Enrico Letta prône l’état européen…

Les européens convaincus doivent se réveiller, sortir de leur passivité face à la montée des nationalismes, et défendre haut et fort que l’Europe doit primer sur le régionalisme, voire sur l’étatisme. «…Il faut être fier d’avoir un passeport européen, avant d’avoir une carte d’identité nationale, et l’assumer ouvertement… ». Tels étaient, entre autres propos, ceux tenus vendredi dernier dans la métropole orléanaise, par Enrico Letta, président de l’Institut Delors, ancien chef du gouvernement italien, à l’invitation du Mouvement européen du Loiret de François Zaragoza, en premier sur les ondes de RCF puis à la médiathèque de St Jean de la Ruelle.

Enrico Letta à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret).

Le discours n’est pas nouveau, mais pour lui il y a urgence, moins de deux ans avant les prochaines élections européennes, dans un contexte international difficile, où l’Europe a bien du mal à tenir sa place. Une urgence qui motive ce francophile convaincu à promouvoir son dernier ouvrage, « Faire l’Europe dans un monde de brutes»*, pour alerter l’opinion. La thèse est argumentée, l’écriture facile et les exemples nombreux pour étayer cet engagement, mais d’aucuns, dans l’assistance, ne manquaient pas de souligner (en aparté) qu’il y manquait peut-être un volet « social », plus proche de « l’européen moyen ».

Certes, mais peut-on vraiment lui reprocher ? Le raisonnement avancé n’est pas celui de l’homme de la rue, mais celui d’un homme au fait de situations réelles, même si elles peuvent paraître abstraites pour un grand nombre, confrontés à d’autres réalités quotidiennes…pourtant induites.

Eviter la contagion du brexit et de l’élection de Trump

Les extraits de l’ouvrage présentés par Olivia Maigre et son équipe de la médiathèque, commentés et explicités par l’auteur, ne peuvent manquer d’interpeller. « …A l’origine, dans le G7, il y avait 4 pays européens. C’est encore vrai, mais dans 10 ans, si nous ne faisons rien, il n’y en aura plus aucun. L’Allemagne sera huitième. Et ne parlons pas de la France… ».  « …Nous devons être vigilants, rester unis. Pour éviter que des exemples regrettables comme le Brexit, ou l’élection de Donald Trump, ne donne des idées à d’autres. La division de l’Europe, c’est la mort de l’Europe. L’idée d’un repli sur soi de chaque nation n’est pas défendable face au contexte mondial, et pas seulement économique… ».

Enrico Letta avec les Euyropéens du Loiret dont Christophe Chaillou, maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle, François Zaragoza Yves Clément…

Son ouvrage veut donc être un appel au réveil, à la mobilisation, à la prise de conscience de chacun. Avec une proposition osée pour franchir un pas supplémentaire dans la construction européenne, dans l’idée européenne. « …Le nombre de députés au parlement européen est inscrit dans les textes. Il ne peut en avoir ni plus, ni moins. Donc, quand les 73 députés britanniques seront partis, avec le Brexit, comment, et à qui attribuer ces sièges vacants ? J’ai bien peur que l’on choisisse la solution la plus simple, celle de la répartition entre les nations restantes. Honnêtement, que l’Italie ait deux députés de plus, cela ne changera rien. Mais, si ces sièges étaient attribués selon des programmes présentés par des listes transnationales, ce serait un pas nouveau et salutaire pour l’unité de l’Europe… ».

Au-delà de l’aspect un peu « technocratique » du discours, voilà une idée force qui va à contre-courant de l’esprit nationaliste ambiant, et qui ne semblait pas déplaire aux élus locaux présents dans la salle. Mais, une fois encore, l’électeur restera maître dans ses choix, entre repli sur soi et vision globale du monde.

Jean-Luc Bouland

 

Commentaires

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  1. Pour que l’Europe fonctionne, il fallait que les Lois du Travail et Sociales soient semblables dans dans tous les Pays !!!!! Ce qui n’est pas le cas .

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