières truffières entrées en production nous encouragent à penser qu’il est possible de poursuivre la mise en place d’une production à l’échelle de la région ! ».

Un regain des zones truffières après 2000

Deux ans et quelque plus tard, Jean Borello est toujours président de l’AT Champagne-Berrichonne, et ses prédictions se sont avérées bonnes. Si la fin d’année 2016 a été plutôt médiocre côté météo, les conditions ont été bien meilleures cette saison. Du coup, les prévisions de production sont à la hausse et les divers marchés devraient le démontrer. Pour l’avenir, à plein rendement, «la production espérée est de l’ordre de 2 à 20 kg/ha. Cela donne un chiffres d’affaires de 2500 à 1000 €/ha avec des charges faibles. Une truffière est un appoint important pour le tourisme rural » estime Jean Borello.

Après un très long oubli, les zones truffières du Cher et de l’Indre ont été «redécouvertes» à partir de l’année 2000 et ensemencées de chênes mycorhizés. Le choix des trufficulteurs a été de développer la truffe melanosporum, la meilleure des truffes noires. Aujourd’hui comme autrefois, la Champagne berrichonne s’affirme être un excellent terroir pour ce champignon complexe qui pousse sur les racines des chênes et quelques autres essences d’arbres. Le Berry truffier ressuscite ainsi quinze années après la plantation de 50.000 chênes mycorhizés, cent cinquante trufficulteurs sont engagés dans cette nouvelle ressource économique en Berry.

La Tuber Mélanosporum se récolte aussi en Berry.

Depuis le 20 novembre, les trufficulteurs du Berry récoltent les premières truffes mûres ! Un début de saison très précoce à cette situation géographique. L’autre chance est l’abondance. La truffe de Champagne berrichonne, réimplantée depuis 2001, justifie tous les espoirs qu’une centaine d’agriculteurs ont placés en elle.

Pas de souci d’approvisionnement donc pour le marché de la Truffe qui marque chaque année à Issoudun le début des ventes publiques de détail des truffes de Champagne berrichonne, Indre et Cher. Il ouvre en quelque sorte le « ban » régional des truffes. Il est également une fête des produits de gastronomie fine, présentés par des producteurs et transformateurs locaux. Il offre l’occasion de déguster de la truffe lors d’un repas exceptionnel. Installé dans le PEPSI, (Palais des Sports – Palais des Expositions d’Issoudun) il est ouvert au public de 9h à 14 heures. C’est un marché qui milite pour la qualité, la transparence et la convivialité où chaque truffe est contrôlée par des personnes habilitées avant l’ouverture du marché et celles jugées de qualité insuffisante sont immédiatement retirées. Sur le site des explications sont données sur la place pour identifier ce qu’est une bonne truffe, comment l’identifier par rapport à une truffe ayant souffert du gel ou d’excès d’eau, et de minuscules parasites. Par ailleurs, des ateliers de cuisine proposent des dégustations gratuites de bouchées truffées. Quant à l’aspect gastronomique, le marché peut être prolongé pour qui le souhaite par un repas « Autour de la Truffe » préparé bénévolement toujours, par une équipe de cuisiniers locaux.

« L’actuelle production devrait couvrir largement les demandes. Les précipitations des acheteurs qui caractérisaient les premières années du marché n’auront donc pas de raisons d’être. Le public trouvera également quelques truffes de Touraine et de Charente, mais pas de négociants sur ce marché, que des producteurs travaillant dans une volonté de qualité », assure l’association Issoudun Cité de la Truffe organisatrice du marché issoldunois.

Fabrice Simoes.

Marchés aux truffes en Berry

– Issoudun : dimanche 17 décembre de 9h à 14h30, au Pepsi.
– Châteauroux : jeudi 21 décembre, dans le cadre du marché de la chambre d’agriculture de l’Indre.
– Baugy : vendredi 22 décembre, marché organisé par la Septaine, salle des fêtes ; 29 décembre, salle des fêtes.
– Lapan : samedi 20 janvier, marché toute la journée, salle des fêtes de Lapan.
– Bourges : dimanche 28 janvier, de 10h à 16 heures, salle du Duc-Jean, à Bourges.

 

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