CDN d’Orléans, « Après coups, projet un-femme n°2 » : fragments de discours intimes

Séverine Chavrier-nouvelle directrice du CDN– nous propose les parcours de trois femmes en quête d’identité féminine.

Asthar Muallem, Voleak Ung et Cathrine Lundsgaard.

Présenté comme un spectacle de danse, « Après coups, projet un-femme n°2 » présenté jusqu’à vendredi soir au CDN pourrait déconcerter. Certes il s’agit bien de danses que trois jeunes femmes Asthar Muallem, Voleak Ung et Cathrine Lundsgaard pratiquent avec une énergie vitale folle. Mais Séverine Chavrier, nouvelle directrice du Centre dramatique national d’Orléans qui propose sa nouvelle création jusqu’à vendredi soir, a voulu aller bien au-delà.

Des femmes venues du centre des arts du cirque

Asthar Muallem et sa valise d’errance et d’exil.

Pour ce spectacle qui vient après un premier opus présenté en 2015 Séverine Chavrier est allée chercher au Centre des arts du cirque de Châlons-en-Champagne trois femmes, palestinienne, cambodgienne et danoise.

De leurs arts circassiens, elle en a tiré le meilleur, une aisance des corps, une souplesse et une expressivité rares. Mais elle a su surtout faire parler ces jeunes femmes de leurs origines, de leurs parcours ou de leurs intimités en convoquant leurs mémoires et leur passé en les enregistrant pour restituer ces fragments de discours intimes. Le spectacle qui s’ouvre sur trois cercueils occupés par trois mortes habillées de blanc, illuminées par des bouquets de fleurs et évoluant dans un décors de pneus est total.

Quête d’identité féminine

La danse bien sûr,  mais aussi l’acrobatie, la vidéo en direct ou enregistrée, les voix en langues d’origines en off,  la musique, les vidéos. Séverine Chavrier a ensuite réalisé un montage et un mixage des différents matériaux pour restituer le parcours des trois comédiennes, leur quête d’identité féminine, leurs luttes contre les pouvoirs masculins. On y parle ainsi de la drague qu’elles doivent subir, des Khmers rouges, des contes d’Andersen mais aussi de l’alcoolisme, du pouvoir des pères ou de l’Intifada en Palestine.

L’ensemble confère une violence farouche au spectacle  dont les mortes du début de l’exhibition montrent combien elles sont vivantes. Mais une violence qui dévoile l’intimité sans exclure l’humour en appelant à la rescousse le mime, les clowneries ou le combat de boxe. Tout cela pour finir en apothéose, en orgasme culturel quand les comédiennes foulent de leurs pieds leurs drapeaux nationaux.

JJT

“Après coups, projet Un-femme N°2”

Conception Séverine Chavrier 
Interprètes
 Asthar Muallem, Voleak Ung et Cathrine Lundsgaard Nielsen 

Théâtre d’Orléans du 12 au 15 décembre
http://www.cdn-orleans.com/

 

 

 

 

       

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