Vikash Dhorasoo : histoire d’un mec qui aimait jouer avec ses pieds

Voilà un footeux que l’on n’attendait pas stylo à la main ou plutôt le doigt sur un clavier. Même lorsqu’il passe du pied à la main c’est  pour  rendre hommage à cet organe magique au ras  de la pelouse  et qui l’enchante. Dix ans après avoir arrêté sa carrière, cet enfant du Havre en Normandie retrace sans amertume et avec honnêteté son autoraphie  intitulée « Vikash Dhorasoo comme ses pieds ».

La complainte des pieds

Vikash aime le foot, cela tout le monde le sait et, après tout, cette addiction ne regarde que lui. Par contre les causes de sa passion   touchent à l’intérêt général et ces causes sont ses pieds, partie de notre personne que nous  avons tendance à négliger et  que tout footballeur vénère autant que le ballon rond.  « Mes pieds, je les ai utilisés pour courir, avancer avec le ballon, conduire la balle, prendre appui et armer ma frappe.Puis j’ai frappé avec le coup du pied. Zinedine Zidane aime faire des roulettes avec la plante de ses pieds. Tony Vairelles, lui, c’est le roi de la talonnade, Eric Carrière aime protéger le ballon avec l’intérieur du pied,Patrick Müller fait des passes aveugles de 30 mètres, fortes, au sol, claquées avec le plat du pied. Edmilson, sa spécialité, c’est la transversale, le coup de pied  de 40 mètres qui arrive sur une poitrine. Juninho a  révolutionné le football en inventant une nouvelle façon de frapper les coups francs. Un mélange entre le plat du pied et le coup de pied. Autant de façons d’utiliser la surface de nos pieds ». Qui dit mieux ? Les pieds que  par habitude et par dérision on  déclare stupides ont trouvé leur chantre, lequel précise,  « il faut considérer que sans les pieds l’homme ne se met pas debout et son cerveau ne se développe pas. Donc ils sont importants et le fait de savoir jouer au foot témoigne d’un  cerveau particulier. Donc un joueur doit aussi  se servir de sa tête. 

 

Lire un extrait

Vikash confondu avec Dhorasoo

De son enfance à Caucrioville, un gros quartier du Havre « un quartier qui respire la mixité et le métissage sans qu’il soit besoin de le dire » à son licenciement du PSG, Dhorasoo, 44 ans aujourd’hui, revisite les différents épisodes de sa vie avec humour et un zeste de dérision  comme en témoigne cette  anecdote : « Une fille entre dans le bar et me voyant me lance un sourire énorme. On se retrouve à boire un verre.Puis son visage se ferme, elle commence  à partir, je lui demande ce qui se passe, elle me dit qu’elle m’a confondu avec Vikash Dhorasoo. »

Le foot son métier pas un loisir

Le Havre, sa ville natale, son enfance, sa famille. Elle lui a offert un de ses plus beaux souvenirs, un match contre l’OM en 1998, dernier match avant l’entrée dans le monde professionnel. Cet événement revient au début de chaque chapitre qui chacun aborde un thème différent. « A l’époque, on avait l’habitude de prolonger dans notre club, la capitalisme n’est pas encore lancé, les transferts non plus », constate-t-il.

Le foot fut son métier et non pas son loisir. Il faut de l’argent pour vivre. « Si on ne m’avait pas payé, je n’aurais pas joué au foot.Je serai resté  dans ma famille et j’aurais fait autre chose.Payé ce qui ne m’a pas empêché de prendre du plaisir. Moi, j’ai passé un CAP football », dit-il. Cependant, transféré du Havre à Lyon Vikash Dhorasoo devient comme d’autres jeunes joueurs une valeur marchande. Salarié d’une PME sportive, il découvre les règles du capitalisme,  la gestion d’une carrière, les lois du vestiaire et la douleur : « Jouer au football, c’est jouer avec la douleur. Les mecs qui ne se blessent jamais dans leur carrière sont très rares. Le foot est un sport de contact, on prend des coups. Un sportif de haut niveau est toujours à la limite de la blessure. On a un rapport à la douleur assez fort ».reconnait ce joueur de l’équipe de France , remplaçant pendant la finale de la Coupe du Monde 2006, désormais  retraité actif qui affirme avoir pris du recul. et avoir créé le mouvement « Tatane  pour un football durable et joyeux ».

F.C.

« Vikash Dhorasoo comme ses Pieds »
Le Seuil, 190  pages, 17 euros

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