Orléans: les deux écoles d’enseignants seront réunies à la Source à la place de la fac de droit

Ce n’est plus  une rumeur, l’information nous a été confirmée jeudi par Ary Bruand, le président de l’université en marge de la session métropolitaine: en lieu et place de la fac de Droit, une fois qu’elle aura déménagé à l’ancien hôpital Madeleine, seront regroupés dans les mêmes locaux ainsi libérés de La Source, les deux ESPE (Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education, les anciens IUFM), actuellement éclatés en centre ville, faubourg Saint-Jean et Faubourg Madeleine. Ces deux sites appartiennent au département du Loiret qui ferait une belle opération immobilière en les revendant, surtout celui du Faubourg Bourgogne situé en bord de Loire.

ESPE – Ecole Superieure du Professorat et de l’Education. @Education nationale.

Aujourd’hui l’éclatement sur deux sites de la formation des maîtres provoque des déplacements générateurs de perte de temps et d’argent. Encore faut-il d’abord que la fac de Droit, d’Economie et de Gestion déménage dans les locaux de l’ancien hôpital dans le cadre de la ZAC Madeleine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’y est pas encore. La métropole pousse à la roue mais l’université traîne un peu des pieds tout en se disant “parfaitement en phase”, comme l’a indiqué jeudi Ary Bruand, qui s’est exprimé devant “l’amphithéâtre” métropolitain. 

Corinne_Leveleux-Teixeira

Olivier Carré, le Président veut “donner à l’université d’Orléans un nouvel élan“, et par la voix de Béatrice Baruel, vice-présidente en charge du dossier, il décline en 13 points un schémas de développement volontariste. Même Corinne Leveleux-Teixeira (PS), enseignante en fac de Droit qui sait de quoi elle parle, salue “le volontarisme inhabituel dont fait preuve le politique sur ce sujet”. Une façon au passage aussi de souligner l’immobilisme de l’équipe précédente de Serge Grouard. 

L’université, partenaire “fantôme”

“Je souhaiterais avancer plus vite“, a lancé Ary

Ary Bruand.

Bruand qui ajoute, “il faut que nous soyons plus clairs sur ce que nous voulons faire de ce projet”, a ajouté le président de’ l’université qui regrette que sa fac de Droit n’ait pas encore pris le dossier à bras le corps.

“Je n’ai pas l’impression que la métropole me dicte ce que  je dois faire” a encore estimé Ary Bruand qui avait déjà fort à faire ces temps-ci avec son budget, plombé de 12 millions par la gestion précédente. Olivier Carré confirme: “dire que nous donnons des ordres à l’université est une blague”. D’ailleurs le président de la métropole a opportunément rappelé qu’à l’origine, le “retour” des 4 000 étudiants de Droit en centre ville était un projet de l’ancien doyen. Pour Corinne Leveleux-Teixeira, “il y a urgence à ce que la métropole ait un vrai partenaire, ce qui n’est pas le cas, actuellement, c’est un partenaire fantôme” a t-elle lancé à Ary Bruand.

Réglement de compte ordinaire entre universitaires ou réalité? Un peu des deux. “Le déménagement de la fac de Droit à Madeleine n’a pas encore été vraiment débattu à l’université”.  a encore estimé Corinne Leveleux-Teixeira rejoignant les critiques de la FSU que nous avons relayées. 

Serge Grouard et le “ménage” à trois

Olivier Carré rue des Carmes.

Pour Serge Grouard l’ancien maire d’Orléans, il faut un “ménage” à trois (métropole, université, Etat) et il appelle de ses voeux “l’Etat à jouer son rôle” dans ce dossier rappelant celui du recteur Antoine lors de la création de l’université à La Source sous Roger Secrétain, l’ancien maire dans les années 60. Pour Charles-Eric Lemaignen, l’ancien patron de l’agglo, “pas question que l’université d’Orléans soit la roue de secours de Tours”. De fait, la jeune métropole orléanaise ne retient pas ses étudiants qui sont aussi  peu nombreux, seulement 15 000 soit 4% de la population ce qui est peu par rapport à Poitiers, 8,6% ou Montpellier, 8,1% et Rennes, 7,7%.

Maryvonne Hautain (PC) a profité du débat pour mettre sur la table la transformation du CHRO en CHU (Centre hospitalier Universitaire), selon elle un dossier plus urgent que le dé”ménagement du  Droit lorsqu’on sait le désert médical de l’Orléanais.

Dupanloup, 150 000€ par an en fonctionnement

Hôtel Dupanloup – © J Puyo

Après l’échec du déménagement de la fac de lettres dans le quartier Dessaux et  l’échec de Dupanloup qui aura coûté 11 millions d’euros au contribuable et 150 000€ par  an en frais de fonctionnement, “où l’université n’a pas joué son rôle”,  selon Mme Leveleux-Teixiera, l’opération Madeleine elle n’a pas droit à l’erreur. Ce n’est pas le coût du déménagement qui est en cause pour l’université exsangue. En effet, sur les 60 millions d’euros que coûtera le projet, 30 millions viendront de la métropole et 30 millions du contrat de plan Etat-région. 

L’échelon métropolitain est justement “le bon lieu  pour discuter et réunir les acteurs, les faire converger vers une même ambition du territoire”, a conclu Olivier Carré pour qui ce Schéma de développement universitaire est “une question prioritaire” pour l’avenir de la métropole.

Un schémas qui a été voté à une large majorité par le conseil métropolitain, quatre conseillers ont voté contre (le PC) et quatre se sont abstenus, dont Corinne Leveleux-Teixeira. 

Le château de La Source, siège de la présidence de l’université.

A noter que la “libération” du château de la Source par la présidence de l’université, n’a même pas fait débat jeudi soir lors de ce débat tenu en préambule du vote du budget 2018, le premier de la métropole. Une quarantaine de personnes  travaillent dans ce château excentré du campus, en bord de Loiret, dont les murs appartiennent à la fois à la ville et au département et qui sera bien libéré par l’université dans les années qui viennent. La présidence reviendra alors physiquement au coeur du campus de la Source en un lieu tenu secret pour l’instant.

Ch.B

 

 

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