L’espérance de vie des entreprises créées en région dépasse d’un point celle du reste de la France

Avec un taux de pérennité de 61 %, les entreprises immatriculées en 2010 en Centre-Val de Loire ont une survie après cinq ans d’existence supérieure d’un point à celle des entreprises de France de province. Les entreprises pérennes de la région ont créé 1.760 emplois entre 2010 et 2015.

« C’est pas si pire », comme diraient nos cousins Québécois. Un an après leur création, début 2010, 92 % des 3.256 entreprises créées en région Centre-Val de Loire existaient encore. 73 % étaient toujours actives trois ans après. 61 % cinq ans après, en 2015, près d’un point de plus que la moyenne française.

77 % des entreprises les plus pérennes sont celles du secteur industriel (+ 9 points par rapport à la moyenne française) ; elles doivent, au moment de leurs créations, posséder des projets solides et des investissements importants. Six entreprises sur dix encore en vie cinq ans après l’ont été dans le secteur des activités financières et assurances. En revanche, moins de cinq sur dix survivent dans l’immobilier (9 points de moins que dans le reste de la France).
Seules 54 % des entreprises créées avec un capital inférieur à 4.000 € sont encore actives à cinq ans contre 75 % de celles ayant un investissement initial supérieur à 80.000 €.

Les sociétés représentent six créations sur dix et ont un taux de survie de 66 % contre 53 % pour les personnes physiques. La reprise d’une entreprise existante : les reprises représentent 13 % des créations et perdurent à 69 % après cinq ans contre 59 % pour les autres. L’âge moyen de réussite en création d’entreprise en région se situe entre 30 et 49 ans. 62 % des créateurs qui ont une bonne connaissance préalable du secteur dans lequel ils se lancent ont plus de chance de réussir (contre 55 % sans connaissance du métier).

Enfin – faut-il s’en étonner ? – les plus diplômés ont un meilleur taux de survie. Cependant, une particularité de la région Centre-Val de Loire porte sur les moins diplômés. Ces derniers réussissent mieux à maintenir leur entreprise qu’en France de province. Le taux de survie d’une entreprise créée par un titulaire de CAP-BEP est plus élevé de trois points et celui d’un créateur détenteur du brevet d’un point. Cette différence, spécifique à la région, s’explique par un capital financier plus élevé au départ dans ces entreprises. Être diplômé d’un CAP-BEP y est même plus favorable qu’être diplômé du baccalauréat alors qu’en France de province la pérennité croît avec le niveau de diplôme.

Et du côté des micro-entrepreneurs ?

On observe des facteurs de pérennité différents chez les auto-entrepreneurs (devenus en 2014 micro-entrepreneurs suite à la loi Pinel) : 6.150 auto-entrepreneurs se sont immatriculés au premier semestre 2010. Près d’un sur deux n’ont jamais été actifs, c’est-à-dire qu’ils n’ont jamais déclaré de chiffre d’affaires dans les deux années qui ont suivi leur immatriculation. Ces deux années constituent le délai légal au-delà duquel leur radiation est prononcée. En dehors de ces radiations, au premier semestre 2010, 3.190 auto-entreprises et 3.256 entreprises dites « classiques » ont été créées contre 3.458 nouvelles entreprises en 2006. Ce quasi doublement des créations en quatre ans résulte d’un effet d’entraînement lié au régime de l’auto-entreprise (et aussi depuis deux ans de la très forte incitation à la création de micro-entreprises par Pôle Emploi). Cette population d’auto-entrepreneurs est constituée à la fois de créateurs qui auraient créé une entreprise classique si ce régime n’avait pas existé et de personnes qui n’auraient pas créé leur entreprise sans les facilités accordées par ce nouveau régime.

Il faut noter que les auto-entreprises sont nettement moins pérennes que les entreprises classiques. 39 % d’entre elles sont toujours actives au bout de cinq ans. Une analyse affinée de cette forme de création d’entreprise confirme l’importance du secteur d’activité comme déterminant de la pérennité. Les auto-entrepreneurs dans la santé et l’action sociale sont plus pérennes que dans le commerce. Contrairement aux entreprises classiques, le secteur de la construction est le deuxième secteur d’activité le plus pérenne chez les micro-entrepreneurs avec 46 % de survie cinq ans après la création, tandis que la pérennité du secteur de l’industrie est de 33 % soit 44 points de moins que pour les entreprises classiques.
Comme pour les entreprises classiques, près d’un auto-entrepreneur sur quatre est un artisan dont le statut favorise leur pérennité (+ 1 point). En revanche, le niveau de diplôme et les moyens financiers engagés à la création n’ont pas d’impact significatif sur la pérennité des auto-entrepreneurs. Ces derniers investissent peu de moyens à la création : 83 % d’entre eux ont un capital de départ inférieur à 4.000 euros.

Sources : Insee Centre-Val de Loire.

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